Moscou ne mérite pas sa place au sein de l'ONU

Publié le 2 Décembre 2015

Moscou ne mérite pas sa place au sein de l'ONU

Peut-on se conduire de la sorte, à l'ONU lorsque l'on prétend être un état de droit ? Pourquoi Moscou empêche-t-elle la création d'un tribunal pénal international pour enquêter sur cette affaire, si elle n'a rien à se reprocher ?

Le mensonge a toujours plané dans ce dossier : la Russie dit qu'elle n'est pas impliquée mais n'engage aucune action permettant de connaître la vérité...

La Russie est indigne de sa place de membre permanent au sein de l'ONU : en exerçant son véto, elle empêche une enquête permettant aux autres pays de savoir que la Russie n'agit que dans son intérêt personnel et n'a qu'une notion limitée du respect de la vie humaine.

C'est honteux et, à ce titre, la Russie doit perdre son rôle au sein de l'ONU afin qu'elle ne puisse plus utiliser son droit de véto comme elle le fait trop souvent.

Cependant, en refusant la création d'un tribunal pénal international pour enquêter sur l'accident du vol MH17, la Russie ne fait que confirmer ce que tout le monde sait : la Russie est coupable de cet acte odieux...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 12 Août 2015

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Vol MH17 : les familles des victimes demandent justice
Un an après, Moscou empêche toujours la création d'un tribunal pénal international pour enquêter et juger les responsables de la catastrophe
Il y a un peu plus d'un an, le 17 juillet 2014, l'avion de la Malaysia Airlines MH17 s'écrasait dans l'est de l'Ukraine. Près de 300 personnes, passagers et membres d'équipage, ont péri. Après cet acte criminel, une enquête technique a été lancée par les Pays-Bas, la Malaisie, la Belgique, l'Australie et l'Ukraine dans le but d'identifier les causes de la catastrophe. Ses résultats sont attendus en octobre.

Pour sa part, le Conseil de sécurité de l'ONU adoptait le 21 juillet 2014 la résolution 2166, qui exigeait d'amener devant la justice les responsables de l'accident et engageait chaque pays à coopérer pleinement. Un an après, à l'occasion d'une réunion le 29 juillet,le Conseil de sécurité aurait pu rendre l'espoir aux parents et aux proches des victimes, ainsi qu'à l'ensemble des pays touchés par cette catastrophe, en s'assurant que la vérité soit établie.

Mais la Russie a choisi de faire obstacle. La création d'un tribunal pénal international en vue de poursuivre en justice les responsables de la tragédie a été rejetée par le vote du représentant de la Fédération de Russie, malgré l'appui que cette résolution a reçu de la part de la majorité d'Etats membres du Conseil de sécurité. Cette position d'un pays qui déclare constamment ne pas être impliqué dans le crash de cet avion suscite pour le moins l'étonnement.

Une défaite grande et honteuse
C'est grâce à une enquête que l'on pourra établir qui sont les vrais responsables, mais le veto russe montre à nouveau que la Russie a des raisons de bloquer la création d'un tribunal spécial car un certain nombre d'enquêtes indépendantes donnent des raisons factuelles sérieuses de croire que le missile mortel a été tiré depuis le territoire contrôlé par les séparatistes prorusses.

La Russie a ignoré, une fois de plus, les aspirations de tout le monde civilisé de faire un pas vers l'établissement de la vérité. Elle permet à des criminels coupables de la mort de civils de rester impunis. Mais l'utilisation de son droit de veto est une défaite tout aussi grande et honteuse.

Actuellement les cinq pays membres de l'équipe d'enquête conjointe, en coopération avec tous les autres pays touchés par cette catastrophe, dont la France, s'interrogent sur les moyens qui sont à leur disposition pour engager des poursuites contre les responsables de ce crime abominable.

Notre objectif est de créer un mécanisme efficace, transparent, impartial et indépendant pour traduire en justice les auteurs de ce crime. Le veto russe n'arrêtera pas l'espoir de voir les coupables punis. La réunion du Conseil de sécurité n'a fait que renforcer la détermination de tous ceux qui ont décidé de voir la vérité sortir au grand jour.

L'utilisation d'armes de haute technologie contre un avion civil constitue une menace pour l'aviation civile internationale, et pour la paix et la sécurité en général. Punir sans tarder les responsables de cet acte criminel est le seul moyen efficace de prévention des incidents similaires à l'avenir.

Par Oleg Shamshur

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

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