Quand des Français décident de se tirer une balle dans le pied

Publié le 15 Avril 2016

Quand des Français décident de se tirer une balle dans le pied

Il est faux et archi-faux de dire que le FN est la solution à nos problèmes. Ce parti est rempli de racisme et de xénophobie, c'est un fait, et ce n'est pas avec ces préceptes que l'on réussira à sortir la France de l'ornière !

Pire, le profil type du politicien incapable et incompétent est connu depuis 30 ans : un juriste, si possible sorti de Sciences-Po et ENA. Qu'a comme profil Marine Le Pen ? Un profil juridique car elle est avocate !

Quand se rendra-t-on compte que ces profils de juristes sont incapables de sortir notre pays de la situation dans laquelle il est enfermé actuellement ?

Quand on dit, dans cet article, que des gens crèvent la faim, le FN pourra-t-il résoudre cet état de fait avec sa haine de l'autre, son racisme, sa xénophobie et son populisme à deux balles ?

Peut-on penser que le FN aidera les agriculteurs ? Quel est le programme du FN disant qu'il y aura moins d'administratif ? Quand des gens sont mis dans une propriété de la SNCF, peut-on réellement dire qu'on "leur donne tout" ? N'est-ce pas un mensonge éhonté ?

A entendre certaines personnes, les immigrés "ont de l'argent facilement" tandis que d'autres non rien... Là aussi, un mensonge basé sur la comparaison des souffrances qui ne grandit personne.

Pendant ce temps là, on laisse grandir la rumeur disant que l'on ouvre la porte aux immigrés en leur faisant des ponts d'or, et le FN monte, le mensonge avec, et les problèmes resteront tels qu'ils sont puisque, pendant que le FN était à l'assemblée nationale ou aux affaires dans certaines communes, la plus-value était inexistante par rapport à la concurrence UMP ou PS.

Et on prend le principe que les immigrés font tout péter, alors même que ce sont des Français et Belges qui ont fait ça. Il y a sans doute eu un gros défaut d'intégration de certains individus dans notre pays, mais ce qui est sûr c'est que ce n'est pas la haine et la xénophobie qui résoudra cette situation, en effet, "quand on traite les gens comme de la merde, ils se conduisent comme telle" !

Certains disent que le travail n'est pas assez valorisé et que les travailleurs règlent l'addition pour les fainéants. Ce n'est pas forcément faux, mais le FN dit que les fainéants sont les immigrés, ce qui reste largement à prouver. Il faudrait pouvoir dire que les prestations sociales ne sont pas un salaire de substitution et doivent aider à retrouver un emploi. Quand un cadre de haut niveau à 6000 Euros par mois se fait lourder et qu'il fait le tour du monde avec ses allocations chômage, il fait le jeu du FN ! Sauf que ce jeu ne sera pas gagnant car pour le FN cet individu est forcément un étranger, de préférence black ou basané...

Le FN a souvent une bonne faculté à rapporter les problèmes de notre pays, mais ils n'ont pas du tout la bonne solution. Le FN ne va pas contraindre la SNCF a faire son travail pour que les trains s'arrêtent dans les petites gares, pas plus qu'ils ne feront rouvrir les bureaux de "La Poste" qui ferment !

Voter Le Pen, c'est définitivement se tirer une balle dans le pied et quand on a une balle dans le pied, c'est dur d'avancer et de rattraper les autres qui sont devant nous...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 12 décembre 2015

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Voyage à l'intérieur du peuple FN
Agriculteurs, artisans, commerçants, chômeurs ou employés, dimanche, ils ont voté, souvent pour la première fois, en faveur du parti d'extrême droite. Dans un cocktail où se mêlent la colère, un sentiment d'abandon, le rejet de l'étranger et le repli sur soi
Aller à la rencontre des nouveaux électeurs du Front national, c'est entreprendre un voyage au pays de l'intranquillité. Dans une France où le sentiment étouffant de relégation a pris le pas sur une certaine douceur de vivre. Où l'avenir est synonyme d'anxiété. Où la colère débouche sur le rejet de l'autre et surtout des personnes qui se succèdent au pouvoir depuis des années. Parmi les six millions de Français qui ont placé l'extrême droite en tête au premier tour des élections régionales, le 6 décembre, beaucoup n'avaient jamais mis un bulletin FN dans l'urne avant 2012. La plupart sont décidés à recommencer dimanche 13 décembre.

