Publié le 7 Septembre 2015

Ne pouvait-on pas décerner le prix du meilleur jeune économiste à une autre étude ?

La France est embourbée dans des problèmes économiques graves et récurrents. On aurait pu penser que le prix du meilleur jeune économiste pouvait apporter des réponses à ces questions graves et dont la solution doit être apportée urgemment.

Las, il n'en est rien...

Je n'ai rien contre l'étude de la consommation en Afrique Noire, mais le rôle d'un économiste n'est-il pas de résoudre des questions liées à son pays en priorité ? On va peut-être me traiter de réac' mais, à titre personnel, je suis déçu qu'avec les graves problèmes qu'a notre pays, on favorise la notoriété d'une étude dont les effets ont lieu à 3000km de chez nous...

Et encore : quand dans l'étude on dit qu'il vaut mieux avoir des classes de niveau pour dispenser un savoir à 90 élèves, je me demande combien de temps il a fallu pour tirer une conclusion pareille alors qu'elle tombe sous le sens ! Ou, dans la même veine, que statistiquement quand on donnait des allocations sociales à une famille au Maroc, l'enfant avait plus de chances de retourner à l'école. Il est certain que vu le niveau de pauvreté là-bas, recevoir une bourse peut éviter d'avoir à faire travailler le jeune. Par contre, et c'est l'objet de mon premier point, j'aurais bien aimé savoir si, en France, il y avait un lien entre les allocations et le retour en classe !

Bref, je suis déçu que l'on décerne un prix de cette importance pour des faits qui ne changeront en rien la politique économique de notre pays. Tout cela ne serait pas aussi grave si notre pays n'en avait pas aussi cruellement besoin !

Deux articles du journal 'Le Monde' daté du 19 Mai 2015

*******************

Prix du meilleur jeune économiste 2015
Pascaline Dupas, professeur à Stanford (Californie), a été distinguée par " Le Monde " et le Cercle des économistes, en partenariat avec le Sénat. Ses travaux sur les politiques d'éducation et de santé en Afrique, comme ceux des autres nominés sur l'emploi, la pauvreté et la régulation des marchés, visent d'abord à éclairer la décision publique
Le Prix du meilleur jeune économiste, décerné par le Cercle des économistes et Le Monde,et remis en partenariat avec le Sénat, vise depuis sa création il y a quinze ans à distinguer l'excellence académique, la capacité d'innovation et la participation au débat public.

Le Cercle des économistes s'est voulu depuis l'origine un lieu de débat. Notre ambition a toujours été de se contraindre à appliquer la rigueur scientifique à des sujets mis sur le devant de la scène, à faire le lien entre la politique économique et l'académisme. Même si, dans notre pays, le débat économique n'est que peu souhaité par les politiques et, dans les faits, a rarement lieu…

Le Cercle des économistes s'emploie malgré tout à travailler des thèmes au cœur de l'actualité, et par là même à encourager de jeunes économistes à s'en emparer. C'est aussi le cas du thème choisi pour chaque édition des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, y compris cette année où nous nous confronterons à cette question si difficile, si actuelle et si prospective qu'est celle du travail.

41 candidatures dont 14 femmes
Comme chaque année, le palmarès 2015 distingue des économistes aux trajectoires variées et internationales. Il confirme le rôle du Prix du meilleur jeune économiste français, dont les lauréats ont toujours bénéficié d'un élargissement immédiat de leur notoriété auprès des médias et des autorités publiques. Leurs analyses novatrices ont vu leur diffusion s'élargir et des opportunités nouvelles d'influence ont pu s'ouvrir. L'économie retrouve toute son utilité et sa valeur à travers ce prix, qui permet à de jeunes talents d'exprimer leur compréhension du monde en devenir.

Cette année, 41 candidatures émanant d'économistes de moins de 40 ans, dont celles de quatorze femmes, nous sont parvenues. Elles provenaient de jeunes chercheurs travaillant dans les meilleures institutions d'enseignement supérieur ou de recherche français – notamment l'Ecole d'économie de Paris, l'Ecole d'économie de Toulouse, Dauphine, Sciences Po, l'Ecole polytechnique, Aix-Marseille Université, l'Insee… – et internationaux – notamment le Massachusetts Institute of Technology (MIT), Stanford, Berkeley, la London School of Economics (LSE), Louvain, le Fonds monétaire international (FMI), l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE)… L'augmentation continue du nombre de candidats traduit la prise de conscience qu'aujourd'hui être l'un des meilleurs économistes français, c'est aussi être l'un des meilleurs économistes du monde.

La lauréate du Prix 2015, Pascaline Dupas, professeur à Stanford (Californie), est une spécialiste des politiques de développement. Elle appartient au JPAL, laboratoire d'action contre la pauvreté du MIT, fondé notamment par Esther Duflo, lauréate du Prix 2005. Ses travaux, recourant à de -rigoureux protocoles d'évaluation, ont eu des conséquences importantes sur les -politiques publiques dans de nombreux pays.

Le Cercle des économistes

Palmarès
Les lauréats de 2000 à 2014

Bruno Amable et Agnès Benassy-Quéré (2000) Pierre Cahuc (2001) Philippe Martin et

Thomas Piketty (2002)

Pierre-Cyrille

Hautcœur (2003)

David Martimort (2004) Esther Duflo

et Elyès Jouini (2005)

Thierry Mayer et Etienne Wasmer (2006) David Thesmar (2007) Pierre-Olivier

Gourinchas (2008)

Yann Algan et Thomas Philippon (2009)

Emmanuel Saez (2010) Xavier Gabaix (2011)

Hippolyte d'Albis (2012)

Emmanuel Farhi (2013)

Augustin Landier (2014)

Un prix créé par " Le Monde " et le Cercle des économistes
Le Prix du meilleur jeune économiste, créé en 2000 avec le soutien du Sénat, est destiné à valoriser les travaux – thèse ou article publié – d'un(e) chercheur(euse) français(e) âgé(e) de moins de 40 ans. Les économistes représentant le monde universitaire et les grandes écoles peuvent concourir à ce prix, destiné à couronner des travaux portant sur l'économie appliquée en prise avec le réel et participant aux débats d'actualité. Chaque membre du Cercle sélectionne cinq candidats, sur dossier comprenant une liste de travaux et deux textes représentatifs. Dix d'entre eux sont retenus, parmi lesquels sont choisis les finalistes. Enfin, un jury composé de membres du Cercle et de la rédaction du Monde Economie & entreprise désigne le lauréat et les nominés. Le Cercle des économistes, créé en 1992, est présidé par Jean-Hervé Lorenzi.

***************************

Pascaline Dupas : " Privilégier le terrain à la théorie "
La lauréate 2015 a " toujours préféré l'approche concrète de l'économie, l'observation directe de la réalité "
Pascaline Dupas, 38 ans, est professeure associée à l'université Stanford (Californie).

Vos recherches concernent les investissements des ménages et des gouvernements africains dans le domaine de la santé et de l'éducation. Pourquoi cette spécialisation ?

J'ai toujours privilégié l'approche concrète des questions économiques, et donc l'observation directe de la réalité. L'éducation et la santé sont deux facteurs essentiels de la productivité du travail, et donc de l'accroissement du produit intérieur brut, dans tous les pays. En Afrique, la question est de savoir pourquoi un taux élevé de morbidité et de mortalité, ou encore la faiblesse du niveau d'éducation persistent malgré les investissements consentis. C'est en étudiant les comportements des parents, des enfants, des enseignants, des institutions que l'on peut déterminer quel type de politique publique il convient de mettre en œuvre pour améliorer la situation.

Comment avez-vous été amenée à travailler sur ces questions ?

Avant de faire ma thèse, je voulais absolument passer un an en Afrique, sur le terrain. L'Ecole normale supérieure ne m'offrait pas cette opportunité, mais m'a permis d'obtenir une bourse pour Harvard, où j'ai rencontré Esther Duflo et Michael Kremer, qui faisaient déjà des études de terrain quelques années avant qu'ils ne créent The Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab, laboratoire d'action contre la pauvreté au Massachusetts Institute of Technology. Du jour au lendemain, j'ai pu partir au Kenya, pour un an. J'y avais des amis, qui ont perdu leur enfant tué par la malaria. J'ai voulu comprendre pourquoi. Je me suis intéressée au prix optimal des traitements et de la prévention, par exemple les moustiquaires antipaludéennes, et j'ai conclu à l'efficacité de la gratuité totale. Je me suis intéressée à l'organisation optimale des classes dans les écoles kényanes, aux meilleures modalités de distribution de produits de purification de l'eau, ou encore à la bonne façon d'informer les jeunes filles sur les risques du sida… En fait, j'ai travaillé sur ce qui me sautait aux yeux en vivant là-bas.

Mais selon une méthodologie expérimentale extrêmement précise ?

Oui. Il s'agissait de comparer des groupes tests et des groupes témoins, afin de déterminer les dispositifs les plus efficaces. Une classe de CP au Kénya, c'est en général 90 enfants assis par terre, dans un hangar, face à un maître. Comment, dans ces conditions, améliorer la performance scolaire ? Réduire la taille de chaque classe ? Cela coûte cher, il faut multiplier le nombre d'instituteurs. Faut-il répartir les élèves par niveau homogène ? Cela facilite le travail de l'enseignant, mais risque d'accroître les inégalités. Mélanger tous les niveaux ? Le risque est d'inciter l'enseignant à ne s'occuper que des meilleurs. Nous avons expérimenté les deux formules, avec 70 écoles composées de classes par niveau, et 70 écoles composées de classes hétérogènes, toutes ces classes bénéficiant d'un instituteur supplémentaire, mais novice et peu payé. La conclusion est que les classes de niveau améliorent la performance de tous les élèves, à condition de confier les classes les moins bonnes aux professeurs les plus motivés. Mais l'écart entre les élèves s'accroît.

Autre exemple, le gouvernement marocain nous a consultés sur un mode de distribution des allocations familiales lié à l'absentéisme scolaire. Nous avons, là encore, appliqué différents dispositifs dans des villages témoins : lien ou non avec l'absentéisme, distribution au père ou à la mère. Il s'est avéré que l'apport des allocations augmente la scolarisation et l'apprentissage, sans que son versement ait besoin d'être conditionné à la présence à l'école, et quel que soit le sexe du parent bénéficiaire.

De tels résultats sont-ils suivis de modifications effectives des politiques publiques ?

Dans le cas de la gratuité des produits antipaludéens, oui. Le Department for International Development, équivalent britannique de l'Agence française de développement, a, par exemple, exigé des gouvernements bénéficiaires de ses programmes la gratuité pour les femmes enceintes. Mes conclusions sur l'information concernant le sida ont été reprises dans un rapport de la Banque mondiale ; une dizaine d'ONG m'ont consultée et ont réorienté leurs actions en conséquence.

Je ne prétends pas que mon travail est prescriptif ; il invite les décideurs à considérer des modalités d'action qui peuvent être contraires aux représentations économiques dominantes ou à en éliminer d'autres, selon le contexte. Le plus intéressant, c'est lorsqu'on découvre qu'une expérimentation marche en contradiction avec ce que suggère la théorie économique. Le " signal prix " n'est pas forcément le plus efficace sur un marché comme le médicament ou l'éducation, car il n'y a pas lieu de " sélectionner " ceux qui en ont vraiment besoin de ceux qui peuvent profiter d'un effet d'aubaine : car tout le monde est intéressé par la santé ou l'éducation.

De même, de façon contre-intuitive par rapport à l'idée traditionnelle de la " gabegie " et de la corruption en Afrique, j'ai pu estimer, avec l'exemple des moustiquaires gratuites, qu'à peine 15 % des moustiquaires, volées ou revendues, ne parvenaient pas à ceux à qui elles étaient destinées, et que cela représentait un coût très inférieur au bénéfice du dispositif en matière de santé publique.

Une autre enquête, sur la décentralisation du versement des subventions publiques auprès des chefs de village, a montré que le clientélisme supposé que cela engendre n'a pas des résultats forcément aussi négatifs que l'on pense. L'évaluation traditionnelle de ces programmes s'attache aux inégalités d'avoirs des ménages selon qu'ils bénéficient ou non des faveurs du chef. Notre étude de terrain au Malawi a montré qu'il fallait plutôt observer la variation de la consommation des ménages ; car on voit que la bonne connaissance qu'a le chef des besoins et des capacités des ménages en temps réel lui permet de mettre en place un système redistributif qui présente plus d'avantages que d'inconvénients.

propos recueillis par Antoine Reverchon

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 4 Septembre 2015

Il faut travailler plus à l'hôpital... afin d'éviter de travailler trop !

Tout cela est bien antagoniste : le personnel exige de conserver ses RTTs et ses 35h... alors qu'il est obligé, parfois de travailler près de 60h !

On ne peut pas continuer à faire de la démagogie en ce domaine ! Il faut que le personnel puisse travailler de façon optimale mais ne pas tirer sur la corde ! Si on met en place les 35h, ce n'est certainement pas pour obtenir plus de vacances d'un côté, et des conditions de travail déplorables de l'autre !

Quand on fait travailler le personnel 60h, il n'a envie que d'une chose : vitre prendre ses RTTs afin de se soustraire au plus vite de son lieu professionnel !

On a fait de l'idéologie dans ce dossier en faisant croire que le personnel pouvait travailler 35h et que ses conditions de travail puisse demeurer sereines. C'est oublier les finances désastreuses de notre pays qui contraignent les embauches et qui font que, forcément, quand on travaille moins, les conditions de ce travail se détériorent.

Ne vaut-il donc pas mieux travailler plus et mieux que l'inverse ? Cette question doit donner lieu à une réponse pragmatique et sereine et non pas donnée par une idéologie irréaliste.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Mai 2015

*******************

Le chantier explosif du temps de travail à l'hôpital
La réorganisation des 35 heures ou du travail des internes en Ile-de-France impose de lourds ajustements

L'hôpital public se prépare à connaître coup sur coup plusieurs réformes majeures et délicates de l'organisation d'une partie de ses personnels. Qu'il s'agisse de l'encadrement plus strict du temps de travail des internes depuis le 1er mai, du plafonnement de celui des médecins urgentistes à partir du 1er juillet ou de la réorganisation des 35 heures chez les 75 000 salariés paramédicaux et administratifs de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) au 1er janvier 2016, l'hôpital se métamorphose et réinvente à marche forcée ses modes de fonctionnement, entre révolution culturelle et casse-tête budgétaire.

Les responsables des hôpitaux sont aujourd'hui tiraillés entre des demandes contradictoires, les revendications de certains médecins à plus de temps libre et les demandes d'économies des pouvoirs publics. Et ils cherchent comment dégager des marges de manœuvre sans dégrader la qualité de l'offre de soins.

Une journée de 7h30

C'est pour " préserver l'emploi " et " trouver une organisation du travail plus efficiente " que l'AP-HP, le " navire amiral " de l'hôpital public en France, avec ses 38 hôpitaux, a lancé, mercredi 6 mai, une discussion visant à " revisiter les modalités " des 35 heures pour ses 75 000 salariés paramédicaux et administratifs. " L'AP-HP aurait pu choisir la solution de facilité qui consiste à faire de l'emploi hospitalier une simple variable d'ajustement ", a fait valoir Martin Hirsch, son directeur général, qui a assuré refuser " la tentation de prendre le chemin le plus direct " consistant à supprimer sur " cinq ans environ 4 000 emplois ".

Une partie des salariés ne peut pas prendre ses RTT en raison d'un manque d'effectifs, et les provisionne sur un compte épargne-temps (pour près de 74 millions d'euros fin 2014). La direction propose le passage à une journée de 7 h 30 contre 7 h 36 ou 7 h 50 aujourd'hui, ce qui donnerait lieu à 15 RTT par an contre 20 aujourd'hui.

Et, si la moitié des hôpitaux français ont déjà renégocié leurs accords sur le temps de travail, les discussions à l'AP-HP sont suivies de près car, en cas de succès, cet accord pourrait être imité. " Il n'est nullement question d'une remise en cause du cadre réglementaire des 35 heures ; il s'agit des modalités de leur mise en œuvre ", explique le ministère de la santé, où l'on dit suivre les discussions " avec attention, compte tenu de l'importance de l'AP-HP ", mais sans souhaiter pour autant que ce débat " déborde le cadre de l'établissement ".

La CGT, majoritaire à l'AP-HP, appelle avec plusieurs autres organisations à une journée de mobilisation jeudi 21 mai et juge le climat " explosif ". " Il y a des choses à faire sur l'organisation du temps de travail mais la direction n'a pas de marge de manœuvre, il faudrait que Martin Hirsch puisse mettre du biscuit sur la table ", explique Christophe Prudhomme, de la CGT-Santé.

Pour le sociologue Frédéric Pierru, cette discussion sur le temps de travail à l'hôpital a lieu dans un contexte particulier. " Depuis dix ans, l'hôpital est devenu une usine à soins qui fonctionne à flux tendus. Et cette intensification du travail s'accompagne d'un sentiment diffus de non-reconnaissance, aussi bien financièrement que symboliquement. " Et tous les personnels ne bénéficieront pas de la redistribution des cartes. " Les médecins, qui sont une ressource rare, vont imposer leurs conditions aux pouvoirs publics. Et c'est aux précaires, aux intérimaires et aux paramédicaux que l'on va demander de compenser les concessions faites aux médecins. "

Les grands gagnants devraient effectivement être les 8 000 médecins urgentistes, en travail " posté ", qui vont exercer à partir du 1er juillet avec un plafond horaire de 39 heures hebdomadaires au contact des patients, et de 9 heures de travail non clinique. Le temps médical supplémentaire ouvrira droit à des heures supplémentaires rémunérées ou à des récupérations. " C'est une petite révolution pour l'hôpital ", se félicite Christophe Prudhomme, également porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France. Pour lui, cette réforme, obtenue en décembre après une menace de grève, témoigne d'un " changement de mentalité qui correspond à l'évolution du monde médical. Les jeunes médecins ne sont pas prêts à flinguer leur vie de famille ".

Corvéables à merci

Chez les directeurs d'hôpitaux, on s'inquiète d'un effet boule de neige de cet accord. Une partie des 4 500 anesthésistes-réanimateurs, dont les conditions de travail sont proches, demandent à leur tour de bénéficier de ce changement. D'autres pourraient leur emboîter le pas. " La question du temps de travail est la préoccupation principale des médecins hospitaliers, souligne Nicole Smolski, la présidente de l'intersyndicale Avenir hospitalier. Ils en ont marre d'avoir l'impression d'être corvéables à merci et de travailler parfois plus de 60 heures par semaine. "

" Il va y avoir un phénomène de contagion ", redoute Loïc Capron, le président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP. Comment fait-on tourner les services avec ces temps de travail réduits ? " Il déplore la disparition du " dévouement " et de " l'abnégation " des médecins hospitaliers qui vivaient comme des " moines-soldats " et ne comptaient pas leurs heures. " Avec cet accord, on met le doigt dans un engrenage dangereux ", abonde Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France. Pour lui, une " conférence nationale sur le temps de travail à l'hôpital " doit aborder cette question " de façon globale et non catégorie par catégorie, établissement par établissement "…

Parallèlement à cette réforme, une directive européenne interdit théoriquement depuis le 1er mai aux internes de travailler plus de 48 heures par semaine. Leurs obligations de service passent de 11 à 10 demi-journées par semaine. Du coup, " l'organisation du travail à l'hôpital devient un vrai casse-tête ", estime un cadre hospitalier. " Il y a une mise en place progressive des tableaux de service et, dans la plupart des établissements, ça n'a rien changé, le quotidien des internes n'a pas été modifié ", constate Mélanie Marquet, la présidente de l'intersyndicale nationale des internes, pour qui la réforme n'est applicable que si " les services se réorganisent ".

Ce nouvel encadrement du temps de travail représente " une rupture culturelle à laquelle l'hôpital ne s'est pas beaucoup préparé, constate Philippe Domy, le président de la Conférence des directeurs généraux de centres hospitaliers régionaux et universitaires. On a ouvert la boîte de Pandore et, pour faire face à ces surcoûts de fonctionnement, il faudra inévitablement toucher à l'emploi ".

François Béguin

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 3 Septembre 2015

L'immobilisme de Madame Christiane Taubira ne sert pas l'institution judiciaire

"Quand on traite les gens comme de la merde, ils se comportent parfois comme tels" ! Madame Christiane Taubira serait bien aise de se rappeler ce fait ! Comment peut-on se dire que l'on lutte contre la récidive alors même que l'on ne considère pas les prisonniers comme des être humains ?

L'insertion dans la société de ceux qui ont en été écartés à un moment donné, doit passer par un minimum de respect et on ne respecte rien ni personne à avoir des prisons envahies par les rats et par des Lois où la République n'a pas prise !

N'oublions jamais qu'un des buts de la prison est la réinsertion. La réinsertion ne peut être réussie qu'en ayant eu un minimum de respect envers le futur libéré.

Mme Christiane Taubira, en se mettant des oeillères, ne sert pas la République, elle ne sert pas la France. Car, en relâchant dans la nature des "écorchés-vifs" qui ne pourront se réinsérer, c'est toute la société qu'elle met en danger.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 15 Mai 2015

********************

Polémiques sur la maison d'arrêt de Strasbourg
Christiane Taubira conteste un sévère rapport de la contrôleure générale des lieux de privation de liberté

Christiane Taubira a répondu très sèchement au premier rapport publié mercredi 13 mai au Journal officiel par la nouvelle contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan. Nommée il y a à peine un an, Mme Hazan, qui a succédé le 9 juillet 2014 à Jean-Marie Delarue, a jugé que " les violations des droits fondamentaux " des personnes détenues à la maison d'arrêt de Strasbourg étaient suffisamment graves pour devoir publier " des recommandations en urgence " – une procédure exceptionnelle, qui n'a été utilisée par l'autorité indépendante qu'à quatre reprises depuis 2008. La ministre de la justice a longuement répondu, et conteste la quasi-intégralité du constat. " J'ai été étonnée par le ton employé par la garde des sceaux ", a sobrement commenté la contrôleure.

L'équipe des contrôleurs a visité la maison d'arrêt de Strasbourg du 9 au 13 mars, une contre-visite après celle de mars 2009, qui soulignait déjà la dégradation des bâtiments, qui ne datent que de 1988, la pénurie d'eau chaude et la saleté des abords. Ces constats " demeurent d'actualité, indiquent les contrôleurs, et les conditions de détention ont connu une certaine détérioration ".

Le rapport s'inquiète d'abord du sort d'un détenu qui était allé se plaindre en janvier au service médical – le service médico-psychiatrique régional (SMPR), qui dépend du ministère de la santé. Il a expliqué qu'il se trouvait impliqué malgré lui dans un trafic de drogue et de portables, et que son codétenu le menaçait. " Un médecin a effectué un signalement auprès d'un gradé de l'établissement en précisant qu'il y avait urgence à procéder à un changement de cellule ", relève le rapport. Le gradé est allé dans la cellule, et a demandé au détenu de s'expliquer – en présence de son codétenu. L'imprudent a été tabassé et violé pendant la nuit.

" La situation est plus complexe que ne le laissent apparaître les écrits de vos contrôleurs ", répond la garde des sceaux. Le médecin a bien signalé au gradé la volonté du prisonnier de changer de cellule, mais " il a néanmoins précisé que cette demande ne revêtait pas un caractère d'urgence ", et le surveillant s'est dit que ça pouvait attendre le lendemain. " Les méthodes du Contrôle général n'ont pas changé, indique avec agacement Adeline Hazan. Lorsqu'on affirme quelque chose, c'est qu'elle a été constatée et corroborée. Nous avons des témoignages dont nous ne pouvons pas faire état dans une recommandation publique. J'ai des preuves que le médecin avait dit qu'il fallait - le - changer de cellule en urgence. Et quand je dis que j'ai des preuves, c'est que j'en ai. "

" Passivité des surveillants "

Le Contrôle s'étonne aussi que des caméras de surveillance aient été installées dans les locaux du service de psychiatrie. " L'usage de moyens de vidéosurveillance dans un espace de soins constitue une atteinte grave au secret médical et à l'indépendance des soignants en milieu pénitentiaire ", indiquent sévèrement les contrôleurs. C'était bien l'avis des infirmiers, qui avaient collé un carton sur les caméras sur lequel était inscrit " secret médical ". Ils se sont vu retirer leur habilitation pénitentiaire.

La ministre rétorque que " la décision d'installer des caméras dans ces locaux a été prise en concertation et avec l'accord tant du médecin-chef du SMPR et de la direction de l'hôpital de rattachement ". Manque de chance, Marisol Touraine, la ministre de la santé, a répondu de son côté à Mme Hazan que " l'installation de ces caméras est une décision unilatérale de l'autorité pénitentiaire, et le SMPR n'a pu s'y opposer ". L'agence régionale de santé n'avait même pas été prévenue.

Même les constatations des contrôleurs sont douteuses, aux yeux de la chancellerie. Le rapport souligne que, cinq ans après la première visite, " les points d'eau et les sanitaires des cours de promenade sont toujours dans un état de saleté déplorable et pour beaucoup hors d'usage ". Une cour intérieure est couverte de détritus et attire " de nombreux rongeurs ", " l'eau des douches est glaciale " et " l'eau chaude n'est toujours pas installée dans les cellules ", où il ne fait pas chaud : 17 °C de jour chez les mineurs, 14,6 °C dans le quartier disciplinaire. Justement, au mitard, un détenu suicidaire se plaignait du froid. Il avait été tenu, entièrement nu, d'enfiler une " dotation-protection d'urgence ", soit un pyjama déchirable et de se blottir sous une couverture, elle indéchirable.

La chancellerie a répondu que " ce problème était résolu " avec le raccordement au chauffage urbain de la communauté d'agglomération de Strasbourg, avec certes un ou deux jours de coupures ponctuelles en janvier et février. Sans bien relever que la visite des contrôleurs datait de mars. Le rapport dénonce enfin les problèmes d'encadrement et estime que " la détention est apparue livrée à elle-même ". Pire, les contrôleurs évoquent " la passivité des surveillants face aux violences entre détenus ", et même " les allégations récurrentes " d'" une participation active de certains agents à des trafics illicites ".

Christiane Taubira s'indigne de ces " rumeurs ", qui ont pu, étrangement s'il ne s'agit que de rumeurs, " être portées à la connaissance du chef d'établissement et signalées au parquet ". Toute la réponse de la ministre est du même genre : les affirmations sur les surveillants " ne sont nullement étayées ", leur passivité " est également rapportée sans preuves objectives ". Au total, " les atteintes graves aux droits fondamentaux ne me paraissent pas démontrées ", conclut la ministre. " Le contrôle général n'a recours aux recommandations d'urgence que dans les cas les plus graves, répond Adeline Hazan. Un certain nombre de réponses de la chancellerie sont à côté, et le ton me paraît parfaitement anormal. "

Franck Johannès

Verbatim

iIl a été fait état de façon récurrente et concordante d'humiliations et de provocations de la part des surveillants pénitentiaires. Beaucoup de personnes détenues ont hésité à s'exprimer par crainte de représailles. Certains ont évoqué la passivité des surveillants face aux violences entre détenus et une participation active de certains agents à des trafics illicites, sans que cette allégation qui semble récurrente n'ait donné lieu à des mesures de contrôle propres à l'infirmer ou à la confirmer. La contrôleure générale s'inquiète que de tels comportements puissent avoir lieu sans entraîner de réponse forte de la direction de l'établissement. "

Adeline Hazan, la contrôleure -générale des lieux de privation de liberté, dans son rapport sur la maison d'arrêt de Strasbourg.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 2 Septembre 2015

Quand l'éducation nationale, réforme après réforme, reste immobile

Les problèmes de notre éducation sont connus et largement repris dans cet article : notre système n'est ni efficace, ni juste.

Il n'est pas efficace car coûte très cher pour des résultats qui nous classent dans le ventre mou vis à vis des autres pays.

Il n'est pas juste car il promeut des élèves déjà favorisés socialement, ou des élèves fils ou filles de professeurs de l'Education Nationale.

Les réformettes proposées aujourd'hui résoudront-elles la situation ? Non !

Comment, en effet, penser qu'une réforme sur le Latin, le Grec ou l'Allemand va résoudre quoi que ce soit ? Comment penser que la part d'autonomie accordée par la réforme va augmenter une mise en concurrence des collèges, mise en concurrence qui est déjà largement présente ? En quoi le renforcement de l'autorité des chefs d'établissement va influer sur les résultats scolaires et l'inégalité des résultats scolaires face à la classe sociale ?

J'ai l'impression, une fois de plus, que certains profs ne font grève que par intérêt personnel et non pas dans l'intérêt des élèves...

Pour moi, une fois de plus, on est passé à côté du but recherché dans cette énième réforme.

Il faut engager une réforme qui lutte contre les inégalités sociales et qui remette les résultats de nos élèves en phase avec les exigences de notre pays ! En un mot, il faut faire en sorte d'améliorer le niveau scolaire des élèves et que ce niveau soit uniforme !

Le problème c'est que je ne vois pas de lien clair entre la réforme et les objectifs cités.

Pour que l'on ait de bon résultats, il faut donner envie d'étudier, il faut donner du plaisir, il faut inciter à se dépasser dans un cadre scolaire calme et serein. Il faut aussi que nos enseignants soient pleinement impliqués dans cet objectif et forcer les plus favorisés (agrégés, profs de classe prépa) à travailler plus car ils sont payés pour travailler et non se complaire de leurs diplômes ! Ainsi, est-il bien normal qu'un agrégé passe moins de temps devant l'élève qu'un collègue ne l'étant pas ?

Cessons de dépenser l'argent de l'Education Nationale à rémunérer certains profs et mettons cet argent pour les élèves afin de remplir nos missions éducatives et de sortir la France de sa médiocrité scolaire dont les profs portent la majeure partie de la responsabilité !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 13 Mai 2015

**********************

Tohu-bohu sur le collège

L'Histoire, creuset de la nation, est une passion française. L'école, creuset de la République, en est une autre. Quand elles se rejoignent et que la politique s'en mêle, le psychodrame national est garanti. Nous y voilà plongés, une nouvelle fois, avec le projet de réforme de l'organisation et des programmes du collège, que la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, entend mettre en œuvre à la rentrée de septembre 2016, en application de la loi d'orientation sur l'école votée par le Parlement en juin 2013.

Que n'a-t-on entendu depuis quelques jours ! A droite, l'on a sonné le tocsin : réforme la plus " détestable " (Nicolas Sarkozy, UMP), " médiocrité pour tous " (François Fillon, UMP), " attentat contre la République " (Jean-Christophe Lagarde, UDI), " mystification et démolition " (François Bayrou, MoDem). Bruno Le Maire (UMP) a été le plus cinglant : dans une lettre adressée au chef de l'Etat et déjà signée par plus de 230 parlementaires, il dénonce " un naufrage pour notre nation ". Pour tous, l'abandon de la réforme s'impose.

Auparavant, au propre comme au figuré, c'est l'Académie qui s'était insurgée. Marc Fumaroli avait pris la défense de l'enseignement du latin et du grec, auquel on " s'apprête à donner le coup de grâce ". L'historien Pierre Nora avait déploré, dans ce projet, " l'expression d'une France fatiguée d'être elle-même ". Pour Alain Finkielkraut, la ministre " réalise l'exploit de faire pire encore que le désastre actuel de l'école ", tandis que Luc Ferry, Régis Debray, Michel Onfray et d'autres donnaient de la voix.

Quant aux syndicats d'enseignants, ils ne sont pas en reste. Du SNES (à gauche) au Snalc (à droite) – exception faite du SGEN-CFDT et de l'UNSA –, ils redoutent que la part d'autonomie pédagogique accordée par la réforme ne conduise à une dangereuse " mise en concurrence " des collèges, à un renforcement de l'autorité des chefs d'établissement, ou encore à un grignotage des horaires dans certaines disciplines. Du coup, sept d'entre eux appellent à une journée de grève le 19 mai.

Dialogue de sourds

Devant cette levée de boucliers de tous côtés, le président de la République a eu beau fustiger " le concert des immobiles - qui - , au nom de l'intérêt général supposé, défendent leurs intérêts particuliers ", et la ministre de l'éducation a eu beau défendre son projet pied à pied, fustiger – une belle bourde ! – les " pseudo-intellectuels " qui s'y opposent, dénoncer " une entreprise de caricature ou de désinformation ", proposer des amendements et des garanties, rappeler que la réforme des programmes en est encore au stade de la consultation avec les enseignants, assurer qu'elle en gommera en bout de course le jargon parfois ridicule, rien n'y fait, pour l'heure.

Ce dialogue de sourds est accablant. Car le diagnostic est à peu près unanime. Les enquêtes menées par l'OCDE (le programme PISA) et d'innombrables rapports en témoignent : notre système éducatif est en train de perdre, à l'école et surtout au collège, la bataille de l'efficacité et de la justice scolaires. Comparées à ceux des pays similaires, ses performances entre 6 et 16 ans sont médiocres et elles ont tendance à régresser depuis une douzaine d'années ; en outre, loin de corriger les déterminismes sociaux, familiaux ou ethniques, il a tendance à les aggraver. Les dégâts sont connus : l'écart ne cesse de se creuser entre les meilleurs élèves, les mieux dotés socialement, et les moins bons ; 15 % connaissent de sévères difficultés et 25 % des acquis fragiles ; quelque 150 000 jeunes " décrochent " et sortent chaque année du système sans qualification et sans grand espoir de trouver du travail ; le tout sur fond de malaise croissant des enseignants.

Politique de gribouille

Réparer ce gâchis scolaire, démocratique et économique devrait donc mobiliser toutes les énergies. C'est l'intention affichée par la ministre de l'éducation. Pour favoriser l'apprentissage des savoirs fondamentaux et adapter le collège à la diversité de ses élèves – c'est le cœur de la réforme –, elle propose une autonomie accrue aux équipes éducatives pour mettre en place de nouvelles pratiques pédagogiques (trois heures par semaine d'accompagnement personnalisé des élèves ou de travail en petits groupes sur des projets interdisciplinaires évidemment en lien avec le programme…).

C'est tout sauf une révolution, et les expérimentations convaincantes ne manquent pas. Mais cela n'empêche pas la révolte. Celle des enseignants, qui défendent le sanctuaire de l'heure de cours classique, la hiérarchie des disciplines et la religion des programmes (même s'ils sont trop chargés et infaisables comme en histoire), et qui redoutent un bouleversement de leur culture professionnelle.