" Ils ne se rendent pas compte que certains crèvent presque de faim. " François (le prénom a été changé) ne se plaint pas pour lui -même, mais pour les gens du pays en situation de détresse sociale. " Ils ", ce sont ceux qui décident. Cet agriculteur de 42 ans explique combien il est difficile de tirer un revenu de son activité, malgré des journées de labeur bien remplies. Implanté à proximité de Guérigny, dans la Nièvre, il a repris l'exploitation de son père après avoir été employé dans le secteur du machinisme agricole, où il gagnait bien sa vie. " Plus qu'aujourd'hui ", précise-t-il. A ce sentiment de ne pas être rétribué à la hauteur de ses efforts s'ajoutent les tracas du quotidien, les multiples normes à respecter, les contrôles jugés intrusifs de l'administration. Au cours des derniers mois, il a aussi fallu composer avec la sécheresse et la fièvre catarrhale ovine. Pendant ce temps-là, à Poiseux, village situé à quelques kilomètres de sa ferme, des familles de réfugiés en provenance de Calais ont été installées dans une propriété de la RATP. " On leur donne tout, commente François. C'est un partage de la richesse qu'on ne peut plus se permettre. "

On est bien loin de Calais, ville épicentre du tremblement de terre FN. Plus on se rapproche de la jungle des migrants, plus les scores de Marine Le Pen montent en flèche. A Rebreuve-sur-Canche, village de 220 habitants au milieu des champs, le FN a récolté au premier tour 70 % des voix. Un record pour le département du Pas-de-Calais. Devant la petite école, qui accueille 21 élèves des communes alentours, Virginie, 33 ans et mère de trois enfants, fait partie de ceux qui ont choisi l'extrême droite. " Avec tous les immigrés qu'il y a par ici…Dans le village, il n'y en a pas mais à Saint-Omer ou à Calais, ils les lâchent dans la nature ! Ce qui me dégoûte le plus, c'est qu'ils ont de l'argent facilement alors qu'il y a des Français dans le besoin, des sans-abri qui n'ont rien. C'est écœurant. "

L'immigré, l'un des plus puissants moteurs du vote FN. Il y a celui qu'on a vu, et celui qu'on invente. Depuis quelques semaines, un étrange bruit s'est répandu au Lude, dans la Sarthe : la mairie, dirigée par le châtelain local, le comte Louis-Jean de Nicolaÿ (LR), aurait donné son accord pour que des migrants viennent s'installer. C'est faux, le maire, assailli d'interpellations, n'a cessé de démentir. Mais la rumeur a la peau dure au bar du Kiosque. Même si tous ne s'accordent pas sur les chiffres : pour l'un, c'est " une douzaine " de familles venues de " là-bas " qui va bientôt arriver, pour l'autre " une quinzaine "…

Au pied des tourelles de son château de la Renaissance, campé sur la rive du Loir, Le Lude semble comme claquemuré. A l'entrée de la commune, qui ne compte plus que 4 000 habitants – la population est retombée en dessous de son niveau d'il y a quarante ans –, les grilles closes de la laiterie Candia, fermée depuis un an : 185 emplois rayés de la carte. Ici, le FN a recueilli 33,36 % des voix au premier tour des régionales, en progression de plus de 12 points par rapport au score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2012.

Au bar de la ville, on ressasse le sentiment d'" abandon ". L'un des clients, la cinquantaine, travaillait chez Candia : il n'a pas retrouvé d'emploi, ses droits touchent à leur fin. Le second a tiré le rideau de sa boutique d'électricité depuis plusieurs mois, comme la majorité des commerçants et artisans de la commune. Ils disent qu'ils en ont " ras-le-bol ", que la vie est " trop compliquée ", que " ceux qui ne travaillent pas sont plus aidés que ceux qui travaillent. " Alors, eux aussi, à leur tour, ils ont voté " Le Pen ". Ils ne citent jamais le nom de la tête de liste du FN dans la région, ça ne les intéresse pas, son programme non plus. Ce qui compte, c'est " leur donner un coup de pied au cul ". " Et puis, si on veut empêcher qu'ils arrivent jusqu'ici - les immigrés - , y a que Le Pen. Les autres, on ne les croit plus, ils se fichent de nous. "

" Fermer les frontières "
Quel que soit le détour, on y revient presque à chaque fois. Il y a les difficultés sociales, et économiques, mais il y aussi dans ce vote FN, une libération de la parole xénophobe. Pour Patrice, 47 ans, artisan-maçon, les attentats du 13 novembre ont été un " déclencheur " de cette poussée du FN. Souverainiste, il n'avait jamais voté pour le père, mais juge la fille plus fréquentable : " Il faut fermer les frontières comme le dit Marine Le Pen. On accueille tout le monde et après ils se font “péter”. Les terroristes qui ont fait ça, ce sont des gens qui sont français OK, mais pas dans leurs noms.Ils viennent de l'extérieur, ils accouchent et après on dit qu'ils sont français. Moi, je dis, on les tue à la naissance et comme ça, c'est réglé. " Outrance de la parole qui aurait semblé impensable en public auparavant. Mais au bar du village de Laguépie (Tarn-et-Garonne), Patrice ose désormais.