Celle des parents, qui ont appris à jouer de tous les leviers pour que leurs enfants accèdent aux filières les plus sélectives, donc les plus prometteuses. Notamment les classes bilangues dès la 6e, qui bénéficient à 16 % des élèves et seraient remplacées par l'introduction d'une seconde langue vivante pour tous à partir de la 5e.

Celle, enfin, de tous ceux, à droite notamment, qui dénoncent un " nivellement par le bas " aux antipodes de " l'excellence républicaine pour tous " dont ils se font les bons apôtres. Ils seraient plus convaincants s'ils n'avaient, quand ils étaient aux affaires, supprimé des dizaines de milliers de postes de professeurs et toute formation professionnelle des enseignants digne de ce nom. Ou s'ils formulaient clairement, aujourd'hui, leurs remèdes aux maux de l'école.

En attendant, devant le tohu-bohu, le risque est d'autant plus facile à imaginer qu'il se répète depuis une trentaine d'années : le renoncement, le maintien d'un statu quo que chacun déplore, mais auquel personne n'a le courage de s'attaquer. C'est-à-dire une politique de gribouille.

par Gérard Courtois

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 1 Septembre 2015

La double poursuite doit continuer à être la norme en matière de délits boursiers

En matière de justice, le principe est de ne pas poursuivre deux fois pour les mêmes faits. En matière de justice cependant, il y a toujours un mécanisme principe-exception.

Ainsi, en matière financière, on doit être dans l'exception.

Le parquet national financier (PNF) et l'Autorité des marchés financiers (AMF) doivent continuer à travailler de manière conjointe, ce, pour deux raisons :

- Le parquet juge en matière pénale, c'est à dire, un trouble manifeste à l'ordre public. On doit donc répondre à la question si des agissements boursiers ont pu aboutir à un tel trouble et si des peines de prison sont requises. Par exemples, si des particuliers ont été floués, il est normal que cela soit le parquet qui soit chargé de ces enquêtes.

- L'AMF doit elle juger sur des principes basés sur le métier de la bourse. Elle peut donc juger sur des faits techniques qui ne sauraient dispenser d'enquêtes pénales.

On le voit : AMF et PNF doivent continuer à travailler de concert car les buts ne sont pas les mêmes. De plus, seul le PNF peut se targuer de défendre la société.

L'exception doit donc primer ici en disant que l'on peut condamner deux fois pour les mêmes faits car la finalité n'est pas la même.

Deux articles du journal 'Le Monde' daté du 13 Mai 2015

****************

Après l'affaire EADS, une loi sur les délits boursiers

Un débat s'achève, un autre commence, tout aussi complexe. Sauf surprise, le tribunal correctionnel de Paris devrait clore définitivement l'affaire EADS, lundi 18 mai, lors de l'annonce du délibéré du procès. Les avocats des prévenus – sept dirigeants et ex-dirigeants du groupe aéronautique, ainsi que Daimler et Lagardère, soupçonnés de délit d'initié en 2005 et 2006 –, mais aussi le parquet national financier (PNF), en la personne de la procureure Eliane Houlette, ont en effet réclamé la fin des poursuites, lors d'une audience lundi 11 mai. Motif : tous avaient été mis hors de cause, en 2009, par la commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Or, le Conseil constitutionnel a jugé, en mars dernier, qu'un délit d'initié ne pouvait être poursuivi à la fois par le gendarme de la Bourse et par la justice pénale. Jusqu'à présent, justice administrative (à travers l'AMF) et pénale cœxistaient en matière boursière.

Surtout, dans son jugement, le Conseil constitutionnel a donné au législateur jusqu'au 1er septembre 2016 pour élaborer une nouvelle loi, afin de réformer le système actuel. C'est aussi une manière de se mettre en conformité avec le droit européen, qui tend à bannir la double poursuite.

Audrey Tonnelier

********************

EADS : vers une loi sur les délits boursiers
La justice devrait clore l'affaire. Mais le débat sur la double poursuite ne fait que commencer

C'est là que le bât blesse. Jusqu'à présent, l'AMF pouvait transmettre au parquet les dossiers lui semblant relever du pénal. Mais elle continuait en parallèle sa propre enquête. " Désormais, il va falloir hiérarchiser les poursuites ", résume Jean-Yves Le Borgne, un des avocats de John Leahy, l'actuel directeur commercial d'Airbus.

Le jeune PNF, fort d'un an d'existence seulement, compte bien en profiter pour asseoir sa légitimité en la matière. " Il y a une concertation à avoir entre l'AMF et nous, pour aiguiller les dossiers. Reste à savoir qui décidera ! ", soulignait Mme Houlette à l'issue de l'audience, lundi. Dans une interview aux Echos, la semaine dernière, la procureure avait plaidé pour une " coopération " entre les deux institutions. Tout en soulignant que " l'opportunité des poursuites pénales est une prérogative du parquet et qu'il est difficilement concevable que le choix de la voie pénale dépende d'une décision administrative "…
Forte technicité

" La coopération entre l'AMF et le PNF est d'ores et déjà très étroite. L'AMF est prête à la renforcer tant que cela ne remet pas en cause ses règles internes de fonctionnement ni son indépendance ",rétorque-t-on à l'AMF. Le gendarme de la Bourse peut se targuer d'une forte technicité de ses enquêteurs et d'une plus grande célérité : il lui faut en moyenne deux à trois ans pour constituer et instruire les dossiers, contre dix à douze ans au pénal. Il s'emploie aussi à souligner qu'il ne délivre pas une justice au rabais. Depuis 2010, la commission des sanctions de l'AMF peut en effet infliger des amendes allant jusqu'à 100 millions d'euros (contre 10 millions d'euros auparavant), contre 1,5 million au maximum au pénal. En revanche, l'Autorité ne peut pas prononcer de peines de prison, et les parties civiles n'ont pas voix au chapitre.

De son côté, le PNF détient un pouvoir d'investigation plus important : il peut perquisitionner sans autorisation ou procéder à des écoutes. Mais sa lenteur lui fait perdre en efficacité pédagogique et dissuasive. Au reste, les cas de doubles sanctions sont rares : moins de dix dossiers sur 300 depuis 2010. En règle générale, le parquet, qui se prononce une fois que la Commission des sanctions de l'AMF a rendu sa décision, en tient compte dans la peine qu'il réclame à son tour.
" Une enquête commune "

" Si le système pénal a une charge symbolique plus forte et des moyens cœrcitifs supérieurs, - … - son rôle dans notre domaine reste limité puisque, depuis 2004, aucune peine de prison ferme n'a été prononcée pour un abus de marché ", a d'ailleurs souligné Gérard Rameix, le président de l'AMF, lors de la présentation du rapport annuel de l'Autorité, le 5 mai. Il souhaite, au final, que la répression pénale soit réservée aux cas les plus graves de délits boursiers, ce qui n'est guère contesté. Toute la difficulté étant de savoir comment les distinguer…

" Si la règle de l'aiguillage des dossiers - vers l'administratif ou le pénal - est retenue, on pourrait imaginer une enquête commune, avec d'abord une intervention de l'AMF, dont les enquêteurs sont de vrais techniciens, puis l'adjonction de policiers si besoin ",estime Aurélien Hamelle, associé chez Allen & Overy et avocat de Daimler dans le procès EADS. Quant aux règles d'aiguillage, " si elles sont fonction de la gravité des faits reprochés, on peut tenir compte du montant de l'infraction, de la capitalisation de la société concernée, ou encore du nombre de personnes soupçonnées ", décrypte M. Hamelle.

Mais qui trancherait in fine sur la juridiction ad hoc ? " Ce pourrait être l'AMF, le PNF ou une commission paritaire, sorte de chambre préliminaire composée de magistrats ", selon M. Hamelle. " La légitimité voudrait que ce soit le parquet qui décide de l'orientation des dossiers. Mais aujourd'hui, l'AMF est la plus rapide à démarrer - les enquêtes - . Or en pratique, c'est souvent la rapidité qui a gain de cause… ", souligne Me Le Borgne, l'avocat de M. Leahy.

S'ils ne veulent pas que le législateur tranche dans le vif, l'AMF et le parquet semblent donc condamnés à s'entendre. Le débat ne fait que commencer.

Audrey Tonnelier

Une audience sans suspense

Le parquet ayant décidé de requérir la fin des poursuites, l'issue du procès EADS ne faisait guère de doute, lundi 11 mai. La vingtaine d'avocats de la défense présents, aux côtés notamment de Noël Forgeard, l'ancien coprésident d'EADS, ont donc pu savourer le moment. " Il est rare que l'avocat d'un prévenu remercie le tribunal ", a souri Jean Veil, l'avocat de Lagardère. " Errare humanum est, perseverare diabolicum " a cité Jean-Alain Michel, avocat de M. Forgeard. Beaucoup moins enthousiaste, Fredérik Karel-Canoy, représentant de petits actionnaires parties civiles, a réclamé une poursuite des débats. " Il faut une réponse judiciaire pour restaurer la confiance des actionnaires " a-t-il lancé.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 31 Août 2015

Assez de ces élus qui se conduisent comme des pourris !

Je vous invite à rejoindre cette page Facebook :
https://www.facebook.com/AugmentationConseillersComcomGresivaudan

Nous comptons, en effet, lutter contre des pratiques honteuses où des élus considèrent trop souvent le contribuable comme un porte-monnaie sur pattes, ce, sans exercer d'actions suffisantes dans l'intérêt général !

Il est temps que cela cesse et rapidement !

L'action est donc de monter une manifestation de plusieurs centaines de personnes afin d'investir une réunion de la communauté de commune du Grésivaudan afin de montrer la colère du contribuable !

Tous ensembles, montons donc cette action afin qu'elle agisse comme une manifestation de colère envers des élus qui doivent privilégier l'intérêt général à la place de leurs intérêts propres !

En avant !

Un article de France Bleu daté du 29 Avril 2014

*******************

Isère : des élus augmentent leurs indemnités de 140%
Mardi 29 avril 2014 à 08h15

Les conseillers communautaires ont quadruplé l'indemnité du président et plus que doublé celle des vice-présidents. © Maxppp

Les conseillers de la Communauté de communes du Grésivaudan ont voté vendredi l'augmentation des indemnités du président de la collectivité et des quinze vice-président. La première vient d'être quadruplée, de 500 à plus de 2000 euros. Les autres plus que doublées, passant de 500 à 1200 euros bruts. Depuis les élections municipales et communautaires, certains élus qui avaient décidé de baisser leurs indemnités, comme à La Tour-du-Pin ou Grenoble, voici ceux, au contraire, qui augmentent les leurs. En temps de restrictions des comptes publics, la décision a du mal à passer.

418% d'augmentation pour le président

La Communauté de communes du Grésivaudan (Isère) compte 47 communes pour 100.000 habitants. À la tête de la collectivité depuis 2012, Francis Gimbert recevait environ 500 euros bruts, tout comme son prédécesseur, François Brottes, qui était député. Mais Francis Gimbert est simple conseiller municipal, il a démissionné de son mandat de conseiller régional et n'es pas député. Il recevra désormais 2090 euros bruts soit la moitié du plafond autorisé. Cela, personne ne le conteste. En revanche, Geneviève Piccard a voté contre la hausse des indemnités des vice-présidents qui perçoivent non plus 500 mais désormais 1200 euros bruts : "j'ai voté contre parce que je trouve scandaleux qu'il y ait une telle augmentation en période de crise, et il faut savoir par ailleurs que les postes de vice-présidents sont occupés par des maires." L'élue MoDem de Saint-Ismier ne comprend pas l'empilement des indemnités "un cumul de fonctions éxécutives et un cumul d'indemnités." Elle ajoute même que dix jours plus tôt, les maires s'étaient entendus entre eux.

Des élus communautaires votent la hausse de leurs indemnités dans le Grésivaudan. (Gérard Fourgeaud)

Les seize élus concernés ont donc participé au vote de leur propre augmentation, comme cinquante autres. Dix se sont abstenus et sept ont voté contre.
"Certains vice-présidents ont des activités à mi-temps et n'ont pas de gros salaires"

Sur les quinze vice-présidents, douze cumuleront cette indemnité avec celle de maire. Seulement trois ne sont pas maires, trois femmes. Certains sont retraités et n'ont pas de perte de revenu. D'autres expliquent comme Francis Gimbert, le président de la Communauté de communes du Grésivaudan, qu'ils ont dû réduire leur activité et donc leur revenu. "Certains vice-présidents ont des activités à mi-temps et n'ont pas de gros salaires, donc c'est quelque chose qu'il faut prendre en compte dans le calcul des indemnités. Alors après, est-ce qu'il faudrait les mêmes indemnités pour tous ? C'est une question que l'on peut se poser... La Loi ne permet pas de faire des indemnités à la carte", conclut Francis Gimbert. Reste qu'une augmentation de 140%, cela fait rêver. Est-ce scandaleux ou bien l'indemnité était-elle scandaleusement basse jusque-là ?

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Parti Renouveau Politique

Repost0

Publié le 28 Août 2015

Il faut supprimer sa retraite à ce pourri !

M. Philippe Varin est-il un pourri ? Assurément ! Prendre les gens pour des imbéciles en s'engraissant avec de l'argent provenant en partie des caisses publiques et en n'ayant pas rempli ses fonctions, cela s'appelle être une pourriture, et de première en plus !

De plus, quand on est retraité, par définition, on ne travaille pas. Là, ce Monsieur continue à travailler. Cela pourrait être louable, sauf que quand on voit les résultats du bonhomme, on est en droit de s'interroger sur la pertinence de filer autant d'argent à une personne dont les compétences n'ont pas été bluffantes à son précédent poste.

De plus, un président de directoire ne peut être considéré comme un salarié. Où est donc la légitimité d'être retraité à ce titre ?

Je pense qu'il est temps que le citoyen réagisse face à de tels actes odieux qui ont eu aussi le blanc seing de nos hommes politiques.

Tous pourris ? On voudrait le démontrer qu'on ne serait pas comporté autrement.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 07 Mai 2015

***********************

Le joli bla-bla des retraites chapeaux

Au pays de Tartuffe, les bons comédiens sont rois. Et rémunérés en conséquence. Philippe Varin, l'ex-président du directoire de PSA Peugeot-Citroën, avait fait dans le théâtral au moment de la polémique sur sa retraite chapeau fin 2013. La tirade était magnifique, dans laquelle rivalisaient le tragique, le sens de l'honneur et la générosité. L'artiste annonçait " renoncer " à la retraite surcomplémentaire pour laquelle le groupe automobile avait mis 21 millions d'euros de côté.

En fait de renoncement, le jeune retraité toujours actif – il est désormais président du conseil de surveillance d'Areva et rémunéré en tant que tel – perçoit une retraite chapeau de PSA d'un montant de 299 000 euros par an. Comme l'a révélé le site spécialisé sur la déontologie financière Déontofi, cette pension qui s'ajoute à ses autres régimes de retraite lui sera versée ad vitam parce qu'il est resté " salarié " du groupe automobile jusqu'au 1er juin 2014, bien qu'ayant été remplacé à son poste dès le 31 mars par Carlos Tavares.

En ce 27 novembre 2013, PSA publiait pour la seule fois de son histoire un communiqué de presse qui se réduisait à un topo entre guillemets de son patron. Du grand théâtre, vous dis-je : " Compte tenu de la polémique que ce sujet a suscitée, de l'émotion dans notre pays qui a aujourd'hui besoin d'être rassemblé plutôt que divisé, compte tenu de l'immense respect que j'ai pour les collaborateurs du groupe ", etc., disait M. Varin. Puis vint le sacrifice de sa personne : " J'ai décidé de renoncer aux dispositions actuelles de mes droits à la retraite. " Tout était dans le " actuelles ". A la tombée du rideau fusèrent les vivats. Le président de la République salua " une décision sage ", les syndicats patronaux Medef et l'Association française des entreprises privées (AFEP) se félicitèrent du " sens de la responsabilité et de la décision courageuse " de leur confrère qui démontrait " l'efficacité de l'autorégulation ".

Arnaud Montebourg, qui s'y connaît en théâtre, alors ministre du redressement productif, s'était arrogé une victoire supplémentaire : " Le gouvernement a fait plier M. Varin."

15 millions d'euros

Le beau théâtre devrait rester sur les planches. Quand il en sort, cela devient le plus irrespectueux des bla-bla. Car au final, ce renoncement sacrificiel se limite à une réduction de 27 % par rapport à la retraite chapeau initialement prévue.

Ce qui avait choqué l'opinion, à juste titre, était qu'un patron puisse partir avec une telle rente à vie après moins de cinq années passées dans l'entreprise. De surcroît, à un moment où 8 000 emplois étaient supprimés chez PSA et un accord de modération salariale signé avec les syndicats. Le montant de 15 millions d'euros n'aurait en rien calmé la colère que les 21 millions avaient soulevée. Cela s'est concocté une fois le rideau baissé. Chapeau l'artiste, mais n'invoquez plus " le respect des collaborateurs " !

Jean-Baptiste Jacquin

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 27 Août 2015

Est-ce du rôle de la France de se prendre pour la Cour des comptes ?

Dans les grandes lignes, je suis largement d'accord avec les conclusions de la Banque de France. Le problème, c'est que je ne vois pas trop la légitimité de la Banque à parler. Elle n'est pas la Cour des comptes, et elle n'a pas fait, elle même, un travail parfait concernant une juste adéquation de ses dépenses par rapport à ses missions, qui ont largement baissé suite à l'adoption de l'Euro.

Bref, je m'interroge face à la légitimité même du discours.

Quant au fait que l'éducation soit aussi une des causes du marasme économique de notre pays, pour moi, c'est une évidence et ne contredit en rien le discours de la Banque.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 07 Mai 2015

*******************

La Banque de France fustige l'insuffisance des réformes
Le gouverneur, Christian Noyer, s'est livré à un réquisitoire contre les rigidités hexagonales et le choix d'un Etat trop lourd et dépensier

La France va mieux, mais elle décroche face au reste de ses partenaires européens. Si le constat n'est pas nouveau, il n'en est pas moins inquiétant. Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, l'a une fois de plus assené, mardi 5 mai, à l'occasion de la traditionnelle présentation du rapport annuel de l'institution.

Alors qu'il quittera la Banque de France au mois d'octobre, après douze ans de mandat, l'énarque n'a pas mâché ses mots pour décrire les maux dont souffre, selon lui, l'Hexagone. " La France est impuissante à créer les emplois nécessaires à ses jeunes ", a-t-il expliqué, estimant que les perspectives de croissance pour 2015 et 2016 sont moins favorables chez nous que dans le reste de la zone euro. Et ce, malgré le demi-point de croissance que la baisse des cours du pétrole et la dépréciation de la monnaie unique face au billet vert devraient offrir à notre économie.

Cette embellie conjoncturelle représente d'ailleurs un risque, estime-t-il : celui que la France s'endorme sur ses lauriers, tombe dans l'attentisme. " Le niveau exceptionnellement bas des taux d'intérêt peut agir comme un anesthésiant ", prévient-il. Or, une hausse durable d'un point de l'ensemble des taux d'emprunt en 2015 coûterait 40 milliards d'euros aux finances publiques, soit deux points de produit intérieur brut (PIB) d'ici à cinq ans, selon les calculs de la Banque de France.

L'ennui, c'est que la dette publique culmine déjà à près de 95 % du PIB, tandis que le niveau de nos dépenses publiques, à 57 % du PIB, détient désormais le record au sein des pays développés, " sans qu'il en résulte un accroissement du bien-être ", juge M. Noyer.

Pire : selon lui, les performances économiques françaises se révèlent décevantes. " Une partie du tissu industriel s'étiole, les parts de marchés se rétrécissent ", a-t-il expliqué. Entre 2010 et 2013, l'investissement de l'industrie manufacturière a ainsi progressé de 12,1 % seulement, contre 20,3 % en Allemagne, selon Eurostat. Et le taux de marges des entreprises a plongé de 33,5 % de la valeur ajoutée avant la crise, à moins de 30 % aujourd'hui, selon l'Insee.

Les raisons de ce décrochage ? Les " freins puissants, souvent anciens ", paralysant l'économie française et l'empêchant de profiter de ses atouts, estime le gouverneur de la Banque de France. Il ne s'est pas privé de lancer un avertissement à François Hollande : pour lever ces rigidités, il convient de poursuivre les réformes structurelles engagées.

Et d'abord, en maîtrisant mieux les finances publiques. " La France est, dans la zone euro, le pays dont l'ajustement est le plus lent et le moins prononcé depuis 2010, alors même qu'elle a mieux résisté à la crise ", pointe-t-il. Il conviendrait de revoir en profondeur l'action publique. Mais aussi, d'aller au bout des réformes engagées en matière de retraite et de carte territoriale. Si le redécoupage des régions entamé par le gouvernement va dans la bonne direction, il " reste de portée limitée face à l'ampleur du problème ".

Autre priorité : revoir le fonctionnement du marché du travail, en réduisant là aussi les rigidités, tout en abaissant les coûts. Pour l'énarque, l'un des principaux problèmes est la méthode de revalorisation du smic, trop dynamique et déconnectée de l'évolution de la moyenne des salaires.

Progression de la précarité

De ce fait, elle exposerait les jeunes à un risque de chômage accru. S'ajoutent à cela les seuils sociaux, " obstacles identifiés à la croissance des entreprises ", la complexité du code du travail ou encore la dualité des contrats de travail, avec d'un côté, " un régime très protecteur qui dissuade l'embauche ", et de l'autre, " des régimes précaires dont l'importance croît ". M. Noyer appelle à l'instauration d'une flexisécurité à la française, avec par exemple la création d'un contrat unique.

In fine, rares sont les mesures du gouvernement socialiste trouvant grâce aux yeux du gouverneur, particulièrement critique. La réforme de la formation professionnelle de mars 2014 ? Peu efficace. Celle de l'assurance-chômage ? Insuffisante. La libéralisation des professions réglementées ? Trop timide… " A cause de notre choix d'un Etat toujours plus lourd et plus dépensier, nous laissons à nos enfants, qui prendront leur retraite à 65 ou à 67 ans, un pays endetté, un niveau de chômage insupportable et un potentiel de croissance plus faible que jamais ", a conclu M. Noyer.

Si ces recommandations rappellent celles de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elles ne font pas consensus parmi les économistes – en particulier ceux affichant une sensibilité de gauche. " Certaines sont faiblement fondées ", juge Xavier Timbeau, à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Selon lui, les remèdes prescrits par la Banque de France passent à côté du problème de l'échec scolaire et des failles de l'éducation française, en partie responsables du chômage.

Pour Xavier Ragot, président de l'OFCE et professeur à l'Ecole d'économie de Paris, la Banque de France sous-estime le problème de demande dont souffrent la France et l'Europe à court terme. " De plus, le problème d'offre de la France, illustré par la désindustrialisation, est en grande partie le résultat de la divergence des coûts unitaire du travail en Europe, un sujet encore tabou. "

M. C.

Reprise des investissements en vue

Nouveau signe de la reprise économique en France : les chefs d'entreprise de l'industrie manufacturière se préparent à augmenter de 7 % leurs investissements en 2015, selon une enquête de l'Insee publiée mercredi 6 mai. Les industriels français les avaient au contraire réduits de 5 % en 2013, et ne les avaient accrus que de 2 % en 2014. A présent, ils semblent déterminés à dépenser davantage, en particulier pour renouveler et moderniser leurs équipements, alors que nombre d'usines de l'Hexagone vieillissent dangereusement. Seuls 14 % des projets visent à augmenter les capacités de production. La relance des investissements anticipée est particulièrement nette dans l'automobile (+ 15 %), l'un des secteurs qui ont le plus souffert de la crise.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 26 Août 2015

Le système hypocrite du NHS ne doit pas être adopté en France

Ce n'est pas parce qu'un système est gratuit qu'il n'a pas un coût.

Ainsi, sous couvert d'un service gratuit, en Angleterre, on aboutit à un système hypocrite et inefficace car source importante d'abus. En matière de santé comme en bon nombre de domaines économiques, la gratuité est une fausse bonne idée car elle a tendance à déresponsabiliser les bénéficiaires. On le voit dans cet article : des bénéficiaires se comportent en tant que clients, alors que la notion de clientèle d'un service public n'existe pas. On ne peut pas tolérer que des gens se servent d'ambulances comme de taxis ou râlent quand ils ne s'estiment pas servis en temps et en heure.

D'ailleurs, l'Angleterre à une espérance de vie inférieure à celle de la France, signe que le tout-gratuit, car source de gabegie, ne résout pas tout.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 06 Mai 2015

**********************

Au chevet du NHS
Les élections britanniques 2-|4 Fondé en 1948, le National Health Service fait la fierté des Britanniques. Système de santé universel et gratuit, son modèle est aujourd'hui en crise, et les candidats aux législatives du 7 mai rivalisent de remèdes

Gary Green, veste de camouflage et petit cœur tatoué sur l'oreille, a la carrure d'un boxeur, mais l'émotion l'étreint lorsqu'on lui demande son sentiment sur le National Health Service (NHS). " Pour moi, c'est la chose la plus merveilleuse du monde. " Ce quinquagénaire sort prendre l'air : son épouse vient d'être admise en soins intensifs à l'University College Hospital (UCH), un centre hospitalier réputé, situé non loin de la gare St Pancras, à Londres. " Une infirmière veille sur elle. Tout le personnel est fantastique, se réjouit-il. Nous, les Anglais, nous pouvons être fiers du NHS. "

" Fierté " : le mot revient systématiquement dans la bouche des usagers interrogés à leur sortie de UCH. Près de soixante-dix ans après sa fondation, en 1948, le NHS, système britannique de santé universel et gratuit, demeure l'institution la plus populaire du Royaume-Uni avec la monarchie. " Le NHS est la religion de ce pays. Personne ne peut y toucher ", résume le docteur Joud Abduljawad, 37 ans, chef du service des urgences de UCH. Un diplomate britannique choisit une autre métaphore : " C'est une institution soviétique au centre d'un pays ultralibéral. "

Un enjeu ultrapolitique

Avec ses 1,6 million de salariés dont 170 000 médecins, rétribués directement par l'impôt, et son budget de 130 milliards de livres sterling (176 milliards d'euros), ce mammouth bureaucratique, aux performances à la fois admirées et contestées, est une composante essentielle de l'identité nationale. Par sa taille, il est le cinquième employeur du monde, derrière le ministère américain de la défense, McDonald's, Walmart et l'armée populaire chinoise. Symbole des espoirs de justice sociale nés sous les bombardements nazis, il a survécu à tous les bouleversements politiques. Même Margaret Thatcher n'a pas osé y toucher. Et chaque Britannique se souvient avec émotion du ballet des infirmières du NHS dans la fresque retraçant l'histoire nationale composée pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de 2012.

Géré par l'Etat, le NHS est logiquement une affaire d'Etat et un enjeu ultrapolitique. Pas un jour ne se passe dans la campagne pour les élections législatives du 7 mai sans que le système de santé ne fasse l'objet de promesses et de controverses. Les responsables politiques se sont d'ailleurs donné le mot pour évoquer ce monument national cher au cœur des électeurs : ils ne se contentent pas de parler " du NHS ", ils invoquent sans cesse " notre NHS ". " Mon mari n'a rien payé pour son opération, témoigne fièrement Barbara, qui sort de l'hôpital avec Alan, son époux, septuagénaire. Nous avons le meilleur système du monde. Vous avez ça, en France ? Vraiment ? Alors vous nous avez copiés. "

Pourtant, ce système révéré fait l'objet d'incessantes attaques et nourrit les pages à scandales des tabloïds. " Les erreurs du NHS tuent 12 500 personnes par an ", peut titrer le Daily Mail,tandis que The Sun décrit régulièrement un système " au bord du gouffre ". Placé en majesté, le NHS est aussi traité comme un grand malade, car son modèle est en crise.

Dans l'entrée aux murs pastel du service des urgences de UCH, un tableau rempli de chiffres symbolise l'obsession des statistiques qui caractérise le système. " 387 patients " ont été accueillis hier, " 98,5 % ont été traités dans les quatre heures ", il s'est écoulé " 18 jours " depuis qu'un patient a fait une chute et " 384 jours " depuis qu'un autre a souffert d'escarres.

Durant l'hiver, les chiffres reflétant le temps d'attente aux urgences ont alimenté les premières escarmouches de la campagne électorale. " Trois millions de patients sont sur liste d'attente pour voir un spécialiste et les délais pour consulter un GP - general practitioner, généraliste - traduisent une crise nationale ", ont dénoncé une centaine de médecins dans une lettre ouverte à David Cameron. En retour, le premier ministre conservateur a accusé les travaillistes de transformer honteusement la santé publique en " arme électorale ". Certes, le système de santé a échappé aux coupes drastiques dans les dépenses publiques pratiquées par le gouvernement Cameron, mais l'objectif national visant à traiter 95 % des patients en quatre heures aux urgences est loin d'avoir été atteint et la dépense par habitant a diminué. Plus de 20 000 patients diagnostiqués pour un cancer attendent plus de deux mois – la norme – pour commencer un traitement. L'espérance moyenne de vie des Britanniques (81,5 ans) est inférieure d'un an à celle des Français.

Ed Miliband, qui veut succéder à David Cameron à Downing Street, promet de " sauver le NHS ". Les travaillistes dénoncent la " privatisation " rampante du système par le gouvernement conservateur, en mettant notamment en concurrence des fournisseurs de soin, tendance qu'ils ont eux-mêmes lancée lorsqu'ils étaient au pouvoir. Mais, pour le Labour, l'enjeu est particulièrement important, car le système de santé est l'un des sujets sur lesquels les électeurs lui accordent davantage de confiance qu'aux conservateurs.

30 milliards de livres de déficit en 2020

Sur un point crucial, cependant, chacun s'accorde : la viabilité financière du NHS n'est pas assurée à moyen terme. Son déficit, creusé par le vieillissement de la population et l'inflation des coûts, est évalué à 30 milliards de livres (40,6 milliards d'euros) à l'horizon 2020. Pour combler ce trou, les conservateurs promettent d'injecter 8 milliards sans préciser comment ils les dégageront. Le Labour, lui, promet 2,5 milliards supplémentaires chaque année, et affirme qu'il les financera par une taxe sur les grosses propriétés immobilières valant plus de 2 millions de livres (2,8 millions d'euros) et par un impôt sur le tabac.

Selon un rapport de Simon Stevens, le patron de NHS-England, publié en octobre 2014, le NHS doit dégager 22 milliards de livres d'ici à 2020 pour survivre, grâce à des gains de productivité. Un objectif jugé " de plus en plus inatteignable " par le King's Fund, un cercle de réflexion spécialisé. Aussi la perspective d'un rationnement des soins est-elle envisagée sérieusement par les groupements de médecins de ville qui, depuis une réforme de 2012, gèrent localement le système. Les fumeurs et les personnes obèses pourraient être les premières catégories à se voir refuser l'accès à certains traitements ou opérations. Déjà, les conservateurs envisagent de supprimer l'indemnisation des arrêts maladies aux personnes touchées par des addictions ou par l'obésité. Quant à l'idée de faire acquitter un forfait pour chaque consultation, elle est jugée " inévitable " par Mark Porter, le président de la British Medical Association. Mais, en pleine campagne électorale, aucun responsable politique ne peut se risquer à envisager pareille brèche dans le dogme de la gratuité.

Car ce n'est pas le moindre paradoxe du NHS : si le système repose sur ce principe de gratuité (les médicaments sous ordonnance sont facturés 8,25 livres quel que soit leur coût véritable et sont gratuits pour les jeunes, les personnes âgées et les chômeurs), on ne cesse d'y parler argent. " Lorsque je prescris un traitement, son prix s'affiche sur mon écran, raconte la docteure Mathilde Mbouck-Samnick, un médecin français qui travaille depuis douze ans pour le NHS à Londres. Notre liberté de prescription est contrôlée. Toutes les ordonnances sont examinées et la commission locale du NHS peut vous faire des remarques. Chaque circonscription dispose d'un budget qu'il convient de ne pas dépasser. " Selon plusieurs témoignages de patients, l'accès à certains traitements coûteux est contingenté ou retardé en application d'algorithmes implacables et des contingences budgétaires locales. Un traitement disponible dans un quartier de Londres peut ne pas l'être dans un autre. Quant aux médecins, soumis à de lourdes contraintes administratives, ils font l'objet d'une notation par les patients publiée sur le site NHS Choices, comme n'importe quelle marchandise ou service sur le Web.

Des urgences saturées

L'extrême politisation du fonctionnement du NHS est aussi source de difficultés, selon la praticienne : " Les responsables politiques répètent que chacun a le droit de voir un médecin quand bon lui semble. Ils font de la surenchère en promettant des cabinets de généralistes toujours plus disponibles et des délais d'attente toujours plus courts. Le résultat est que les rendez-vous sont pris toutes les 10 minutes, ce qui est impossible à tenir. " Si la demande de médicaments apparaît moins forte qu'en France du fait de vigoureuses campagnes d'information, la gratuité des consultations n'est pas sans entraîner des abus. " Beaucoup de gens viennent consulter pour de simples bobos en nous rappelant que nous sommes payés avec leurs impôts. Cela nous laisse encore moins de temps pour les cas sérieux. "

Selon la docteure Annie MacGuinness, médecin urgentiste au UCH, des abus concernent aussi les ambulances, qui, selon la norme, doivent se présenter " dans les huit minutes " d'un appel jugé sérieux. " Beaucoup de gens utilisent les ambulances comme des taxis parce qu'elles ne leur coûtent rien ", témoigne-t-elle.

Pourtant, la ferveur du public envers le NHS et la focalisation des médias présentent aussi des vertus, souligne le Dr Joud Abduljawad, car elles maintiennent la pression sur les politiques. " Je fais confiance à l'opinion britannique pour que notre financement soit garanti, explique-t-il. Certes, il existe des délais – trois mois pour une prothèse de la hanche – qui produisent des frustrations. Mais chacun dans ce pays a accès au meilleur traitement possible et les patients sont les seules personnes auxquelles nous avons à rendre des comptes. "

Convaincu que " le principe de gratuité n'est pas menacé ", le jeune patron du service des urgences se dit pourtant témoin d'un " changement culturel " : les patients ne supportent plus d'attendre et certains accourent aux urgences faute d'obtenir rapidement un rendez-vous avec un généraliste. Le service qu'il dirige traite 130 000 patients chaque année. Sur le plan national, 21 millions de personnes, soit l'équivalent d'un Britannique sur trois, se présentent dans un service d'urgences médicales. Victime de son succès, le NHS tire aussi sa résilience de l'extraordinaire engouement qu'il suscite dans l'opinion et, partant, de l'extrême sollicitude dont il fait l'objet de la part des responsables politiques.