Beaucoup se défendent d'être racistes et opposent leur ras-le-bol. " On ne peut pas accueillir tous ces immigrés, jusque-là, je ne votais pas FN, parce que ça voulait dire être facho, mais c'est pas du tout ça. " Edouard préfère témoigner sous un nom d'emprunt. Parce qu'il est syndicaliste et qu'il pourrait " avoir des problèmes ". Ce Bas-Normand de 43 ans assure que plusieurs collègues font comme lui. " On travaille, on paye des impôts et, à la fin, on a rien. Comme ceux qui n'ont rien foutu. Alors on se demande pourquoi on n'est pas resté tranquillement chez soi. "

La plupart des électeurs du FN en sont persuadés : les travailleurs règlent l'addition pour les " fainéants ". En promettant des baisses drastiques d'impôt, l'extrême droite renoue avec les patrons de petites entreprises et les commerçants, son cœur de cible dans les années 1980, époque du " reagano-lépenisme " ou celui du poujadisme du milieu des années 1950. " Je ne l'avais jamais fait, mais, cette fois, il y en a marre, j'ai voté Front national. Nous, les petites entreprises, on étouffe ", se plaint Nelly Eklinger. Cette sexagénaire à la retraite vient encore tenir la caisse tous les jours au garage-station-service qu'elle possède avec son mari depuis dix-sept ans, à Dannemarie, tranquille village du Haut-Rhin. Elle montre du doigt deux petits immeubles d'habitat social. A leur pied, trois jeunes hommes sont en train de réparer une mobylette. " Il y en a qui touchent le RSA, voient leur loyer être payé, ne font rien, restent chez eux, et quand on leur propose un travail, ils n'en veulent pas. Rien ne va plus en France ", peste Nelly.

Souvent, derrière les propos des uns et des autres, on voit émerger la peur du déracinement, de la perte des repères face au Léviathan européen. Dans la campagne sarthoise, région de bocage, où on élève vaches et chevaux, même si les revenus ne sont pas élevés, on ne vit pas mal. Arrive un propriétaire local, qui fait un arrêt avant de se rendre à la chambre d'agriculture. Il maugrée contre " l'Europe " qui vient de lui retourner son dossier de subvention de la politique agricole commune (PAC), " pour une erreur de 0,86 hectare ". " On n'en peut plus de cette administration et de ces contrôles permanents. C'est eux qui nous empêchent de travailler ", se lamente-t-il. L'Europe, le gouvernement, les élus locaux, rien ne trouve grâce à ses yeux : " Tout ce qu'ils veulent, c'est en finir avec nos villages, nos régions, tout ce qui fait notre identité. Pour eux, on est déjà mort, on n'existe pas. "

Chacun a l'impression que la survie de son coin de France tient à la prochaine décision publique. A Laguépie, on surveille de près les rails. Des rumeurs rapportent que le train pourrait ne plus marquer l'arrêt. Après la poste qui a été transformée en un petit bureau aux horaires réduites, les habitants craignent que l'usine du coin ferme. Ils redoutent surtout d'être " abandonnés " par l'Etat. Qu'il ne leur reste d'autre choix que de " crever " là. Le discours est d'autant plus surprenant que Laguépie est loin d'être une ville fantôme. A une heure et demie de route de Toulouse, le village de 700 âmes qui compte plusieurs commerces passe tranquillement l'hiver et s'anime surtout l'été. A l'année, une carrière et une petite usine de chaussures de sécurité font vivre la commune.

Les règles d'antan
Dans le département, le Parti radical de gauche a longtemps régné en maître mais les temps changent. Comme dans beaucoup d'endroits, le FN a progressé de plus de vingt points par rapport aux dernières élections. Avec 27,20 % des voix, la liste de Louis Aliot, le vice-président du Front national, n'a été devancée que par les écologistes et le Front de gauche, qui doivent beaucoup à Serge Regourd, tête de liste locale que les habitants ont plébiscité. Ce dernier, professeur de droit non encarté, ne cache pas son inquiétude pour dimanche. " Une dizaine de personnes m'ont appelé pour me dire qu'elles avaient voté pour moi car elles me connaissaient mais qu'elles donneront leur voix au FN au second tour ", se désole-t-il. Les adversaires de l'extrême droite ont toujours avancé avec cette maxime en tête : " Le FN n'a pas de réserves de voix. " Mais les règles électorales d'antan semblent obsolètes.

Il ne s'agit plus de donner un avertissement pour se raviser au second tour. Ces nouveaux électeurs veulent balayer ceux qui détiennent le pouvoir. Parmi eux, beaucoup de jeunes, qui ont voté pour la première fois dimanche. Sous le porche d'une galerie, elle aussi fermée, un jeune garçon et une jeune fille tout de noir vêtus, assis sur une marche, se partagent une cigarette et s'échangent quelques bécots. L'air soupçonneux cède vite la place à l'envie de parler : " Ici, de toute façon, il n'y a rien à faire. " Erwan et Jessica ne songent qu'à une chose : partir. Ils savent que ce n'est pas dans le village sarthois au Lude qu'ils trouveront du travail, ne savent même pas s'ils ont envie d'en chercher. La politique, ils " s'en foutent " mais, dimanche, ils sont allés voter pour la première fois. Et ils ont voté " Le Pen ", parce que c'est " un vote révolutionnaire ".

Nicolas Chapuis et nos envoyés spéciaux, Raphaëlle Besse Desmoulières, Bertrand Bissuel, Olivier Faye, Perrine Mouterde et Patrick Roger

Rédigé par Philippe NOVIANT

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