Les deux principaux partis politiques en lice pour les législatives ne se battent-ils pas à son chevet ? Tandis que le Labour jure que, s'il gagne, " chaque patient pourra voir un généraliste dans les 48 heures ", les tories promettent des cabinets médicaux " ouverts 7 jours sur 7 ". Dans quel autre pays du monde la santé fait-elle l'objet d'une pareille rivalité ? Au Royaume-Uni, à l'approche des élections, rien n'est trop beau pour le NHS.

Philippe Bernard

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 25 Août 2015

Quand des dirigeants d'entreprise veulent continuer à s'en mettre plein les poches

Comment un dirigeant d'une entreprise, dont l'Etat dispose de nombreuses actions, peut-il se comporter de la sorte ? En effet, obligé de quitter l'entreprise à cause de résultats médiocres, ce monsieur n'oublie pas de se faire allouer une retraite complémentaire de près de 300 000Euros par an, alors qu'il n'a pas passé 5 ans dans la boite.

Cela est révoltant et choquant et cela se passe avec la bénédiction de nos politiques.

A un moment, il va falloir penser à démettre de leurs fonctions tout ce joli monde qui oublie trop souvent l'intérêt général pour ne servir que leur seule petite personne.

Un article du site 'L'Obs' daté du 06 Mai 2015

**************

Retraite chapeau : le subterfuge de Philippe Varin, l'ex-patron de PSA

Grâce aux nouvelles règles mises en place par PSA en janvier 2014, Philippe Varin touchera bien une retraite chapeau de près de 300.000 euros par an, alors qu'il devait y renoncer.

Il avait promis d'y renoncer, il la touchera finalement : l'ancien président du directoire de PSA Philippe Varin, qui a quitté la tête du groupe automobile début 2014, percevra une retraite chapeau de près de 300.000 euros par an, alors qu'il s'était engagé à ne pas le faire, révèle le site internet Deontofi.com.

Fin 2013, en partance du groupe automobile alors en difficultés, Philippe Varin avait dû renoncer aux 21 millions d'euros prévus pour sa retraite chapeau, face à l'avalanche de critiques suscitée par la publication de cette somme colossale.

Un petit subterfuge plus tard, l'ex-patron de PSA touchera finalement 299.000 euros brut par an de retraite supplémentaire.

L'ex-président du directoire du groupe a profité de la révision du système des retraites chapeau de ses dirigeants mises en place par PSA Peugeot Citroën depuis le 1er janvier 2014.

Au moins 5 ans d'ancienneté

L'information est d'ailleurs mentionnée dans le document de référence 2014 de PSA publié fin mars :
Philippe Varin [...] bénéficie du régime résultant du nouveau règlement ayant pris effet au 1er janvier 2014 [...] Il a fait valoir ses droits à la retraite au cours de l'exercice 2014. À ce titre, il bénéficie d'une pension de retraite supplémentaire d'un montant annuel brut de 299 000 euros", indique ce document.

Mais pour bénéficier de ce nouveau système, Philippe Varin devait afficher au moins 5 ans d'ancienneté dans l'entreprise, "autrement dit, il ne (devait) pas quitter Peugeot avant le 1er juin 2014 pour toucher le pactole", avance Deontofi.com, alors qu'il doit officiellement quitter la présidence fin mars.

Un nouveau contrat de travail

Or, son mandat a pris fin le 31 mars 2014, lorsque Carlos Tavares a pris la présidence du directoire de PSA.

Selon Deontofi.com, "Peugeot lui signera donc un nouveau contrat de travail pour une mission d'assistance à la mise en oeuvre des accords conclus avec l'Etat et Dongfeng", groupe chinois qui est entré au capital du Français depuis l'an dernier.

Ce contrat, effectivement évoqué par le groupe au moment de l'arrivée de Carlos Tavares, a pris effet au 1er avril et a permis à Philippe Varin de boucler les cinq années nécessaires au versement de cette retraite chapeau.

Contacté par l'AFP, PSA-Peugeot Citroën n'était pas joignable pour réagir à ces informations.

(Avec AFP)

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 24 Août 2015

Avec de tels comportements, le conflit sera sans fin...

Quand on voit comment Tsahal se comporte parfois, on se dit que la vengeance ne peut être qu'exacerbée par les Palestiniens.

Comment peut-on justifier de telles exécutions, souvent, à la tête du client ? Le conflit vivra car la haine sera toujours présente car nourrie par ces injustices.

Comment un peuple qui a tant souffert peut-il être à l'origine de telles pratiques ?

Décidément, la connerie humaine, la connerie politique et armée est sans limite car elle ne montre jamais à leurs auteurs qu'en agissant de la sorte, ils passent leur temps à se tirer une balle dans le pied dans une haine nourrie continuellement.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 05 Mai 2015

************************

Les dérives de l'armée israélienne à Gaza
Des soldats engagés dans l'opération " Bordure protectrice ", menée à l'été 2014, dénoncent les pratiques de Tsahal

Eté 2014, bande de Gaza. Un vieux Palestinien gît à terre. Il marchait non loin d'un poste de reconnaissance de l'armée israélienne. Un soldat a décidé de le viser. Il est grièvement blessé à la jambe, ne bouge plus. Est-il vivant ? Les soldats se disputent. L'un d'eux décide de mettre fin à la discussion. Il abat le vieillard.

Cette histoire, narrée par plusieurs de ses acteurs, s'inscrit dans la charge la plus dévastatrice contre l'armée israélienne depuis la guerre, lancée par ses propres soldats. L'organisation non gouvernementale Breaking the Silence (" rompre le silence "), qui regroupe des anciens combattants de Tsahal, publie, lundi 4 mai, un recueil d'entretiens accordés sous couvert d'anonymat par une soixantaine de participants à l'opération " Bordure protectrice ".

Une opération conduite entre le 8 juillet et le 26 août 2014, qui a entraîné la mort de près de 2 100 Palestiniens et 66 soldats israéliens. Israël a détruit 32 tunnels permettant de pénétrer clandestinement sur son territoire, puis a conclu un cessez-le-feu avec le Hamas qui ne résout rien. L'offensive a provoqué des dégâts matériels et humains sans précédent. Elle jette, selon l'ONG, " de graves doutes sur l'éthique " de Tsahal.

Breaking the Silence n'utilise jamais l'expression " crimes de guerre ". Mais la matière que l'organisation a collectée, recoupée, puis soumise à la censure militaire comme l'exige toute publication liée à la sécurité nationale, est impressionnante. " Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l'avocat Michael Sfard, qui conseille l'ONG depuis dix ans. J'espère qu'il y aura un débat, mais j'ai peur qu'on parle plus du messager que du message. Les Israéliens sont de plus en plus autocentrés et nationalistes, intolérants contre les critiques. "

Environ un quart des témoins sont des officiers. Tous les corps sont représentés. Certains étaient armes à la main, d'autres dans la chaîne de commandement. Cette diversité permet, selon l'ONG, de dessiner un tableau des " politiques systémiques " décidées par l'état-major, aussi bien lors des bombardements que des incursions au sol. Ce tableau contraste avec la doxa officielle sur la loyauté de l'armée, ses procédures strictes et les avertissements adressés aux civils, pour les inviter à fuir avant l'offensive.

Règles brouillées

Les témoignages, eux, racontent une histoire de flou. Au nom de l'obsession du risque minimum pour les soldats, les règles d'engagement – la distinction entre ennemis combattants et civils, le principe de proportionnalité – ont été brouillées. " Les soldats ont reçu pour instructions de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l'hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi ", précise l'introduction. " On nous a dit, il n'est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu'un, tirez ! ", se souvient un sergent d'infanterie, posté dans le nord.

Les instructions sont claires : le doute est un risque. Une personne observe les soldats d'une fenêtre ou d'un toit ? Cible. Elle marche dans la rue à 200 mètres de l'armée ? Cible. Elle demeure dans un immeuble dont les habitants ont été avertis ? Cible. Et quand il n'y a pas de cible, on tire des obus ou au mortier, on " stérilise ", selon l'expression récurrente. Ou bien on envoie le D-9, un bulldozer blindé, pour détruire les maisons et dégager la vue.

" Comme un jeu vidéo "

Un soldat se souvient de deux femmes, parlant au téléphone et marchant un matin à environ 800 m des forces israéliennes. Des guetteuses ? Un drone les survole. Pas de certitude. Elles sont abattues, classées comme " terroristes ". Un sergent raconte le " Bonjour Al-Bourej ! ", adressé un matin par son unité de tanks à ce quartier situé dans la partie centrale du territoire. Les chars sont alignés puis, sur instruction, tirent en même temps, au hasard, pour faire sentir la présence israélienne.

Beaucoup de liberté d'appréciation était laissée aux hommes sur le terrain. Au fil des jours, " le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo ", témoigne un soldat. Mais cette latitude correspondait à un mode opérationnel. Au niveau de l'état-major, il existait selon l'ONG trois " niveaux d'activation ", déterminant notamment les distances de sécurité acceptées par rapport aux civils palestiniens. Au niveau 3, des dommages collatéraux élevés sont prévus. " Plus l'opération avançait, et plus les limitations ont diminué ", explique l'ONG. " Nos recherches montrent que pour l'artillerie, les distances à préserver par rapport aux civils étaient très inférieures à celles par rapport à nos soldats ", souligne Yehuda Shaul, cofondateur de Breaking the Silence.

Un lieutenant d'infanterie, dans le nord de la bande de Gaza, se souvient : " Même si on n'entre pas - au sol - , c'est obus, obus, obus. Une structure suspecte, une zone ouverte, une possible entrée de tunnel : feu, feu, feu. " L'officier évoque le relâchement des restrictions au fil des jours. Lorsque le 3e niveau opératoire est décidé, les forces aériennes ont le droit à un " niveau raisonnable de pertes civiles, dit-il. C'est quelque chose d'indéfinissable, qui dépend du commandant de brigade, en fonction de son humeur du moment ".

Fin 2014, le vice-procureur militaire, Eli Bar-On, recevait Le Monde pour plaider le discernement des forces armées. " On a conduit plus de 5 000 frappes aériennes pendant la campagne. Le nombre de victimes est phénoménalement bas ", assurait-il. A l'en croire, chaque frappe aérienne fait l'objet d'une réflexion et d'une enquête poussée. Selon lui, " la plupart des dégâts ont été causés par le Hamas ". Le magistrat mettait en cause le mouvement islamiste pour son utilisation des bâtiments civils. " On dispose d'une carte de coordination de tous les sites sensibles, mosquées, écoles, hôpitaux, réactualisée plusieurs fois par jour. Quand on la superpose avec la carte des tirs de roquettes, on s'aperçoit qu'une partie significative a été déclenchée de ces endroits. "

Treize enquêtes ouvertes

L'armée peut-elle se policer ? Le parquet général militaire (MAG) a ouvert treize enquêtes pénales, dont deux pour pillages, déjà closes car les plaignants ne se sont pas présentés. Les autres cas concernent des épisodes tristement célèbres du conflit, comme la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014. Six autres dossiers ont été renvoyés au parquet en vue de l'ouverture d'une enquête criminelle, après un processus de vérification initial.

Ces procédures internes n'inspirent guère confiance. En septembre, deux ONG israéliennes, B'Tselem et Yesh Din, ont annoncé qu'elles cessaient toute coopération avec le parquet. Les résultats des investigations antérieures les ont convaincues. Après la guerre de 2008-2009 dans la bande de Gaza (près de 1 400 Palestiniens tués), 52 enquêtes avaient été ouvertes. La sentence la plus sévère – quinze mois de prison dont la moitié avec sursis – concerna un soldat coupable du vol d'une carte de crédit. Après l'opération " Pilier de défense ", en novembre 2012 (167 Palestiniens tués), une commission interne a été mise en place, mais aucune enquête ouverte. Le comportement de l'armée fut jugé " professionnel ".

Piotr Smolar

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 21 Août 2015

Même en matière d'immobilier, il existe de fausses bonnes idées...

Très clairement, la décision de Margaret Thatcher en 1980 d'avoir instauré le "droit à acheter" a été une bêtise. Quand on brade des logements, on devient moins riche et quand on devient moins riche, on ne peut plus financer des mesures sociales d'aide au logement. L'aide au logement doit être focalisée sur la location. En effet, tous les habitants pauvres ne restent pas nécessairement pauvres toute leur vie. Aider les pauvres au départ, pour arrêter de les aider quand ils sont devenus moins pauvres, vaut mieux que de leur donner un beau cadeau sur l'argent du contribuable.

Même en matière d'immobilier, il faut se méfier du populisme, de la démagogie et des fausses bonnes idées, car, à force de dépenser l'argent à faire de beaux cadeaux, il n'en reste plus du tout pour ne serait-ce qu'aider partiellement les futurs pauvres...

Il faut donc focaliser les aides sur un accès au logement en locatif dans un premier temps car l'aide à l'accession est trop chère et ne permet pas d'aider autant de monde. De plus, l'aide pour l'accession à la propriété peut créer des effets d'aubaine plus que malsains car ne pouvant être donnés à tous.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 30 Avril 2015

************************

Royaume-Uni : le blues de la " génération location "
A une semaine des législatives, les candidats débattent du sujet qui intéresse tous les électeurs : comment se loger à un prix décent ? Dans ce pays obsédé par l'immobilier, le taux de propriétaires recule

Outre-Manche, le logement est enfin un sujet de la campagne électorale. A une semaine du scrutin législatif du 7 mai, et alors qu'un dernier débat télévisé entre les candidats est organisé jeudi 30 avril, la question qui brûle les lèvres d'une large partie de la population – comment se loger à un prix décent ? – est enfin abordée. Le premier ministre conservateur, David Cameron, et le leader travailliste, Ed Miliband, ont fait des propositions : vente à bas prix de logements sociaux pour le premier, exonération du droit de timbre pour les primo-accédants et encadrement des loyers pour le second. " Des cautères sur une jambe de bois ", estime Christian Hilber, de la London School of Economics.

Le Royaume-Uni subit une crise généralisée du logement, aiguë à Londres et dans le sud-est de l'Angleterre. Dans ce pays obsédé par l'immobilier, où on ne peut être invité à un dîner sans que le sujet soit abordé, le taux de propriétaires baisse depuis dix ans. Il est passé de 70 % à 64 % de la population. Dans le Grand Londres, le prix moyen d'une propriété atteint 7,5 fois le revenu moyen, moitié plus qu'il y a quatre ans. Inabordable pour l'immense majorité de la population.

Tant et si bien que les plus jeunes sont désormais surnommés la " génération location ". En 2001, 58 % des 25-34 ans possédaient leur logement ; ils sont aujourd'hui moins de 40 %. Ils subissent d'ailleurs l'envolée des loyers, qui repousse les classes moyennes vers des banlieues toujours plus lointaines.

" Nettoyage social "

Pour saisir l'ampleur du phénomène, il faut commencer par regarder vers le bas de l'échelle sociale. Sam Middleton, 21 ans, mère célibataire, son bonnet enfoncé sur ses longs cheveux roux, a tenu tête aux autorités locales et refusé le " nettoyage social " en cours.

L'histoire remonte à septembre 2013. Après avoir été pendant un an sans domicile fixe, Sam se retrouve enceinte. La mairie de Newham, dans l'est de Londres, lui trouve une place dans un foyer, appelé " Focus E15 ", non loin du parc qui a reçu les Jeux olympiques en 2012. Des jeunes mères y habitent depuis deux ou trois ans. Mais bientôt, vingt-neuf d'entre elles reçoivent une lettre leur annonçant leur expulsion. La raison : du fait de coupes budgétaires, les aides sociales doivent être réduites. La mairie de Newham leur propose bien des appartements… mais à Manchester, à Birmingham ou à Hastings, à des centaines de kilomètres de leur quartier.

" On a protesté mais on ne pensait pas qu'on nous écouterait ", se rappelle Sam. Contre toute attente, l'affaire passionne, surtout quand, en septembre 2014, les jeunes mères occupent deux semaines durant les appartements vacants du Carpenters Estate, des logements sociaux de Newham en bon état mais qui devaient être démolis. Toutes seront finalement relogées localement. Mais elles font figure d'exception : Newham compte 16 000 personnes en liste d'attente pour un logement social.

Ce sont trois décennies de politique du logement qui ont abouti à cette situation. Dans les années 1980, Margaret Thatcher lance la révolution, très populaire, du " droit à acheter " (" right to buy "), qui permet aux habitants de logements sociaux d'acheter leur appartement à un prix cassé. Le nombre de logements sociaux chute ; les municipalités n'ont jamais reconstruit autant qu'elles ont vendu. Aussi, les nouvelles constructions privées ont été limitées quand la population augmentait fortement. Les prix se sont envolés, surtout dans la capitale.

Pour compenser, l'Etat soutient financièrement des millions de Britanniques modestes qui louent. La facture a plus que triplé depuis 1989, à 35 milliards de livres (49 milliards d'euros) actuellement. Pendant les années d'austérité qui ont suivi la crise de 2008, le gouvernement de David Cameron a plafonné ces aides, pour le grand malheur des Londoniens, qui payent les loyers les plus chers.

Peu de logements sociaux, des prix astronomiques. La crise immobilière n'épargne personne. Janice Graham, 58 ans, est la mère de l'une des jeunes femmes mises à la porte de Focus E15. Son fils aîné – il a 36 ans – est revenu s'installer chez elle après son divorce. Il est postier et a un emploi fixe mais avec un enfant à charge ; il n'arrive pas à se loger à un prix abordable. Depuis cinq ans, il attend un logement social. " Tous les vendredis et lundis, la mairie de Newham met sur son site les nouveaux appartements disponibles. La dernière fois, il y en avait six. Il a aussitôt posé sa candidature mais il était déjà 80e sur la liste d'attente ", témoigne Mme Graham.

Six déménagements en six ans

Un gros cran social au-dessus se trouve Brianna L'Hostis. A 29 ans, cette mère de deux jeunes enfants se décrit comme membre de la classe moyenne. Elle enseigne le catéchisme à mi-temps et son mari est ingénieur, en début de carrière. " Ces six dernières années, j'ai déménagé six fois ", se souvient-elle.La raison ? Chaque année, les loyers augmentent violemment. Au Royaume-Uni, ils ne sont pas encadrés. M. Miliband propose de changer cela s'il est élu, en limitant la hausse des prix au niveau de l'inflation pour une période de trois ans.

Mme L'Hostis a pu trouver une maison avec trois chambres à un prix raisonnable, grâce à des connaissances. Mais le loyer de 1 150 livres par mois(1 600 euros) dévore près de la moitié des revenus du couple. " On fait attention à tout. On n'a pas de voiture, on marche pour éviter les transports en commun… Les mois où il faut acheter des chaussures sont stressants. " Elle a appris, à son grand soulagement, que son loyer ne va pas augmenter pour une deuxième année consécutive.

Son amie Lucia Hall, 33 ans, est tout en haut de la hiérarchie sociale de la " génération location ". Elle aussi a deux enfants en bas âge. Entre son emploi dans une école privée à temps partiel et son mari enseignant, le foyer gagne 60 000 livres (85 000 euros) par an. Le double du revenu moyen d'un ménage britannique. Pourtant, ils logent chez les parents de Lucia.

" On pourrait de justesse payer un loyer. Mais pour un appartement minuscule ", assureLucia. Si on louait, on ne pourrait jamais économiser pour payer l'avance nécessaire pour avoir un emprunt immobilier. " Elle regarde la résidence de ses parents, une belle maison de six pièces à Ealing, un quartier bourgeois de l'ouest de Londres : " Ça vaut 1,75 million de livres (2,5 millions d'euros). Ils l'ont achetée dix fois moins il y a vingt ans. " Quand elle était petite, ça lui paraissait évident : elle aussi aurait une grande maison. Aujourd'hui, c'est un rêve inatteignable.

éric Albert

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 20 Août 2015

Même les juges ne sont pas au dessus des Lois !

Franchement, pour le pays inventeur des Droits de l'Homme, ça la fout mal... Se faire condamner par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour des motifs aussi triviaux, ça jette le discrédit sur notre pays, la honte aussi...

En plus, on ne se limite pas à une condamnation mais bel et bien à deux ! Effectivement, tant qu'à se faire condamner, autant le faire franchement !

Qu'est-ce qu'on nous reproche au juste ?

1. Le fait que la justice ait protégé abusivement ses juges (vous remarquerez le mécanisme de juge et parti) alors que ces mêmes juges avaient refusé de manière honteuse de donner tous les éléments à un avocat.
2. Une garde à vue trop poussée d'un avocat.

Ces deux éléments jettent un discrédit grave sur l'image de notre pays. C'est un véritable camouflet que vient de subir l'image de la France à cause de pratiques judiciaires honteuses.

Les magistrats, à l'origine de cette affaire, ne méritent pas leur robe.

Madame Marie-Paule Moracchini doit donc être démise de ses fonctions pour avoir ouvertement outrepassé ses fonctions en omettant d'avoir donné des éléments importants à la famille de la victime et en ayant refusé qu'un avocat puisse être présent lors d'une reconstitution.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Mai 2015

*****************

Double condamnation de la France en faveur des avocats
La Cour européenne des droits de l'homme a donné raison à Me Morice dans l'affaire Borrel, consacrant et encadrant la liberté d'expression des avocats

L'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme qui a condamné la France, le 23 avril, fera date à plusieurs titres : il consacre et encadre minutieusement la liberté d'expression des avocats, sanctionne quinze ans de combat dans un dossier fameux, l'affaire Borrel, et a de surcroît été adopté à l'unanimité des 17 juges de la Grande Chambre, la plus solennelle formation de la Cour de Strasbourg – alors que depuis des années, les arrêts sur la liberté d'expression étaient au contraire adoptés à une courte majorité.

Les juridictions françaises ont reçu un second camouflet le même jour, et la France a été condamnée une seconde fois pour le placement en garde à vue, " ni justifié ni proportionné ", d'un avocat venu défendre dans un commissariat un mineur qui se plaignait de violences policières.

La Cour connaît bien l'affaire Borrel, qui a déjà donné lieu à une condamnation de la France en 2008. Bernard Borrel était un magistrat détaché à Djibouti et retrouvé mort, en partie carbonisé, dans des conditions passablement suspectes en 1995. Les deux juges d'instruction français, Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, penchaient, comme les autorités de Djibouti, pour un suicide ; la veuve du magistrat et son avocat, Olivier Morice, pour un assassinat.

Les relations de Me Morice avec Mme Moracchini sont rapidement devenues rugueuses, surtout lorsqu'elle lui a refusé d'être présent à une reconstitution sur les lieux. La cour d'appel de Paris a finalement donné raison à l'avocat et dessaisi les deux magistrats du dossier le 21 juin 2000.

Quand Me Morice a demandé au nouveau juge désigné à consulter la vidéo de la reconstitution, le magistrat lui a répondu qu'il ne l'avait pas en magasin. Mme Moracchini avait effectivement omis de lui transmettre la cassette, de la coter au dossier et même d'ouvrir l'enveloppe. Il y avait à l'intérieur un petit mot aimable du procureur de Djibouti : " Salut Marie-Paule. (…) J'ai regardé l'émission “Sans aucun doute” sur TF1. J'ai pu constater à nouveau combien Mme Borrel et ses avocats sont décidés à continuer leur entreprise de manipulation. " Il concluait en lui demandant de " passer le bonjour à Roger " (Le Loire).

Me Morice, furieux, a dénoncé à la chancellerie " un comportement parfaitement contraire aux principes d'impartialité et de loyauté ", et assuré au Monde, le 8 septembre 2000, que la lettre démontrait " l'étendue de la connivence entre le procureur de Djibouti et les magistrats français ". Les deux juges ont porté plainte et obtenu gain de cause jusqu'en cassation, " les limites admissibles de la liberté d'expression dans la critique de l'action des magistrats ayant été dépassées ".

La suite a cependant plutôt donné raison à Me Morice. Le procureur de Paris a indiqué en 2007 que l'enquête sur la mort de Bernard Borrel s'orientait vers " un acte criminel ", et le procureur de Djibouti a été condamné l'année suivante pour subornation de témoin, avant d'être relaxé en appel. C'est ainsi que l'avocat a saisi en mai 2010 la Cour européenne, en lui demandant de définir la liberté d'expression de l'avocat hors du prétoire : les droits à la critique de l'avocat devant le tribunal sont déjà bien définis.

" Débat d'intérêt général "

La 5e section de la Cour, chargée notamment des affaires françaises, a donné raison à Me Morice en 2013 sur un point : un conseiller de la Cour de cassation avait publiquement défendu Mme Moracchini neuf ans avant de siéger sur le dossier Borrel : il aurait dû se déporter – " il faut non seulement que justice passe, dit un adage anglais, mais qu'elle soit vue comme passée ". En revanche, elle ne l'a pas suivi sur la liberté d'expression hors du prétoire. La Grande Chambre de la Cour a alors été saisie, ce qui n'a rien d'automatique, et a cette fois donné raison à l'avocat au terme d'un raisonnement méticuleux.

La Cour met en balance deux impératifs contradictoires : la liberté d'expression en général, celle des avocats en particulier, et le droit des magistrats à être protégés des attaques infondées – alors qu'il leur est interdit d'y répondre. La critique, même " virulente " ou d'un " ton acerbe ", est admise " dans le cadre d'un débat d'intérêt général ", en raison du droit d'informer le public.

Il faut bien sûr des éléments sérieux, et " il est indispensable que l'intéressé se voie offrir une chance concrète et effective de pouvoir démontrer que ses allégations reposaient sur une base factuelle suffisante. Tel n'a pas été le cas ", estime la Cour. Elle juge enfin que, vu le contexte, le terme " connivence " ne portait pas gravement atteinte à l'honneur de Mme Moracchini, et qu'" un avocat doit pouvoir attirer l'attention du public sur d'éventuels dysfonctionnements judiciaires ", la justice pouvant " tirer un bénéfice d'une critique constructive "…

La Cour a accordé à l'unanimité de gros dommages à Me Morice (34 000 euros) et, petite curiosité, le juge français, qui a donc changé d'avis depuis 2013, n'a pas jugé nécessaire de l'expliquer dans une opinion séparée. " C'est une victoire personnelle et une victoire pour l'ensemble de la profession, s'est félicité Me Morice. J'y vois la volonté solennelle de la Cour européenne de consacrer notre droit à révéler les dysfonctionnements, notamment dans les affaires qui concernent la raison d'Etat. "

Franck Johannès

Une autre condamnation par la CEDH

La France a également été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme le 23 avril pour avoir placé sans justification un avocat en garde à vue. Me Daniel François était venu, le 31 décembre 2012, assister un mineur au commissariat -d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Le jeune se plaignant de violences policières, l'avocat avait exigé qu'il soit conduit à l'hôpital, mais le ton était monté et l'avocat avait été à son tour placé treize heures en garde à vue, sommé de passer un alcootest – qui s'était révélé négatif – et fouillé à nu. La Cour -européenne a fait part de ses " sérieux doutes " sur la nécessité du contrôle d'alcoolémie et de la fouille à nu – qui n'était pas -encore interdite dans ces conditions. Reste que ces mesures " excédaient les impératifs de sécurité et établissaient au contraire une intention étrangère à la finalité d'une garde à vue ".

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 19 Août 2015

Des décisions honteuses pour la maîtrise des dépenses

Il faudrait savoir ! D'un côté on rend les Universités indépendantes et maîtresses de leur budget, et de l'autre, on taxe celles qui ne dépensent pas assez ! C'est honteux et scandaleux !

Du coup, ça donne une légitimité à ceux qui ne font pas d'efforts budgétaires !

En effet, à quoi cela sert-il de faire des efforts si l'Etat, dans sa grande bonté, joue les Robins des bois de paquotille en allant prendre aux riches pour donner aux pauvres ?

Avec ce genre de méthodes, il ne m'étonne donc plus du tout que Bercy et l'IGF excusent M. Mathieu Gallet d'avoir tant dépensé pour la rénovation de son bureau, et que les comptes de l'Etat soient à ce point désastreux !

On nous vante à chaque instant que nous sommes gouvernés par des génies et par des gens brillants ! Force est de constater que nous sommes avant tout gouvernés par des gens qui ne savent absolument pas gérer un budget et se conduisent perpétuellement comme des cigales et non comme des fourmis responsables !

Pauvre France !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Avril 2015

*********************

Les universités soumises à un " exercice de solidarité " inédit
L'Etat a décidé de ponctionner 47 établissements de 100 millions d'euros pour financer le budget de l'enseignement supérieur
Elles patientent depuis six mois, mais l'attente est en passe de prendre fin. Lundi 27 avril, universités et écoles d'ingénieurs publiques connaîtront la dotation que l'Etat leur versera en 2015. Et, parmi elles, celles qui sont désignées pour participer à un inédit " exercice de solidarité " - selon l'expression du ministère de l'éducation nationale - de 100 millions d'euros seront également fixées sur leur sort.

Si leur budget, voté par le Parlement, est stable (à 12,8 milliards d'euros), l'ensemble des établissements qui dépendent du ministère de l'enseignement supérieur recevront cependant 200 millions supplémentaires cette année. Pour les financer, l'Etat dégage 100 millions d'euros grâce à la fin du chantier de désamiantage de Jussieu. L'autre moitié sera récupérée sur la dotation prévue de 47 établissements, l'Etat considérant qu'ils ont mis trop d'argent de côté ces dernières années.

Sont concernés 11 universités sur 76, 25 écoles d'ingénieurs sur 36 et 12 " grands établissements ". Les règles prudentielles imposent aux universités d'avoir au moins 30 jours de réserve - les " fonds de roulement " - devant elles. L'Etat s'est intéressé aux établissements qui avaient économisé plus du double (soit 65 jours). Selon un rapport des inspections générales de Bercy et du ministère de l'éducation remis le 10 avril, sur un total de 1,4 milliard d'euros de fonds de roulement, " de 350 à 375 millions d'euros ne sont pas engagés - dans des projets - et sont donc mobilisables ", précise le ministère. Manière de montrer que l'Etat, qui n'en retient que 100, est resté mesuré.

Cette modération affichée ne suffira sans doute pas à calmer la colère qui sourd sur les campus, surtout dans les établissements les plus touchés : l'université d'Artois (Pas-de-Calais) se voit retenir 24 millions d'euros mais ses réserves s'élevaient à 161 jours ! Lille-II 8,8 millions, Paris-II-Panthéon-Assas 7,7 millions… " La solidarité, très bien, j'y suis très attaché, indique Xavier Vandendriessche, président de l'université Lille-II. Mais j'y participe déjà à hauteur de 8 millions par an, somme qui devrait nous revenir, à en croire l'Etat lui-même, mais qu'il ne nous verse pas ! Par ailleurs, la solidarité ne devrait pas connaître de limites. D'accord pour partager l'argent, mais il faut aussi partager les postes… Il m'en manque 484, quand d'autres en ont 700 ou 800 en trop. "

Le fonds de roulement de Lille-II passera de 90 à 72 jours. L'université avait mis 43 millions de côté. " Pourquoi se fait-il que mon établissement dispose de cette somme ? poursuit M. Vandendriessche, parce que notre université a toujours été gérée avec mesure et rigueur. Nous essayons d'être efficaces en utilisant le moins d'argent possible. Aujourd'hui, le plafond de la fac de médecine fuit et l'IUT de Roubaix s'effondre. Si on me prend mes fonds de roulement, comment je fais les réparations ? "

Côté écoles d'ingénieurs, la colère est tout aussi vive. " C'est une mesure scandaleuse et inéquitable, estime François Cansell, président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI). Cela fait des années que nous assainissons nos comptes. Ce sont ceux qui y ont le plus travaillé qui seront pénalisés. " Comme lui, M. Vandendriessche déplore le message ainsi envoyé à la communauté universitaire : " C'est la prime à une gestion dispendieuse, s'agace-t-il : allez-y, dépensez votre argent ! A la fin, il n'y aura aucune conséquence, l'Etat fera une rallonge en prenant de l'argent aux autres… "

Excès de prudence
Ce n'est vraiment pas comme cela que l'on voit les choses au ministère. Sans oser prononcer les mots de " mauvais gestionnaire " à propos des établissements qui économisent trop, une source proche du dossier considère que " ce n'est pas une prime à la mauvaise gestion. Au contraire : des réserves prudentielles excessives ne sont pas signe de sagesse et de cohérence. L'excès de prudence n'est plus de la prudence. Les universités doivent développer une culture de l'investissement ". Le ministère rappelle d'ailleurs que " l'opération n'obère pas la capacité des établissements à investir : il a été tenu compte des projets d'investissement d'ores et déjà engagés, qui ont été placés en dehors de l'assiette de l'opération de mobilisation ".

L'Etat insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas de réaliser des économies, mais de financer des mesures " qui étaient parfois attendues depuis longtemps par la communauté universitaire " : la compensation des frais d'inscription qui ne sont pas payés aux universités par les étudiants boursiers et l'augmentation mécanique des rémunérations (baptisée " glissement vieillissement technicité "). L'argent permettra également de financer des mesures catégorielles et les 1 000 emplois supplémentaires promis en 2015. Reste un point : l'opération sera-t-elle reconduite en 2016 ? Au ministère, l'idée ne choque pas.

Benoît Floc'h

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 18 Août 2015

Il faut stopper les frais liés à la chirurgie réparatrice des cancers du sein !

Dans ces dossiers, la solidarité nationale doit jouer à plein. Il n'est pas normal que les victimes des cancers du sein aient tant à payer pour se payer une chirurgie réparatrice. Le "reste à charge" doit être payé par la collectivité publique afin d'offrir un semblant de vie normal à ces victimes qui ont déjà trop payé de leur personne face à la maladie.

La double peine maladie-dépenses doit être abolie et l'ensemble des Français doivent être mis à contribution pour que ces femmes puissent se reconstruire et guérir, physiquement et psychologiquement.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 Avril 2015

*******************

Après une ablation du sein, des freins à la reconstruction mammaire
Dans une étude menée auprès de 1 000 femmes, la Ligue contre le cancer rapporte les peurs des patientes et les coûts très élevés
Ne me laissez pas avec la moitié d'un corps d'homme. " En août 2014, avant de subir une mastectomie pour soigner son cancer du sein, Juliette Valette, 38 ans, avait prévenu son chirurgien, à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) : une reconstruction mammaire devait suivre l'ablation. " Je ne pouvais pas m'imaginer sans sein. Je l'auraisvécu comme une perte de féminité. " Comme elle, après une ablation, 52 % des femmes se font reconstruire la poitrine. Mais 25 % choisissent de ne pas le faire, par refus d'une nouvelle intervention ou parce qu'elles ne jugent pas l'intervention vitale. Et 23 % sont dans un processus de réflexion.

C'est ce que montre la Ligue contre le cancer dans le rapport annuel de son Observatoire sociétal des cancers, publié jeudi 23 avril. A partir des réponses de 1 000 femmes ayant subi une mastectomie et d'entretiens individuels, l'association montre les freins psychologiques et financiers à la reconstruction mammaire. En France, 170 000 femmes souffrent d'un cancer du sein, et 20 000 mastectomies sont pratiquées chaque année.

Aude, une Nantaise de 49 ans qui souhaite rester anonyme, porte une prothèse externe. " Pour l'instant, la reconstruction, c'est plutôt non. Un sein en moins ne m'empêche pas de vivre ", dit-elle. Elle y réfléchit parfois cependant, mais est rebutée à l'idée d'une nouvelle opération qui l'éloignerait du travail.

Si le frein majeur est d'ordre psychologique (peur de l'intervention chirurgicale ou du résultat…),14 % des femmes qui ne souhaitent pas de reconstructionmettent en avant des raisons financières : l'Assurance-maladie prend en charge à 100 % les traitementspour les patients souffrant d'une affection de longue durée (ALD) comme le cancer. Mais, après la mastectomie, certaines dépensessont peu ou pas remboursées. Pour les femmes qui choisissent de ne pas faire reconstruire leur poitrine, le montant restant à charge s'élève à 256 euros par an. Les prothèses externes, par exemple, qui coûtent entre 70 et 220 euros et doivent être changées tous les ans, sont remboursées 70 euros.

" J'ai payé de ma personne "
Dans le cas d'une reconstruction, ce sont les dépassements d'honoraires qui pèsent le plus dans le budget, avec un reste à charge moyen de 1 391 euros. Une situation que connaît bien Delphine Camsat, 42 ans. En 2014, deux ans après sa mastectomie, elle s'oriente vers une technique peu connue – une sorte de ventouse qui décolle la peau pour créer une cavité et y injecter de la graisse, sans nouvelle cicatrice. Le procédé n'est pas pris en charge par la Sécu. " L'appareil coûte 1 500 euros et les dépassements d'honoraires pour l'intervention 2 300 euros, dit-elle, devis à l'appui. J'ai payé suffisamment de ma personne. J'ai des enfants en bas âge, un crédit pour la maison, je n'allais pas faire un crédit pour me faire reconstruire. "

Delphine Camsat se résigne alors à opter pour une technique moins chère et cherche un praticien sans dépassement d'honoraires. Même après l'intervention, les dépenses continuent : " Les frais de transport pour voir les spécialistes, les séances chez l'ostéopathe, les pommades pour les cicatrices. Tout ça mis bout à bout, ce n'est pas négligeable ! "

" Le retour à une vie normale passe aussi par le fait d'avoir des projets, mais certaines femmes doivent y renoncer à cause de ces frais ", note Emmanuel Jammes, délégué à la mission société et politique de santé de la Ligue. L'étude montre par conséquent que les femmes actives, bénéficiant de hauts revenus et bien remboursées par leur mutuelle, ont davantage recours à la reconstruction.

L'association propose plusieurs pistes pour en finir avec ces freins : fixer un prix limite de vente pour les prothèses externes, recenser les praticiens sans dépassement d'honoraires et informer sur la possibilité de négocier ce dépassement. L'enquête montre également que neuf femmes sur dix ayant subi une reconstruction jugent celui-ci " inacceptable ".

Maurane Speroni

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 17 Août 2015

Quand M. Nicolas Sarkozy persiste et signe dans la connerie !

M. Nicolas Sarkozy n'est pas un idiot, pas plus un imbécile. A ce niveau là, c'est un con, et un con de première en plus !

M. Nicolas Sarkozy a perdu contre un candidat qui n'avait jamais été ministre et qui a représenté un second choix suite aux affaires Strauss-Kahn. Quand on perd contre quelqu'un qui est faible, ne doit-on pas se poser des questions ?

M. Nicolas Sarkozy avait gagné en 2007 en allant chasser sur les terres du FN. En 2012, il a eu, face à lui, un candidat différent, beaucoup plus fin et bien plus fédérateur. Quand on a un adversaire différent, on utilise une tactique différente. Las, ce qui avait réussi en 2007 a lamentablement échoué en 2012 : chasser sur les terres du FN marche bien contre Jean-Marie Le Pen, beaucoup moins bien contre Marine Le Pen qui offre l'avantage d'être l'originale par rapport à la copie.

La campagne de 2012 de Sarkozy a été un échec car le parti s'est déporté sur sa droite tout en faisant l'effet de repoussoir vers le centre : Mme Corinne Lepage et M. François Bayrou se sont écartés, à juste titre il me semble, d'une candidature beaucoup trop nauséabonde aux vues des valeurs Républicaines.

Cette "martingale gagnante" est donc purement et simplement une connerie qui doit être écartée, pour les raisons suivantes :

1. La perte de l'élection présidentielle en 2012 face à un candidat de seconde zone, montre que cette tactique ne marche pas
2. L'électorat FN préfèrera toujours l'original face à la copie, d'autant plus que la copie a, actuellement, un vernis beaucoup plus respectable !
3. Dans le triptyque, la priorité des engagements va à l'immigration. C'est le terreau essentiel du FN et représente le fondement du pourquoi l'électorat FN préfèrera toujours la copie à l'original !

Bref, tant que M. Nicolas Sarkozy persistera face à la bêtise, il échouera et sa martingale n'entraînera que sa défaite comme elle a déjà entraîné la défaite de 2012...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Avril 2015

***************

Face au FN, Sarkozy pense avoir trouvé la " martingale gagnante "
Le président de l'UMP était attendu à Nice, mercredi, pour soutenir la candidature de M. Estrosi aux régionales, face à Marion Maréchal-Le Pen
C'est une nouvelle étape dans l'opération reconquête de Nicolas Sarkozy en vue de la présidentielle de 2017 : le président de l'UMP devait effectuer un déplacement à Nice, dans les Alpes-Maritimes, mercredi 22 avril. L'occasion de roder sa stratégie face au Front national dans ce Sud-Est où l'extrême droite exerce une forte pression sur l'électorat de l'UMP.

Au menu : une réunion publique pour appuyer la candidature de Christian Estrosi, chargé de conduire la liste UMP en Provence-Alpes-Côte d'Azur aux élections régionales de décembre. Le maire de Nice sera opposé à Marion Maréchal-Le Pen, investie tête de liste du FN après le retrait de Jean-Marie Le Pen. La mise à l'écart du grand-père, qui illustre la volonté de Marine Le Pen de " dédiaboliser " sa formation, incite M. Sarkozy à poursuivre dans la stratégie qu'il a mise en œuvre pour attirer les électeurs du FN et contenir le risque d'hémorragie de ses troupes vers le parti frontiste. Sa méthode ? Exclure toute alliance avec le FN, mais reprendre ses thématiques traditionnelles (dénonciation de l'immigration, du communautarisme et de l'" assistanat ") tout en se démarquant sur le projet économique.

C'est, selon le camp Sarkozy, le triptyque gagnant face à l'extrême droite. " Pour endiguer le FN, il faut montrer que la barrière est infranchissable en refusant toute alliance. A partir du moment où la digue est érigée, on peut aller très loin en s'approchant le plus possible de la frontière ", estime l'ex-ministre Eric Wœrth. " On a vu lors des élections départementales que la martingale gagnante consiste à taper le FN sur l'économie, tout en assumant nos valeurs sur l'assistanat et le communautarisme ", abonde Laurent Wauquiez, numéro 3 de l'UMP.

M. Sarkozy suit cette stratégie à la lettre, y voyant aussi un moyen de se démarquer du positionnement plus modéré d'Alain Juppé, son principal rival pour la primaire. D'un côté, il érige les sujets identitaires comme des priorités, en ne cessant de faire des clins d'œil à l'électorat frontiste. Il affirme par exemple que " l'immigration menace notre façon de vivre ", plaide pour l'" assimilation ", et répète sa volonté de " maîtriser les flux migratoires ". Il dit aussi vouloir en finir avec le communautarisme et surfe sur l'islamophobie rampante dans la société, en proposant d'interdire le voile à l'université et les menus de substitution dans les cantines scolaires.

Maîtrise des impôts
D'un autre côté, M. Sarkozy accuse Marine Le Pen d'avoir " le même programme économique que Jean-Luc Mélenchon ", en dénonçant sa volonté de sortir de la zone euro ou sa promesse d'instaurer la retraite à 60 ans. Défenseur des entreprises et partisan d'une maîtrise des impôts, il s'érige également en contempteur de l'" assistanat ",thème dont il a fait une priorité au cours des dernières semaines. Mercredi, il devait ainsi assister à Nice à la présentation par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, du bilan de la lutte contre la fraude au RSA dans le département. Le 8 avril, il avait déjà demandé aux présidents des départements de droite d'expérimenter l'obligation pour les allocataires du RSA de travailler sept heures par semaine. Une mesure proposée pendant son quinquennat par Laurent Wauquiez, aujourd'hui secrétaire général de l'UMP.

" M. Sarkozy envoie tous les signaux pour que la porosité avérée entre les électorats de droite et d'extrême droite se fasse au bénéfice de son parti et non au profit du FN ", analyse le politologue Gaël Brustier. " On observe chez les Français une demande de libéralisme économique, ainsi qu'une demande de sécurité et une inquiétude sur les sujets identitaires. M. Sarkozy cherche à y répondre, en insistant sur ce qui sépare l'UMP et le FN sur le terrain économique pour attaquer la crédibilité gouvernementale du parti de Marine Le Pen ", complète Pascal Perrineau, ancien directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

Il n'a pas échappé à M. Sarkozy que, dans les sondages, les électeurs UMP et FN convergent sur les questions identitaires, alors qu'ils restent profondément opposés sur les sujets économiques. 90 % des sympathisants UMP se retrouvent par exemple sur la proposition du parti d'extrême droite de diviser par vingt le nombre d'immigrés qui entrent chaque année en France, selon une étude IFOP pour Le Figaro magazine publiée le 3 avril. La sortie de la zone euro reste, en revanche, la vraie ligne de clivage entre sympathisants UMP et FN.

Alexandre Lemarié

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 14 Août 2015

M. Mathieu Gallet doit quitter ses fonctions ! 2/2

Comme je l'ai déjà dit, cette exonération pose question. En quoi l'IGF absout-elle un président qui est, par définition, responsable des dépenses de l'organisme qu'il dirige ? Tout simplement car l'IGF se dit que si elle condamne les pratiques d'un président de radio, elle devra aussi critiquer ses propres pratiques, et là, faut pas déconner !

M. Mathieu Gallet n'a pas procédé à des dépenses abusives ? En effet, tout est relatif...

68 000 euros de rénovation de boiseries d'un bureau ! Il ne faut pas déconner ! On rénove deux appartements de 50m² entièrement pour ce prix ! On y dit que le président n'a pu exercer d'influence alors même qu'il est président ! A la maison de la Radio, un président n'a pas d'influence ? A quoi il sert alors ? Il aurait pu suspendre les travaux selon lui... à mon avis, il aurait DU : la nuance est d'importance...

Comment on peut justifier 35 000 Euros pour changer des moquettes, un mobilier et des stores ? Au contraire du rapport, je dis que cette dépense est beaucoup trop élevée quand on est financé par l'argent du contribuable et que l'entreprise que l'on dirige est en difficulté !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Avril 2015

********************

Le PDG de Radio France exonéré sur ses dépenses
L'Inspection générale des finances estime que Mathieu Gallet n'a pas procédé à des dépenses abusives
Si l'IGF n'a relevé aucune entorse aux règles, elle se permet néanmoins d'" appeler particulièrement l'attention du président de Radio France sur l'importance de l'exemplarité des actions non seulement sur le fond mais aussi sur leur processus de décision ". En clair, M. Gallet aurait pu se montrer plus sensible au contexte et anticiper le fait qu'un changement de mobilier choquerait forcément au sein d'une entreprise s'apprêtant à endurer un plan d'économies et des suppressions de postes. " Il aurait pu surseoir à ces dépenses ", répète Jean-Paul Quennesson, membre de l'Orchestre national de France et délégué syndical (SUD).

L'IGF, qui a commencé son enquête le 30 mars, s'est donc penchée sur la rénovation du bureau présidentiel, mais aussi sur le contrat de communication conclu entre Radio France et Denis Pingaud pour un montant de 96 000 euros, ainsi que sur le changement de la voiture de service du PDG – deux autres dépenses qui avaient été relevées par la presse, fin mars.

Sur le bureau, les conclusions de l'IGF valident la défense de M. Gallet. Sur les 104 000 euros dépensés, 68 000 euros " de rénovation des boiseries en palissandre de Rio avaient un caractère patrimonial et étaient liés à des décisions sur lesquelles l'actuel président n'a pas pu exercer d'influence, car antérieures à son arrivée ". L'IGF rappelle néanmoins que M. Gallet aurait pu décider de suspendre cette rénovation, comme il l'avait lui-même reconnu dans un entretien au Monde.

Les 35 000 euros restants, correspondant à un changement de moquette, de mobilier et de stores, dans un bureau qui n'était pas hors d'âge, semblaient moins justifiables. Mais " la mission n'a pu retrouver d'éléments écrits permettant d'établir avec certitude l'origine de la décision, entre le président ou la direction de la réhabilitation ", qui pilote le chantier de la Maison de la radio. La seule intervention traçable de M. Gallet est le choix de sa table de réunion. Le rapport estime que cette dépense de 35 000 euros n'est " pas injustifiée " compte tenu des " fonctions de représentation " exercées par le PDG.

Autre élément qui a nourri la polémique : le contrat de communication conclu en juin 2014 avec Denis Pingaud, qui conseillait déjà M. Gallet quand celui-ci était président de l'Institut national de l'audiovisuel (INA). Ce contrat " n'est inhabituel (…) ni par son contenu ni par ses modalités de passation ", observe le rapport. Une clause de tacite reconduction, présente dans la première version du contrat, a été retirée dès juin 2014 sur recommandation de la direction juridique de l'entreprise, afin qu'une mise en concurrence puisse avoir lieu au bout d'un an. Le rapport rappelle que sous la présidence antérieure, un contrat équivalent existait, et comportait, lui, une clause de tacite reconduction – M. Gallet a donc, en ce sens, amélioré les choses.

" Nécessaire modernisation "
L'IGF valide également l'" effectivité de la prestation " du conseiller de Radio France : en dix mois, 350 courriels ont été échangés entre M. Pingaud et des membres du comité exécutif et il a assisté à 23 réunions, selon le rapport, sur des sujets concernant l'entreprise, pas uniquement l'image de M. Gallet.

Enfin, concernant le véhicule de service du PDG, " le changement (…) avait été prévu dès le mois de mai 2013 - avant sa prise de fonctions - et s'est s'inscrit dans le cadre des règles de l'entreprise, que ce soit pour les critères d'obsolescence de la précédente C6 (cinquante-trois mois et 121 383 km), ou pour le choix du modèle de l'actuelle 508 ".

Les enquêteurs ont aussi passé au crible les dépenses du comité exécutif (supérieures à 100 euros) et les choix des fournisseurs les plus récents. " Aucune des dépenses examinées, du président ou d'un membre du Comex - comité exécutif de Radio France - , ne présente de caractère anormal ou disproportionné par leur nature ou leur montant ", conclut le rapport. Tout juste souligne-t-il la justification fragile de deux voyages effectués par M. Gallet, l'un au Brésil au moment de la Coupe du monde de football, l'autre en Chine pour participer au sommet Young Leaders. Le rapport suggère, enfin, que l'entreprise se dote de règles plus transparentes en matière de contrôle et de publicité des dépenses. " Certaines dispositions nouvelles pourraient néanmoins utilement être mises en place afin que leur acceptabilité ne soit plus remise en cause ", propose le rapport. " Je n'ai jamais douté des conclusions de l'enquête de l'Inspection générale des finances, a réagi M. Gallet. L'important, maintenant, c'est l'avenir du service public de la radio et sa nécessaire modernisation. Nous allons y travailler avec l'ensemble des salariés de Radio France qui sont, comme moi, particulièrement attachés à l'entreprise et à ses missions de service public. "

Vendredi, le PDG a rencontré Dominique-Jean Chertier, le médiateur choisi par le gouvernement, pour discuter de la mission de celui-ci. M. Chertier, qui sera présent " à tiers temps " à Radio France, doit remettre sur pied le dialogue social. Il a aussi vu les syndicats, ensemble puis séparément. " C'est le démarrage ", souligne-t-on. La question qui agite la Maison ronde est désormais de savoir sicette relance du dialogue peut se faire avec une équipe de direction inchangée, ou si M. Gallet procédera à des mouvements – montrant au passage qu'il s'efforce désormais de reprendre la main.

Alexis Delcambre

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 13 Août 2015

Il faut reconstruire la pyramide de la police et de la gendarmerie

La pyramide hiérarchique au sein de la police et de la gendarmerie doit être revue. On ne doit pas avoir autant d'encadrants que d'hommes du rang. De fait, la revalorisation salariale ne doit pas aller forcément vers la montée en grade. On ne peut pas utiliser la montée en grade pour augmenter le salaire : la montée en grade implique des responsabilités d'encadrement.

Même si le salaire est augmenté, un bon homme du rang doit voir son travail valorisé sans passer pour autant par des responsabilités d'encadrant.

Le grade doit être lié à des responsabilités d'encadrement, non de salaire. A ce titre, il doit être surveillé pour garder une pyramide. La valorisation des hommes, elle, peut passer par un autre chemin, pas uniquement vu au niveau du grade.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Avril 2015

******************************

Trop de gradés dans la police et la gendarmerie
Dans un référé, la Cour des comptes juge la gestion des carrières des forces de l'ordre " coûteuse "

La Cour des comptes épingle à nouveau les forces de l'ordre. Dans un référé rendu public lundi 20 avril, elle critique la gestion des carrières des policiers et des gendarmes. Début mars, elle avait déjà mis en cause les forces de l'ordre perdues, selon elle, dans leurs rivalités et incapables de travailler entre services.

Cette fois, la haute juridiction s'est penchée sur deux réformes " majeures " mises en œuvre entre 2004 et 2012 pour accélérer le déroulement de carrière des policiers et des gendarmes. Elle estime que ces réformes ont été " coûteuses " et ont " manqué d'une vision stratégique ",et dénonce " une gestion par à-coups des ressources humaines ".

En 2013 déjà, un rapport de l'Inspection générale de l'administration portant sur ce sujet avait constaté que " ses résultats sont impossibles à mesurer en matière d'efficacité de l'action policière ". De la même façon, les magistrats soulignent que la gendarmerie a augmenté le nombre de ses officiers " pour s'aligner sur les grades de la police, sans réflexion suffisante sur ses besoins fonctionnels ".

Selon la Cour, les réformes portant sur les carrières ont entraîné un surcoût annuel d'environ 503 millions d'euros dans la police et 169 millions dans la gendarmerie. Elle souligne avoir déjà rappelé à l'ordre le ministère de l'intérieur en 2013 sur ces sujets, l'avertissant sur la " hausse accélérée des dépenses " liées à ces réformes.

Car, à force d'accorder des promotions pour acheter la paix sociale, police et gendarmerie ressemblent à des armées mexicaines. Dans la police, le corps des officiers compte trois fois plus de capitaines que de lieutenants. Et, au sein du corps des gardiens de la paix, la pyramide des grades est certes conforme à l'objectif fixé, " mais la pertinence de cet objectif n'est pas établie " note le référé, qui estime qu'" en moyenne, il y aurait désormais un encadrant pour un encadré ".

Désorganisation des services

Dans la gendarmerie, la pyramide s'est déformée au sein de chaque corps " au profit des catégories les plus élevées et les plus coûteuses " : ainsi, la proportion des colonels et des lieutenants-colonels parmi les officiers est passée de 13 % en 2009 à 18 % en 2013.

Cette accélération des promotions de grade conduit à désorganiser les services. Certains gradés ou officiers " se retrouvent à encadrer leurs collègues d'hier alors même que leurs attributions hiérarchiques ne sont pas clairement définies ".

L'âge moyen d'accès aux grades de commandant et de major, grades les plus élevés respectivement pour les officiers et les gardiens de la paix, est inférieur à 47 ans. " Cette situation limite les perspectives de carrière (…) pour de nombreux policiers arrivés, près de dix ans avant leur retraite, au sommet de leur corps ", relève la Cour des comptes.

L'interruption de ces avancements accélérés provoque désormais des tensions. Dans la police, les taux de promotion dans le corps des gradés et gardiens ont été divisés au moins par deux en 2013. D'après la Cour des comptes, " ces perspectives réduites sont d'autant plus problématiques que près de 30 % des gardiens de la paix disposent des qualifications nécessaires pour prétendre au grade de brigadier ". Dans la gendarmerie, les avancements ont également été réduits de plus de 50 % pour les sous-officiers en 2013, et même de 70 % pour les adjudants.

Ce constat accablant dressé, les magistrats préconisent " de mettre en œuvre (…) une stratégie de gestion des carrières qui rééquilibre la pyramide des corps et évite les à-coups déjà observés ". La Cour a adressé le 3 février son référé au ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve, qui disposait de deux mois pour répondre aux critiques, remarques et propositions formulées, mais n'a pas répondu dans les temps. " Le courrier du ministre est parti hier - lundi 20 avril - ", indiquait-on mardi matin Place Beauvau.

Dans sa réponse au précédent référé de la Cour des comptes sur les enquêtes judiciaires menées par la police et la gendarmerie, Bernard Cazeneuve avait jugé " excessif " le " tableau particulièrement sombre " brossé par la Cour.

L'association professionnelle des militaires et de la gendarmerie, Gend XXI, a fait savoir qu'il " partage globalement le constat des erreurs stratégiques " dressé par la Cour des comptes. Pour cette association créée début janvier, la multiplication des postes d'officiers et de hauts gradés " a conduit à une dévalorisation des fonctions exercées par les moins gradés " et pénaliserait aujourd'hui " les jeunes générations de gendarmes ".

Matthieu Suc

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 12 Août 2015

M. Mathieu Gallet doit quitter ses fonctions ! 1/2

Dans ce dossier, et pour les mêmes raisons que dans l'affaire du patron de la CGT, M. Thierry Lepaon, la légitimité de M. Mathieu Gallet pose problème.

Le rôle d'un patron est, je le répète, de gérer son entreprise, ce qui inclut, de facto, des responsabilités financières.

Que M. Mathieu Galet n'ait pas été directement à l'origine de la décision de la réfection de son bureau ne l'abstient absolument pas de se poser des questions quant à la légitimité des dépenses engagées.

Il était de la responsabilité du président, en tant que président, de gérer le coût de la rénovation d'un bureau, d'autant plus s'agissant du sien !

A ce titre, on ne peut pas dépenser 68.244 Euros pour rénover un bureau ! Ce n'est pas concevable, ce n'est pas admissible de la part d'une entreprise publique financée, entre autre, par l'argent du contribuable ! La Maison de la Radio, ce n'est pas Versailles et la présidence de l'institution se doit de gérer correctement le budget qui lui est alloué ! Avec 68 000 Euros, on rénove entièrement 2 appartements de 50m², cuisine y compris ! On ne peut donc pas allouer cette somme à rénover un simple bureau !

Le réameublement d'un bureau pour 18 836 Euros est dispendieux ! N'en déplaise à Bercy et au ministère de la Culture, cette somme est bien trop élevée au regard du but recherché ! Oser prétendre le contraire, c'est se rendre complice d'une dépense immodérée, dépense faite par le contribuable ! Quand on fait la somme du mobilier, de la moquette et de l'installation de stores, on en vient à un coût immodéré de 32 013 Euros, là aussi, c'est trop, beaucoup trop !

M. Mathieu Gallet, en tant que président, est responsable de ces dépenses. Il doit donc être sanctionné et non blanchi.

Mais c'est vrai que lorsque c'est Bercy qui absout, on peut se poser des questions sur la pertinence de ses propres services en matière de dépense publique. Rentre-t-il dans les attributions de Bercy de juger une institution qui dépend de l'Etat alors qu'elle même en fait partie ? Ce jugement ne relève-t-il pas d'un mode de fonctionnement où on est juge et partie et où on est d'accord avec de fortes dépenses à partir du moment où le bureau du Ministre à Bercy doit être aussi luxueux ?

Bref, cette décision de Bercy et du ministère de la Culture ressemble à s'y méprendre à une justification des méthodes de l'Etat aux dépends du contribuable et de la maîtrise des coûts.

****************

Radio France : ce que contient le rapport qui blanchit Mathieu Gallet

Un article du journal 'Le Figaro' Home ECONOMIE Médias & Publicité
Par Chloé Woitier Mis à jour le 21/04/2015 à 08:22 Publié le 20/04/2015 à 19:30

L'enquête, diligentée par Bercy et le ministère de la Culture, blanchit le président de Radio France des accusations de dépenses dispendieuses. L'affaire du bureau est surtout l'histoire d'un dérapage incontrôlé des coûts de restauration du palissandre.

Voiture, bureau, conseiller en communication ... le président de Radio France a-t-il un train de vie néfaste pour les comptes de l'entreprise? L'accusation, née de plusieurs articles du Canard Enchaîné, a donné lieu à une enquête de l'Inspection générale des Finances, diligentée par Bercy et le ministère de la Culture. Et les conclusions du rapport blanchissent Mathieu Gallet, avait révélé. «Je n'ai jamais douté des conclusions de l'enquête», affirme ce dernier après la publication, ce lundi, de l'intégralité du document. En voici les principaux points.

- Un dérapage incontrôlé du coût de la rénovation du bureau du président

Comme l'a répété plusieurs fois Mathieu Gallet ces dernières semaines, la décision de déplacer du 4e au 3e étage le bureau de la présidence de Radio France a été prise bien avant son arrivée l'été dernier. Cette dernière figure dans des appels d'offres datant de 2009, sous l'appelation «dépose pour conservation et repose avec soin du mobilier du président». Le coût est alors estimé à 19.781,85€.

Une entreprise de menuiserie procède en 2010 au démontage du fameux mur en palissandre. Mais la société fait faillite, et avec elle disparaît le plan de remontage du précieux meuble. Sans ce document, «les pièces constituaient un simple ‘fagot'», note l'IGF. Une nouvelle entreprise est missionnée pour remonter autant que faire se peut le palissandre. Mais le montage final «présente des défauts d'assemblage et de fixation néfastes à sa préservation», soulignent fin 2013 des architectes des monuments historiques. Il va falloir reprendre de zéro et restaurer les pièces abîmées, pour 34.500 euros. Mais le démontage s'avère plus délicat que prévu. Face à ces difficultés, il est décidé de «mettre en place une adaptation de l'ouvrage permettant un éventuel démontage ultérieur plus aisé». Coût total de l'opération: 68.244 euros.

- La mystérieuse origine du réameublement du bureau du président

Qui a décidé de remeubler le bureau de la présidence? Mathieu Gallet ou la direction de la réhabilitation de la Maison ronde? L'IGF n'a pu le déterminer. Mais le service de Bercy note que le coût total - 18.836 euros - «n'a pas de caractère dispendieux». Le rapport souligne la décision de ne pas changer les luminaires, qui auraient alourdi la note de 1296 à 7105 euros. Mathieu Gallet a choisi lui-même sa nouvelle table de réunion, mais les autres meubles ont dû être sélectionnés parmi un catalogue établi par ses services.

La moquette, de couleur aubergine, a été remplacée par une de couleur claire «pour retrouver une esthétique proche de celle existant avant le déménagement». Mathieu Gallet avait affirmé que la moquette originale avait été abîmée lors des travaux, mais l'IGF n'a pas pu confirmer ces dires malgré «des photographies et des entretiens». Mobilier, moquette et installation de stores mécaniques ont coûté 32 013 euros.

- Une voiture de fonction dans les standards de la Maison ronde

Le changement de voiture de fonction à l'arrivée de Mathieu Gallet n'avait rien d'irrégulier, souligne l'IGF. L'ancienne voiture de la présidence, une Citroën C6, avait quatre ans d'âge et plus de 120.000 kilomètres au compteur. Or, Radio France renouvelle son parc de voitures, louées ou achetées, tous les quatre ans en moyenne, et ses contrats de location ne dépassent jamais les 120.000 kilomètres. De plus, divers documents ont prouvé que la décision de changer la C6 du président a été prise bien avant la nomination de Mathieu Gallet.

Ce dernier a porté son choix sur une Peugeot 508 hybride. Ce modèle écologique coûte plus cher que son équivalent diesel à la location, mais ouvre la porte à de nombreuses déductions fiscales et une forte réduction de la consommation de carburant. «Ces élements conduisent à réduire le prix mensuel d'un véhicule hybride de plus de 133 euros par rapport à un véhicule classique», souligne le rapport. Ce dernier indique également que le coût mensuel des voitures des présidents ne cesse de baisser depuis 2006. De même, contrairement à ses prédecesseurs, Mathieu Gallet ne peut pas utiliser son véhicule professionnel à des fins privées.

- Des finitions en bois oubliées

À noter que la Peugeot 508 aurait dû coûter plus cher. La présidence avait choisi l'option «pack bois», qui comprend de meilleurs sièges et des finitions en bois pour le tableau de bord, mais cette dernière a été oubliée lors de la commande du véhicule. Radio France a d'abord songé à demander l'ajout des éléments manquants, mais le coût de l'opération (1300 euros hors taxe) a entraîné l'abandon de ces travaux le 18 mars. Hasard ou coïncidence, il s'agit également de la date de parution du premier article du Canard Enchaîné sur les dépenses de la présidence.

- Des conseils en communication dans les normes

Certes, la présidence a choisi les services de Denis Pingaud sans mise en concurrence, «mais cela n'entraîne pas nécessairement un écart par rapport aux procédures habituelles de Radio France». L'IGF souligne que le contrat, initialement de tacite reconduction, a été remplacé par une date ferme de fin (fixée au 31 mai 2015) après une analyse du service juridique de la radio. Un appel d'offre en bonne et dû forme est en cours de préparation, une première pour Radio France. L'IGF estime également que la mission de Denis Pingaud «correspond bien à une prestation de conseil en stratégie de communication, et non à des opérations de promotion de l'image personnelle du président».

- Deux voyages remis en question

L'IGF n'a rien à redire sur les frais de déplacements de Mathieu Gallet. Les transports en taxi pris en charge par Radio France «sont consécutifs à des manifestations culturelles associant Radio France» et, dans le cas contraire, «ont été remboursées à l'entreprise par chèque». Le service de Bercy tique cependant sur deux voyages à l'étranger (sur onze réalisés depuis un an par Mathieu Gallet). La radio publique a pris en charge un aller-retour à Shanghaï dans le cadre du programme «Young Leaders», ainsi qu'un déplacement au Brésil «pour rencontrer les équipes de Radio France sur place et assister à un match» de football.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0

Publié le 11 Août 2015

M. Thierry Lepaon : fraudeur ou incompétent ?

Qu'on le veuille ou non, la responsabilité d'un patron est la juste dépense de l'organisation qu'il préside. Ainsi, dire que le patron n'a aucune responsabilité quant aux dépenses faites par son organisation n'a juste aucun sens, car le rôle d'un patron est d'avoir justement la responsabilité de ces actes !

Si travaux il y a, elles sont forcément sous la responsabilité du patron. Le patron est-il donc un voyou ou un incompétent ? C'est la question à laquelle il faut répondre.

Si le patron n'a pas eu connaissance des devis, c'est une faute. S'il n'a pas su que son bureau était en cours de rénovation, c'est bien entendu un mensonge éhonté.

Le dédouanement est facile : il permet aux dirigeants actuels de justifier des dépenses injustifiables et permet de dire que l'on a le droit de dépenser un fric monstre à rénover un bureau alors que l'argent manque cruellement aux fonctions syndicales.

Le patron est responsable car il aurait dû engager des mesures correctives face à des abus. Même s'il n'est pas un voyou, il reste un incompétent et, à ce titre, son éviction est pleinement justifiée.

Quant aux "mesures correctrices", on frise le foutage de gueule en règle : en disant qu'il faut désormais 3 devis, on sous-tend que ce n'était pas le cas jusqu'à présent ! Encore une preuve de l'incompétence des dirigeants de la CGT...

***************

Thierry Lepaon blanchi par la CGT dans l'affaire des travaux de son appartement
Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 14.04.2015 à 20h26 • Mis à jour le 15.04.2015 à 04h50

La CGT est désormais « en capacité » de « rétablir la vérité sur (...) l'honnêteté » de Thierry Lepaon. Devant la commission exécutive confédérale mardi 14 avril, le secrétaire général du syndicat, Philippe Martinez, a dédouané son prédécesseur de toute responsabilité dans l'affaire de la rénovation de son bureau et de son appartement de fonction.

S'appuyant sur une enquête interne, il a affirmé que les travaux « ont été réalisés en dehors de la responsabilité du secrétaire général », qui n'a « notamment pas eu connaissance des devis » et « a découvert les travaux une fois ceux-ci achevés ».

Une facture « en décalage »

L'ex-numéro un de la CGT avait fini par démissionner en janvier, après une succession de révélations sur le montant des travaux dans son appartement de fonction, puis dans son bureau et enfin sur une prime de départ qu'il avait touchée lorsqu'il avait quitté la CGT Normandie pour prendre la tête du syndicat.

« La vérité éclate enfin », a réagi l'ex-secrétaire général dans une interview au site L'Opinion.fr, qui assure avoir « vécu l'enfer ». « Je retrouve mon honneur, ma dignité, le fruit de mes engagements. »

S'il dédouane son prédecesseur, M. Martinez a en revanche estimé mardi que la facture des travaux était « en décalage par rapport à la réalité des prestations effectuées » et n'a pas exclu « un recours juridique ».

Pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise, le syndicat a pris « des mesures correctrices », a insisté M. Martinez. « Au moins trois devis » seront désormais requis pour « les montants supérieurs à 5 000 euros », et diverses autorisations seront nécessaires pour les montants supérieurs à 10 000 euros.

Mea culpa

La CGT a également décidé de recruter un directeur administratif et financier pour « travailler avec plus de rigueur », selon les mots de son numéro un.

Autre mea culpa : le syndicat a « individuellement et collectivement sous-estimé la gravité de la crise » qu'elle traversait, « ce qui nous a conduits à un manque de clarté et de réactivité », a estimé M. Martinez.

Celui-ci a de nouveau regretté que « des documents pris en interne » aient été « diffusés à la presse, alimentant une campagne de presse sans précédent à l'encontre du premier dirigeant de la CGT et de son honneur. »

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost0