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Publié le 2 Novembre 2012

mutuelle-etudianteC'est un article édifiant sur les mutuelles étudiantes qui est décrit ici avec tout ce qu'il implique comme arnaque et abus.

Comme on le dit à la fin de l'article, le mieux serait que l'état intègre les étudiants au sein de la caisse primaire d'assurance maladie pour éviter ces abus et cette gabégie.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 13 Septembre 2012

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L'UFC-Que Choisir tacle les mutuelles étudiantes

L'association de consommateurs critique l'opacité et les pratiques commerciales

Le constat est accablant. Dans un rapport rendu public mercredi 12 septembre, l'UFC-Que Choisir critique le fonctionnement des mutuelles étudiantes. Opacité, pratiques commerciales douteuses, qualité de services dégradée : pour la première association de consommateurs, ce système est " aussi défavorable aux étudiants qu'onéreux pour la collectivité ".

Alertée depuis plusieurs mois par des étudiants, l'UFC-Que Choisir a lancé un sondage et une enquête de satisfaction en ligne. Près de 850 étudiants y ont répondu. " Puis nous avons analysé dans le détail le fonctionnement de la protection sociale étudiante ainsi que le contenu des contrats de complémentaire santé étudiante ", explique le président de l'UFC-Que Choisir, Alain Bazot.

Alors que l'état de santé des étudiants se dégrade en France, qu'un étudiant sur trois a renoncé à se faire soigner au cours des douze derniers mois même pour des soins courants, les conclusions d'UFC-Que Choisir sont inquiétantes. Les étudiants sont perdus ! Seuls 39 % d'entre eux ont compris que la mutuelle étudiante remplace la Sécurité sociale de leurs parents et à peine davantage (42,9 %) que les remboursements sont les mêmes quel que soit l'organisme choisi (deux dans chaque région).

" Il y a un brouillard total dans l'esprit des étudiants, entretenu par les établissements eux-mêmes, critique Alain Bazot, entre leurs missions de sécurité sociale d'intérêt général et leurs activités privées. " Les mutuelles étudiantes peuvent en effet vendre des complémentaires santé, de l'assurance habitation ou automobile... Une confusion sémantique due à l'appellation même de " mutuelle " étudiante, que les établissements se gardent bien d'éclaircir.

Les pratiques commerciales sont également dans le collimateur de l'UFC-Que Choisir. Comme leur financement dépend du nombre d'étudiants affiliés auprès d'elles, les mutuelles se livrent à une course à l'inscription. " C'est comme si on introduisait pour les salariés une concurrence entre la caisse primaire d'assurance-maladie et un autre établissement ! ", ajoute M. Bazot.

Dès qu'il arrive à l'université pour s'inscrire, l'étudiant est ainsi " harponné " par d'autres étudiants formés à la va-vite. Tout cela avec la " complicité bienveillante " des universités, qui mettent à la disposition des mutuelles des espaces de vente. Parfois même, la souscription de produits commerciaux est incluse dans les formulaires administratifs d'inscription. La technique de vente est bien rodée : jouer sur la confusion entre sécurité sociale et mutuelle, entre ce qui est obligatoire et ce qui ne l'est pas. Selon UFC-Que Choisir, seulement 23,7 % des étudiants savent que la complémentaire santé n'est pas obligatoire, 26,6 % qu'ils peuvent en souscrire une ailleurs.

Tout cela n'arriverait pas si le client n'était pas aussi captif. La concurrence pourrait en effet jouer sur la partie complémentaire santé. D'autant que, selon l'étude de marché d'UFC-Que Choisir, les produits des mutuelles étudiantes ne sont pas toujours les plus avantageux. Pour un même contrat, un étudiant devra débourser 46 euros par mois à la Smerep et 49,75 euros à la LMDE, contre 34,57 euros chez Axa ou encore 22,88 euros chez Amaguiz, un assureur en ligne.

La qualité du service est elle aussi épinglée : difficultés à joindre les plates-formes téléphoniques, courriers et mails restés sans réponse, attente interminable en agence qui finit le plus souvent par décourager l'étudiant, délais de plusieurs mois pour obtenir sa carte Vitale. Selon l'enquête, un tiers des nouveaux étudiants l'attendent plus de trois mois, ce qui les empêche de bénéficier du tiers payant et les contraint souvent à renoncer à se faire soigner car ils ne peuvent pas avancer les frais.

Enfin, l'UFC-Que Choisir souligne le coût de ce régime spécifique de sécurité sociale. Son taux de gestion est trois fois supérieur à celui de l'assurance-maladie. En 2011, les mutuelles étudiantes ont dépensé 93 millions d'euros en frais de gestion. Sur la même période, elles ont distribué aux étudiants 681 millions d'euros de prestations, soit un taux de frais de gestion de 13,7 %.

Pour l'association de consommateurs, c'est le système dans son ensemble qu'il faut supprimer. " Il faut y mettre un terme et remettre le régime général des étudiants dans le giron des caisses primaires d'assurance-maladie ", estime tout simplement M. Bazot. Pour lui, rien ne peut plus légitimer l'existence d'un tel système. En attendant, le Sénat, inquiet de la santé et de la protection sociale des étudiants, a lancé une mission. Son rapport est attendu prochainement.

Nathalie Brafman

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 31 Octobre 2012

pollution_grenoble1.jpgEn matière de pollution, la lâcheté est générale. Elle est localisée au plus haut niveau du gouvernement, mais aussi chez tous les maires qui ne veulent pas s'aliéner les voix des citoyens, même dans l'intérêt général.

Peu importe la pollution et les atteintes à l'intégrité physique de nos concitoyens, seule compte le fait de laisser les pauvres accéder au centre-ville avec leurs poubelles. C'est oublié un peu rapidement que ceux qui subissent cette pollution sont ces mêmes familles qui n'ont pas les moyens d'échapper à la pollution engendrée par une automobile toujours plus présente.

Honte à nos politiques et à leur lâcheté.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Septembre 2012

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Le plan de lutte contre la pollution de l'air en ville ne verra pas le jour
La ministre de l'écologie, Delphine Batho, a acté l'échec du dispositif imaginé par le précédent gouvernement

Imaginées par le gouvernement précédent pour lutter contre la pollution atmosphérique dans les agglomérations françaises, les zones d'action prioritaire pour l'air (ZAPA) ne verront pas le jour.

La ministre de l'écologie, Delphine Batho, qui réunissait, jeudi 20 septembre, les huit villes (Paris, Marseille, Lyon, Grenoble, Nice, Aix-en-Provence, Bordeaux, Clermont-Ferrand) candidates à l'expérimentation, a acté l'échec du dispositif, jugé injuste socialement et inefficace écologiquement. Aucune des agglomérations n'a été en mesure de présenter un schéma pour limiter l'accès des véhicules les plus polluants.

Pour sortir de l'impasse, la ministre a décidé la constitution d'un comité interministériel sur la qualité de l'air, qui comprendra les ministères de l'écologie, de l'intérieur et de la santé, avec pour objectif la remise à plat complète du dispositif début janvier 2013.

" Nous sommes résolus à avancer. Mais nous devons travailler sur un nouveau schéma, de nouvelles méthodes et à l'échelle de l'ensemble du territoire ", a indiqué Mme Batho. Le gouvernement n'a d'autre choix : la pollution de l'air serait responsable de plus de 40 000 décès prématurés par an et la France fait l'objet d'une procédure devant la Cour de justice européenne pour non-respect des valeurs limites relative aux particules fines dans l'air dans seize zones ou agglomérations.

Face aux menaces de sanctions financières lourdes, le gouvernement Fillon avait annoncé la création des ZAPA. Mais très vite, les collectivités candidates se sont heurtées à des problèmes de périmètre et de gouvernance, comme à Paris. La capitale a changé trois fois de scénario pour finalement considérer que le territoire pertinent de restriction devait s'étendre jusqu'à la ceinture de l'A86, un espace qui ne correspond plus a ses limites administratives, incluant 77 communes.

A Grenoble, le maire (PS) Michel Destot a fait valoir que l'agglomération, favorable au dispositif, mène des chantiers importants - nouvelles lignes de tramway, aménagements urbanistiques - rendant impossibles des contraintes de circulation supplémentaires. La Ville a demandé un délai d'au moins deux ans.

Toutes les collectivités ont souligné le caractère discriminatoire des restrictions envisagées par le précédent gouvernement, si elles ne sont pas accompagnées de mesures d'aides aux ménages les plus modestes, ceux qui possèdent les véhicules les plus anciens, les plus polluants et qui seraient ainsi privés d'accès au centre-ville. " C'est un bouquet de mesures qu'il faut imaginer, et qui ne peuvent pas être uniquement assumées par les villes, comme l'abonnement aux transports en commun, des plates-formes de covoiturage, des bus en site propre. Les ZAPA doivent être intégrées dans une politique nationale ", estime René Dutrey, l'adjoint (Europe Ecologie-Les Verts) à la mairie de Paris, chargé du développement durable et du plan climat.

Les élus ont également souligné l'incohérence de l'Etat, qui demande aux agglomérations de bannir les véhicules les plus polluants sur leur territoire alors que, de son côté, le gouvernement continue à subventionner par une fiscalité avantageuse le diesel. Mais il est peu probable, au moment où PSA est plongé dans des difficultés majeures, que le gouvernement Ayrault avance sur une " sortie du diesel ". Les collectivités ont enfin souligné l'inefficacité du dispositif des ZAPA, qui ne prévoyait pas de restrictions des véhicules récents mais fortement émetteurs de CO2, comme les 4 x 4.

La France accuse un sérieux retard. L'Europe, notamment l'Allemagne, s'est dotée de zones à faibles émissions. Sans attendre les ZAPA, le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, doit, le 15 octobre, présenter devant son conseil municipal des mesures pour améliorer la qualité de l'air dans la capitale.

Le 20 juillet, M. Delanoë avait écrit au premier ministre pour lui demander, en cas de pic de pollution, la restriction de la circulation des poids lourds en transit et l'abaissement de 20 km/h de la vitesse sur les axes franciliens. Il a également adressé une demande officielle à la préfecture de Paris d'une diminution générale de la vitesse maximale sur le périphérique à 70 km/h. L'air dans la capitale a été particulièrement pollué tout au long de l'année 2012.

Sophie Landrin

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 30 Octobre 2012

alzheimer1.jpegC'est une bonne et audacieuse pratique qui est présentée ici. Elle décrit les 'bistrots mémoire', lieu où l'on essaie de traiter quelques symptômes de la maladie d'Alzheimer et où l'on essaie de soulager les proches des malades.

Une voie à développer pour soulager les souffrances de tout le monde...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Septembre 2012

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La convivialité pour faire face à Alzheimer
Les bistrots mémoire réunissent des malades et leurs proches, qui partagent leur expérience de la maladie
Nancy envoyée spéciale

Il ne raterait ce rendez-vous pour rien au monde. Comme chaque deuxième jeudi du mois, Denis s'est rendu, le 13 septembre, au bistrot mémoire, qui se tient au café-restaurant Le Villeroy, à Villers-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). C'est un fidèle. Même s'il lui faut plus d'une heure de trajet pour venir. L'association Alzheimer 54, qui gère ces rencontres, est venue demander " l'hospitalité " au Villeroy il y a six ans. " Je ne pouvais pas refuser. Cela m'a permis de comprendre cette maladie ", explique Driss Chouali, patron du restaurant, avec un large sourire.

Une dizaine de personnes touchées par la maladie d'Alzheimer, venues pour certaines avec leur conjoint, participent à ce rendez-vous de rentrée. Depuis quelques années, les malades commencent à parler de leur maladie. Le fait de se retrouver autour d'une tasse de café ou de thé, accompagnée de pâtisseries orientales offertes par Driss, est une façon conviviale de rompre l'isolement. Les traitements (médicamenteux et autres) ayant un impact limité, des prises en charge différentes se sont mises en place ces dernières années.

L'idée du bistrot mémoire est née à Rennes en janvier 2004 à l'initiative d'Isabelle Donnio, psychologue, directrice pendant vingt-quatre ans d'Aspanord, réseau de soins à domicile, et d'Irène Sipos, directrice de la maison de retraite Saint Cyr à Rennes (Ille-et-Vilaine) et présidente de l'Union nationale des bistrots mémoire (UNBM), créée en 2009. Un modèle calqué sur les Alzheimer cafés, créés aux Pays-Bas en 1997 - on en compte aujourd'hui 104 -, et qui ont essaimé en Belgique, en Angleterre, en Irlande, en Suisse, etc. " Constatant les réticences des personnes à accepter de l'aide, j'ai participé à ce mouvement qui pousse à aller vers elles ", raconte Irène Sipos. Une quarantaine de bistrots mémoire ont depuis été créés, la plupart affiliés à l'UNBM.

Il y a deux ans, Denis, alors âgé de 64 ans, perdait tout, cherchait sa voiture pendant des heures, oubliait des mots, signes caractéristiques de la maladie d'Alzheimer. Aujourd'hui, cet homme souriant et philosophe, qui ne veut pas être réduit à sa maladie, profite de ces moments " sympathiques ".

" C'est à chaque fois une aventure ", confie Pascale Gérardin, psychologue au Centre mémoire de ressources et de recherche (CM2RR) du CHU de Nancy (Meurthe-et-Moselle) et bénévole à l'association Alzheimer 54. " Nous devons être attentifs à chacun, être à l'écoute pour faire émerger la parole. "

" Ma femme a besoin d'aide " : c'est ainsi qu'Yvon se présente ce jeudi. Il vient pour la première fois. Diagnostiquée en 2008, son épouse, Maria, a beaucoup pleuré lorsqu'elle l'a appris. Elle travaillait encore comme assistante de vie. " On jouait beaucoup au Scrabble et, un jour, Maria n'est plus arrivée plus à compter les points... raconte Yvon. Elle disait des choses incohérentes, ne se souvenait plus des dates de naissance de ses petits-enfants. " Maria a tendance à s'enfermer dans la solitude, explique son compagnon. Cette jolie femme semble pourtant apprécier ce moment. " Cela vous fait du bien de savoir que d'autres personnes sont comme vous ? " demande Denis à Maria, en toute bienveillance.

" J'ai bien fait de venir ", lance Michel, 84 ans, venu avec son épouse, et dont chaque déclaration est systématiquement ponctuée de " j'aime les femmes " et " il faut bien rigoler ". L'oeil taquin, il regrette d'avoir oublié son harmonica, mais promis, il l'apportera la prochaine fois... L'air de rien, sa femme veille sur lui tout en discutant avec Annick, dont le mari est atteint par la même maladie. " Quand je sors d'une pièce ou que je vais dans le jardin, il ne sait plus où je suis, alors je laisse un mot sur la table. Il me cherche tout le temps ", raconte Annick. Au-delà du partage d'anecdotes, ce lieu d'échanges leur permet de se dire qu'elles ne sont pas seules.

Car la maladie modifie les repères, touche la personne dans son identité. On entend souvent : " Elle/il n'est plus comme avant... " Les rapports aux proches, psychologiquement très affectés, se trouvent chamboulés, ce qui peut provoquer un épuisement. Paradoxalement, les " aidants ", ces proches qui accompagnent les malades, ont parfois du mal à reconnaître qu'ils ont eux aussi besoin d'aide. " On se débrouille comme on peut ", dit Yvon. En aparté, il confie qu'il aimerait avoir un peu de temps pour lui. Il ira peut-être aussi à l'autre bistrot mémoire nancéen qui se tient le dernier samedi de chaque mois à la brasserie Les Deux Hémisphères. Le concept est différent : une conférence permet de glaner des informations sur la maladie. La prochaine, le 29 septembre, traitera de l'adaptation du domicile d'une personne souffrant d'Alzheimer.

" Le but est de tisser un réseau pour prendre soin du malade et de l'aidant. Tout ce qui est proposé, plateforme de répit, groupe de parole pour aidants, accueil de jour, etc., devrait être mis en réseau ", explique Marie-José Dolci, coanimatrice du bistrot mémoire de Nancy et bénévole à Alzheimer 54. Des sorties peuvent aussi être organisées au musée, cirque, théâtre, cinéma.

Des " petits riens ", selon Mme Dolci, mais qui sont beaucoup, car ces personnes ont souvent vu leurs amis s'éloigner, comme si la maladie faisait peur. " Dès l'origine, nous voulions insister sur un point : celui de l'expertise des malades et de leur entourage pour compléter et modifier le regard des professionnels, insiste Isabelle Donnio. Qui mieux que les malades et ceux qui vivent à leurs côtés peuvent dire ce qui se passe pour eux ? "

En quittant le bistrot, après avoir payé leur consommation, les personnes se saluent, s'embrassent. Rien à voir avec l'ambiance d'une réunion à l'hôpital. Pour les malades, ça change tout, car si " la mémoire fout le camp ", la sphère émotionnelle reste très présente. Il suffit parfois d'une caresse, d'une écoute, d'un rire, pour que le malade se sente mieux.

Pascale Santi

Bistrot-memoire.fr

Sur Lemonde.fr

    Une grande cause de dépendance des personnes âgées 850 000 personnes

    environ, en France, sont touchées par la maladie d'Alzheimer ou par une affection apparentée. Près de 225 000 nouveaux cas sont détectés chaque année.

    35 millions de personnes sont atteintes dans le monde. Elles pourraient être 66 millions en 2030, selon l'association Alzheimer's Disease International, en raison de l'augmentation de l'espérance de vie et des progrès du diagnostic. C'est une des grandes causes de dépendance chez les personnes âgées.

    La maladie entraîne des pertes de mémoire et peut altérer le comportement en provoquant des troubles cognitifs, voire des troubles de l'humeur dans certains cas. L'évolution de cette maladie dégénérative du cerveau (dont la physiopathologie fait encore débat) et les symptômes varient d'un sujet à l'autre.

    Les pertes de mémoire ne sont pas toujours dues à la maladie d'Alzheimer.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 23 Octobre 2012

coffret-de-secours---medecine-du-travail---farmor-913054C'est un très bon article qui nous est proposé ici par le journal 'Le Monde'. On y dit que des institutions ont décidé de faire payer les riches pour utiliser nos hôpitaux.

Louable ? Intelligent ? Assurément. Mais la bêtise et la crétinerie de la CGT a jugé bon d'apporter un avis en la matière, mettant en avant le fait que les étrangers puissent passer devant les Français car ils avaient l'argent.

Ce que la CGT ne comprend pas, c'est que, grâce à cet argent, on va pouvoir créer des lits, des chambres, payer des médecins qui vont pouvoir soigner les Français. En effet, un hôpital n'a pas un nombre fixé de lits, de chambres et de médecins fixés dans la Loi ! Ce nombre est dépendant des moyens financiers dont elle dispose. Et si elle dispose de plus de moyens grâce à l'argent des étrangers, elle va pouvoir créer un service vis à vis de notre population.

La CGT ne comprend pas ce principe et ne le comprendra jamais. Je propose donc que chaque Français verse un Euro pour acheter un cerveau aux responsables de la CGT.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 05 Septembre 2012

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Les Hôpitaux de Paris vont faire payer leurs patients étrangers au prix fort
En vertu d'un accord signé avec une société d'assurances libanaise, les « voyages pour traitement » seront désormais facturés au prix réel et non plus au tarif de la Sécurité sociale
       
Les étrangers fortunés devront bientôt payer leurs soins au prix fort s'ils souhaitent se faire soigner dans les hôpitaux publics. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a en effet signé un accord en juillet avec GlobeMed, une société d'assurances libanaise, afin de « formaliser » et d'« institutionnaliser » l'accueil des riches patients venus des pays du Golfe. En temps de crise, cette initiative permettra au groupe hospitalier de renflouer ses caisses et de « consolider sa réputation à l'international », indique-t-on à l'AP-HP.

Chaque année, quelque 7 500 patients étrangers sont hospitalisés au sein des 37 établissements de l'AP-HP. Certains sont pris en charge par leur caisse d'assurance-maladie, d'autres bénéficient d'un protocole d'accord signé entre leur pays et le groupe hospitalier. Il faut aussi compter les sans-papiers bénéficiaires de l'aide médicale d'Etat (AME) et les malades fortunés qui viennent par leurs propres moyens, attirés par la médecine de pointe française. Cette dernière catégorie, composée d'environ 2 300 patients, jouissait jusqu'ici des bas tarifs de la Sécurité sociale, bien inférieurs à ceux pratiqués dans le reste du monde. « Ils ne cotisent pas, rappelle-t-on à l'AP-HP, le but est donc de leur faire payer les soins au prix réel, afin que l'hôpital soit correctement rémunéré. »

Le groupe espère ainsi résorber une petite partie de son déficit - estimé à 70 millions d'euros - en 2012 mais n'a pas souhaité communiquer le montant des recettes que pourrait lui procurer cette activité.

De son côté, la société GlobeMed, qui n'a pas souhaité s'exprimer, proposera des « voyages pour traitement » à ses clients et fera le lien entre les hôpitaux parisiens et les assurances publiques et privées d'une dizaine de pays du Golfe. Selon l'AP-HP, cet intermédiaire devrait permettre de sécuriser les paiements et de faire baisser le nombre de factures impayées.

Si les modalités d'accueil ne sont pas encore définies, l'AP-HP peut déjà affirmer « qu'il y aura une prise en charge du transport du point d'arrivée jusqu'à l'hôpital et un service de traduction pour ces patients ».

Le groupe hospitalier assure que ces patients ne représenteront pas plus de 1 % du total du million de malades hospitalisés au sein du groupe, « soit 10 000 personnes par an, maximum », précise-t-on au siège. « Les conditions d'accueil seront les mêmes pour tous et sous réserve de disponibilité, insiste-t-on. Quand GlobeMed nous proposera un patient, nous ne l'accepterons que si le service peut l'accueillir. »

A Marseille, l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) vient de conclure un partenariat avec la chambre de commerce et d'industrie pour « formaliser » l'accueil des 1 000 patients étrangers qui viennent se faire soigner chaque année. « Ils sont de plus en plus nombreux à être attirés par notre matériel de pointe et notre expertise médicale, explique Bastien Ripert, directeur de cabinet du directeur général de l'AP-HM. Nous avons donc décidé de rentabiliser ce secteur en faisant payer ces patients plein pot. » Les revenus générés devraient permettre de dynamiser la politique hôtelière de l'hôpital pour les patients français. Si la facturation des soins des étrangers n'est pas encore définie, la direction espère 1,5 million d'euros de recettes pour 2013, soit 10 % du déficit actuel de l'AP-HM. Aux Hospices civils de Lyon, ces initiatives sont observées avec intérêt.

Les syndicats sont sceptiques. « Dans certains services, ça sera du 20-30 % » d'étrangers, prédit le docteur Christophe Prudhomme, médecin urgentiste au SAMU de Seine-Saint-Denis et à la tête du Collectif national des médecins de la CGT. Ce médecin a demandé l'annulation de cette « filière VIP » dans un communiqué publié le 9 août au nom de l'Union syndicale CGT de l'AP-HP et de la Fédération CGT de la santé et de l'action sociale.

Les syndicats craignent que ces patients étrangers ne passent devant les patients français. « On manque déjà de lits, rappelle le docteur Prudhomme. On ne peut pas laisser des patients attendre sur des brancards d'un côté, et de l'autre, accueillir des patients du Golfe qui seront confortablement installés dans des chambres individuelles », s'insurge-t-il. Les syndicats se disent toutefois favorables à leur accueil, mais « uniquement en fonction de leurs pathologies », quand « les accords se font d'Etat à Etat » et « de caisse d'assurance à caisse d'assurance ». « On ne lâchera pas sur ces questions, prévient le docteur Prudhomme. On trouvera bien une famille lésée et on gagnera au Conseil d'Etat », promet-il.

Le bras de fer entre syndicats et direction devrait s'engager rapidement puisque l'AP-HP assure que « le premier patient arrivera avant la fin de l'année ».

Si elle est jugée positive, cette expérience de développement d'un « tourisme médical » en provenance du Moyen-Orient pourrait être étendue à la Russie, à l'Asie et aux républiques d'Europe de l'Est.
Caroline Piquet

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 22 Octobre 2012

gaz de schisteA lire ce long et très intéressant article sur les gaz de schiste, on reste circonspect. Pour moi, les inconvénients dépassent largement les avantages. De plus, ces avantages sont beaucoup moins certains que les inconvénients supposés.

Bref, il faut appliquer, dans ce dossier, le principe de précaution que M. Chirac a fait inscrire dans notre Constitution en son temps, et savoir refuser un mode de production énergétique qui offre moins d'avantages que d'inconvénients supposés.

Seule une prise de conscience sauvera notre planète et l'exploitation du gaz de schiste ne participe nullement à celle-ci.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 14 Septembre 2012

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Faut-il avoir peur du gaz de schiste ?
Conséquences sur l'environnement, coût de l'énergie, évaluation des réserves : bien des questions se posent sur cette nouvelle ressource, devenue un enjeu politique. Un dossier sensible pour la conférence environnementale des 14 et 15 septembre

L'impact sur le climat reste controversé L'un des arguments forts en faveur du gaz de schiste est son impact climatique, réputé plus faible que celui du charbon. A même quantité d'énergie produite, le gaz en général émet presque deux fois moins de dioxyde de carbone (CO2), principale cause du réchauffement climatique. Mais, en avril 2011, Robert Howarth a levé un lièvre de taille. Selon l'étude publiée par ce biogéochimiste américain, professeur à l'université Cornell (Etat de New York), 3,6 % à 7,9 % du gaz de schiste produit aux Etats-Unis s'échapperait dans l'atmosphère. Or ce gaz - principalement composé de méthane (CH4) - a un potentiel d'effet de serre beaucoup plus fort que le CO2.

Il ne reste cependant qu'un peu plus d'une décennie dans l'atmosphère, contre plus d'un siècle pour le CO2, et produit donc ses effets réchauffants sur une période plus courte... En définitive, selon Robert Howarth, le gaz de schiste serait pire que le charbon pour le climat, surtout si l'on considère l'effet climatique sur vingt ans et non sur un siècle, comme c'est habituellement l'usage.

Ces travaux ont été attaqués, notamment par le géologue Lawrence Cathles, lui aussi professeur à Cornell et ancien chercheur chez Chevron, l'une des principales compagnies pétrolières des Etats-Unis. Dans un commentaire critique publié par la revue Climatic Change, Lawrence Cathles estime que les calculs de son collègue sont erronés et qu'ils s'appuient sur des hypothèses par trop pessimistes.

Depuis, la pertinence des questions soulevées par Robert Howarth a été confirmée par des mesures de terrain menées par des chercheurs de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et l'université du Colorado à Boulder. Conduits par Gabrielle Pétron et publiés en février dans le Journal of Geophysical Research, ces travaux ont consisté à prélever des échantillons d'air dans la région de Denver-Julesburg, au nord-est du Colorado, où des " gaz de réservoirs compacts " (tight gas) sont exploités avec les mêmes techniques de fracturation que le gaz de schiste.

L'analyse de Gabrielle Pétron et de ses collègues aggrave encore celle de Robert Howarth : elle suggère qu'entre 2 % et 8 % du gaz de schiste extrait est relâché dans l'atmosphère - avec 4 % comme valeur la plus probable. Et encore, ces mesures ne prennent en compte que les fuites qui se produisent sur les sites d'exploitation, et non, comme l'a fait Robert Howarth, celles qui surviennent tout au long du cycle de vie du gaz, au cours de son acheminement et de son traitement.

Selon Total, l'étude de Gabrielle Pétron est le reflet d'un cas particulier, lié à des installations anciennes. " Nous avons mené une autre campagne de mesures dans l'Utah, dont nous espérons publier les résultats avant la fin de l'année, dit Gabrielle Pétron. Nous allons aussi mener une campagne de mesures par avion. " D'autres études sont également en cours en Pennsylvanie et au Texas.

Le débat scientifique est donc loin d'être clos. Cependant, le rapport sur le sujet commandé par la Commission européenne au consultant britannique AEA, publié début septembre, estime que, sur une échelle de temps d'un siècle, l'impact climatique du gaz de schiste reste très inférieur à celui du charbon. Pour Robert Howarth, prendre en compte l'impact sur vingt ans est plus pertinent, car les travaux les plus récents " montrent que sans une réduction immédiate des émissions globales de méthane, le climat se réchauffera vers un point de bascule dangereux dans les dix-huit à trente-cinq années qui viennent ", explique le chercheur.

Une exploitation qui présente des risques La réalité de plusieurs contaminations d'eaux souterraines dues à l'exploitation du gaz de schiste ne fait pas de doute. Dans un rapport d'étape publié en novembre 2011, l'agence fédérale américaine de protection de l'environnement (EPA) a compilé des cas de pollutions attribués aux activités gazières.

La liste n'est pas exhaustive, mais recense plus d'une quarantaine de situations dans lesquelles les populations se plaignent de pollutions diverses, qu'elles attribuent à l'exploitation de gaz non conventionnels : contamination de l'eau potable aux hydrocarbures, chute de la quantité d'eau disponible dans les points de prélèvement, augmentation de la salinité de l'eau, épandage de boues de forage, fuites du liquide de fracturation... L'accumulation de méthane dans une habitation et l'explosion de celle-ci a même été rapportée à Bainbridge (Ohio).

L'EPA a sélectionné plusieurs de ces sites pour y mener des investigations et doit publier une analyse complète dans les prochains mois. Dans le rapport commandé par la Commission européenne, le cabinet d'études AEA estime que les risques de contamination des eaux souterraines, mais aussi des eaux de surface, sont " élevés ". Cependant, ce n'est pas la fracturation hydraulique en elle-même qui est en cause, mais généralement des défauts de cimentation des puits.

Dans une autre étude, publiée en mai 2011 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, des chercheurs de l'université Duke (Caroline du Nord) ont montré qu'en Pennsylvanie et dans l'Etat de New York, le méthane en excès dans des points de prélèvement d'eau provenait bel et bien de l'exploitation du gaz de schiste, mais qu'il n'était pas remonté dans la nappe phréatique par les réseaux de fissures ouvertes par la fracturation. C'est donc lors de sa remontée dans le tubage qu'il a fuit dans les aquifères affleurant sous la surface.

" A ma connaissance, la fracturation hydraulique en elle-même n'a été incriminée que dans un unique cas, à Pavillion, dans le Wyoming, explique un responsable de Total. Mais il s'agit d'un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire puisque l'opérateur a fracturé la roche bien trop près de la surface, à environ 600 mètres. "

Selon le rapport d'AEA, la phase d'exploitation la plus risquée n'est pas la fracturation de la roche, mais la mise en production du puits. A ce moment, une part du fluide de fracturation qui a été injecté est régurgitée et revient à la surface. Ce fluide de retour peut être récupéré mais, en cas de fuite, le risque est celui d'une contamination des sols et des eaux de surface par les additifs chimiques du fluide. Mais aussi par des métaux lourds et des éléments radioactifs qui reviennent des profondeurs de la terre, dissous dans le mélange.

Pour Total, ces accidents intervenus outre-Atlantique sont surtout le fait de l'irruption de nombreux petits opérateurs, financièrement fragiles et peu regardants sur la sécurité de leurs installations. En outre, le fluide de retour peut être traité et recyclé, pour être réutilisé ou remis dans le circuit des eaux de surface.

Il n'en reste pas moins que les risques de pollution de l'air - en particulier par des composés organiques volatils et des hydrocarbures - sont également jugés " élevés " par le cabinet AEA. En avril, une équipe conduite par Lisa McKenzie (Colorado School of Public Health, université du Colorado à Aurora) a échantillonné l'air ambiant de Garfield (Colorado) et y a découvert des concentrations accrues d'hydrocarbures. Ces travaux, publiés en avril dans Science of the Total Environment estiment qu'il existe un risque accru de cancer du sang pour les personnes passant le plus clair de leur temps à moins de 800 mètres des puits.

Cette question des " émissions fugitives " pourrait être résolue grâce à l'utilisation de nouveaux matériels, d'ores et déjà disponibles, assure-t-on chez Total, où l'on insiste sur les carences réglementaires américaines.

Le forage modifie les territoires L'exploitation du gaz de schiste transforme de manière notable les territoires. Pas tant du point de vue du paysage - les hautes tours de forage ne restent en place que quelques semaines, le temps de creuser le puits - que de celui du terrain. L'installation des équipements, citernes et stockages, nécessaires à l'exploitation, suppose d'emblée de couvrir le sol d'une dalle de ciment ou de goudron sur laquelle les engins peuvent manoeuvrer et le puits être creusé. A la plate-forme s'ajoutent la route d'accès et le gazoduc pour évacuer l'hydrocarbure.

Selon l'étude d'AEA, remise en septembre à la Commission européenne, aux Etats-Unis, les plates-formes d'exploitation occupent ainsi en moyenne une surface de 3,6 hectares. L'association américaine Nature Conservancy confirme le chiffre dans une étude effectuée en Pennsylvanie. Celle-ci souligne aussi que " le déboisement fragmente la forêt, créant de nouvelles lisières, ce qui change les conditions d'habitat des espèces sensibles qui dépendent des conditions de la "forêt profonde" ".

L'impact global est d'autant plus important que, contrairement à ceux du gaz naturel conventionnel, les gisements de gaz de schiste sont de toute petite taille. Pour exploiter un sous-sol, il faut donc forer à de très nombreux endroits. Selon AEA Technology, " il faut environ cinquante puits de gaz de schiste pour produire la même quantité de gaz qu'un puits en mer du Nord ".

Aux Etats-Unis, ce sont donc des milliers de puits qui sont creusés, provoquant un mitage du territoire dans les régions concernées. Selon la revue Environmental Health Perspectives de juillet, plus de 20 000 puits devraient être creusés chaque année dans ce pays d'ici à 2035, ainsi que 10 000 puits pour le pétrole de schiste.

Les compagnies pétrolières observent cependant que la tendance consiste à concentrer le plus grand nombre possible de puits par plate-forme, jusqu'à dix, afin de réduire l'impact sur le territoire.

Qu'advient-il du terrain après exploitation ? Il ne s'agit pas seulement d'évacuer les équipements de surface et la tête de puits, mais aussi de décaper le sol de son revêtement pour remettre de la terre naturelle et permettre le retour de la culture ou de la végétation originelle. L'expérience américaine est encore trop récente pour savoir si cette restauration est systématiquement pratiquée.

Des réserves à confirmer Le sous-sol contient sans doute beaucoup de gaz de schiste, mais on ne sait pas quelle quantité serait exploitable dans des conditions rentables. Géologues et entreprises restent très prudents sur le potentiel réel du gaz de schiste. En avril 2011, pourtant, l'administration américaine de l'énergie, l'EIA, a publié une évaluation des ressources mondiales selon laquelle les trente-deux grandes régions analysées - excluant l'essentiel de l'Afrique, de la Russie et de l'Asie centrale - recèleraient environ 185 000 milliards de mètres cubes de gaz de schiste, soit quasiment autant que les réserves estimées de gaz conventionnel.

La nouvelle, spectaculaire, a fait naître de grands espoirs dans de nombreux pays. Mais il est vite apparu que les estimations de l'EIA étaient très optimistes. Le rapport se fondait sur des présomptions en fonction des couches géologiques et non sur des analyses de terrain. En fait, explique un géologue de l'Institut français du pétrole Energies nouvelles, pour parvenir à des estimations plus précises, il faut réaliser des puits d'exploration, car les terrains présentent tous des conditions particulières. Ainsi, en Pologne, deux puits ont été creusés, produisant des résultats décevants. L'Institut national de géologie polonais a publié en avril une étude situant le potentiel du pays à un niveau près de dix fois inférieur à celui avancé par l'EIA.

On dispose cependant d'un " modèle " réel riche d'enseignements : les Etats-Unis, où le gaz de schiste, exploité avec intensité, est un grand succès depuis près de dix ans. Les géologues devraient pouvoir en tirer des conclusions applicables sur d'autres terrains. Mais le recul manque encore pour évaluer la durée et le potentiel total des gisements.

En France, l'énergie coûterait - un peu - moins cher La France peut-elle espérer que l'exploitation de gaz de schiste - si son sous-sol en contient - entraînera une baisse des prix de l'énergie ? Avancé par les défenseurs du gaz de schiste, l'argument s'appuie largement sur l'exemple des Etats-Unis, dont la situation est pourtant difficilement transposable. Les prix du gaz conventionnel s'y sont effondrés en raison d'un afflux massif de gaz de schiste sur le marché. Cela a entraîné, par ricochet, une baisse des prix du charbon, devenu, comme le nucléaire, moins compétitif.

Aux Etats-Unis, cet effondrement des cours du gaz a été une aubaine pour les industries électro-intensives (pétrochimie, sidérurgie, papeteries...). " On a une bonne visibilité sur les prix et les volumes de gaz non conventionnel à un horizon de quinze ans ", assure Stanley Nahon, directeur du secteur énergie du consultant Booz & Company. Les réserves sont en effet identifiées et le ministère américain de l'énergie (DoE) estime que les prix augmenteront progressivement, passant de 2,70 dollars par million de BTU (British thermal unit, soit 28 m3) actuellement, à 5 dollars en 2020 et 7 dollars en 2035.

En France, aucun expert n'ose clamer : les gaz de schiste, c'est l'Amérique ! " La situation américaine n'est pas reproductible en Europe, prévient le président de l'Institut français du pétrole Energies nouvelles. Aux Etats-Unis, l'industrie parapétrolière est très dynamique. On compte 1 000 installations de forage là-bas, une cinquantaine seulement ici. " Olivier Appert met aussi en avant une réglementation du secteur des mines plus favorable et une moindre densité démographique. Autant de facteurs qui permettent de baisser les coûts de production et de contourner les rejets de l'opinion.

" Les coûts de production seront plus élevés ici qu'aux Etats-Unis ", reconnaît Stanley Nahon. Et le prix final aussi. En outre, le " mix énergétique " est différent. Aux Etats-Unis, de nombreux exploitants de centrales électriques ont remplacé le charbon (50 % de l'électricité américaine) par le gaz, dégageant un double gain, financier et environnemental.

La France, qui a très peu de centrales au charbon et un parc nucléaire fournissant une électricité encore compétitive, ne retirerait pas de tels bénéfices. Les analystes ne voient pas non plus d'impact positif du gaz de schiste sur les prix du pétrole et des carburants. Leur développement rapide aux Etats-Unis n'a pas empêché le gallon d'essence de grimper à 3,85 dollars (2,99 euros) en septembre.

Reste le gaz naturel. C'est un combustible " trop cher en Europe ", estime Thierry Bros, analyste à la Société générale. Ce qui explique en partie la baisse de 11 % de la consommation en 2011. " Le développement des gaz non conventionnels peut entraîner une moindre pression sur les prix en Europe ", juge Olivier Appert. Les grands fournisseurs de la France (Norvège, Russie, Algérie) seraient en effet obligés de renégocier - à la baisse - les prix inscrits dans les contrats à long terme signés par GDF Suez.

Plus largement, le gaz de schiste pourrait profiter à l'économie nationale. Outre-Atlantique, les plus optimistes estiment qu'il a procuré 0,5 à 1 point de croissance supplémentaire grâce à l'emploi et à la relocalisation d'industries. Son développement en France réduirait aussi un peu la facture énergétique, qui a augmenté de 32 % en 2011 (61 milliards d'euros).

Un gisement d'emplois difficile à évaluer Quand il s'agit de mesurer l'impact de l'exploitation des huiles et gaz de schiste sur l'emploi, les chiffres valsent et se contredisent. Aux Etats-Unis, pays leader dans le secteur des hydrocarbures non conventionnels, une étude publiée en novembre 2011 par le cabinet Deloitte annonce près de 550 000 emplois créés en 2010. " C'est le chiffre qui circule, en effet, confirme-t-on chez un pétrolier. Certaines prévisions évoquent même 1,3 million de jobs d'ici à 2035. Mais rien n'est moins sûr... "

Des emplois créés ? Personne n'en doute, mais dire combien relève de la " futurologie " estime l'ONG Food & Water Watch dans une note datée du mois de mars. L'association souligne que " les projections les plus optimistes réalisées ne prennent pas en compte les conséquences des forages qui provoquent la destruction d'emplois dans le tourisme ou l'agriculture, par exemple ".

Et de rappeler que, lors de campagnes industrielles aussi techniques, les groupes pétroliers réservent les " jobs les mieux rémunérés à du personnel qualifié issu d'autres régions et non à des travailleurs locaux ". De même, l'ONG insiste sur le fait que les autres emplois créés sont temporaires, douze mois environ, le temps de mettre en état de marche les puits.

Dans une étude publiée en décembre 2011 dans la revue internationale Energy Economics, Jeremy G. Weber, chercheur au Département américain de l'agriculture, présente les résultats de l'enquête empirique qu'il a menée dans trois Etats concernés par l'exploitation du gaz de schiste : le Colorado, le Texas et le Wyoming. Ses travaux - les premiers qui s'appuient sur des expériences réelles - mettent en évidence que cette exploitation a entraîné " des hausses modestes en termes d'emplois, de salaires et de revenus financiers ".

Plus précisément, il démontre que chaque million de dollars de gaz produit conduit localement à la création de 2,35 emplois et produit 91 000 dollars (70 450 euros) de revenus salariaux. Des conclusions qui l'incitent à mettre en garde contre tout optimisme démesuré des prévisionnistes.

Marie-Béatrice Baudet, Jean-Michel Bezat, Stéphane Foucart et Hervé Kempf

    Naturel, mais non conventionnel

    Une fois extraits, rien ou presque ne distingue les gaz naturels non conventionnels du gaz naturel conventionnel. Comme ce dernier, ils sont principalement formés de méthane (CH4), le plus simple et le plus léger des hydrocarbures, avec les mêmes propriétés.

    Le terme " non conventionnel " signifie que les méthodes d'extraction utilisées sont différentes - principalement la fracturation hydraulique des roches qui recèlent ces hydrocarbures.

    Il existe trois formes de gaz non conventionnel :

    Le gaz de schiste (shale gas) est emprisonné dans la roche où il s'est formé, à des profondeurs de l'ordre de 3 000 mètres.

    Le gaz de réservoirs compacts (tight gas) s'est formé dans des argiles très profondes et a migré dans des couches géologiques supérieures, plus denses.

    Le gaz de charbon est prisonnier des veines du minerai, au sein de poches qui se sont formées dans la veine. C'est le fameux grisou redouté des mineurs. Mais on le trouve plutôt intimement mêlé au charbon.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 19 Octobre 2012

20080318013003_palais_luxembourg.jpgSon camp politique a pris des décisions de non-cumul et monsieur ne veut pas suivre ce qui a été décidé. Monsieur Rebsamen considère qu'être maire de Dijon n'est pas un boulot à plein temps, pas plus que ne l'est le boulot de sénateur.

Soit.

Il faut donc, maintenant, que l'électeur Dijonnais prenne ses responsabilités et ne vote pas pour lui.

C'est aussi simple que cela, car, le citoyen ne peut pas se dire contre le cumul et voter pour des cumulards.

A vos bulletins !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 04 Septembre 2012

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ENTRETIEN
M. Rebsamen : " La priorité, c'est l'emploi et la croissance, pas le cumul des mandats "
Le maire de Dijon, président du groupe PS au Sénat, refuse toute application anticipée du non-cumul des mandats

Sénateur et maire de Dijon, président du groupe PS au Sénat, François Rebsamen défend le maintien de la possibilité du cumul pour ses collègues de la Haute Assemblée.



Pourquoi lancer maintenant une offensive  contre la limitation du cumul des mandats, cheval de bataille de la première secrétaire ?

C'est venu un peu par hasard. On m'a demandé si je comptais rester maire et sénateur, j'ai répondu oui, jusqu'en 2014. Comme tous les sénateurs élus en 2008, je ne suis pas directement concerné par la jurisprudence Aubry. Celle-ci ne vise que les parlementaires élus en 2011 ou 2012, qui avaient signé l'engagement de se démettre de leurs fonctions.  Mais la proposition de Martine Aubry en matière de limitation du cumul pour les parlementaires est impossible à comprendre pour le commun des mortels.



Comment justifier votre position ?

La limitation du cumul doit se faire par la loi et concerner l'ensemble des élus. Je suis contre tout désarmement unilatéral.



Mais les socialistes ne doivent-ils pas montrer l'exemple  ?

En politique, il est quand même nécessaire de regarder les conséquences de ses prises de position ! Si nous étions les seuls à nous appliquer cette mesure, cela n'aurait aucune valeur d'exemplarité, mais cela reviendrait à se tirer une balle dans le pied. Il était prévu que si la gauche gagnait, il y aurait une loi. C'est donc au gouvernement de présenter sa loi, et aux parlementaires de la voter et de l'amender si nécessaire. C'est d'ailleurs ce qui était prévu, d'où le problème aujourd'hui, avec cette pression pour un abandon unilatéral.



L'opinion est majoritairement favorable à la limitation du cumul. Comment justifier devant elle le maintien de celui-ci ?

La fin du cumul des mandats, annoncée ainsi sèchement, sans mesure d'accompagnement ni réflexion, ne constitue pas une avancée démocratique. Il faut au moins deux préalables. D'abord, un statut de l'élu local. Il n'est pas possible, dans une république décentralisée, de laisser des élus en grande responsabilité sans réflexion sur leur statut et les ressources qui leur permettraient d'assumer convenablement leur mandat. Et puis, au-delà, il faut une réflexion sur le bicamérisme français, le rôle et la place du Sénat.



Quel rapport avec la question du cumul ?

Je ne comprendrai pas qu'il ne soit pas possible, demain, pour un sénateur d'être maire d'une commune ou président d'un exécutif local alors même qu'il représente les collectivités locales ! C'est un problème de compréhension démocratique. Il y a des arguments fallacieux qu'il faut faire tomber, comme le cumul des indemnités. On peut très bien cumuler bénévolement des mandats locaux...

Le Sénat représente les collectivités locales. Si un sénateur ne peut être membre d'un exécutif local, il faut se poser la question de son utilité. Le but du Sénat n'est pas d'être une assemblée nationale bis, une assemblée croupion dont l'intérêt serait limité.



N'entravez-vous pas, par cette prise de position, l'action du président de la République, qui s'est engagé à limiter le cumul dans son programme présidentiel ?

Je ne m'oppose absolument pas à la volonté du président de la République. Je connais son engagement et je suis pour l'application de ses propositions. Mais je ne suis pas ministre ; je suis parlementaire. Je fais donc mon travail de parlementaire. Il est quand même normal que nous ayons la possibilité de nous exprimer sur un sujet aussi grave ! Je veux voir quelle formulation sera adoptée et quel projet de loi sera présenté. Il n'y a pas d'élection demain. Il n'y a donc aucune urgence.



Votre position est à rebours de l'opinion, très favorable à la limitation du cumul...

J'ai bien conscience d'être à contre-courant de l'opinion. Mais c'est aussi l'occasion de l'éclairer, de ne pas laisser croire aux Français que les parlementaires empilent les indemnités sans limite alors que celles-ci sont plafonnées. Il ne faut pas céder à la démagogie ambiante en pointant du doigt les élus locaux qui sont en réalité les piliers de la démocratie française. Jaurès ne disait-il pas qu'il fallait sans cesse dénoncer "  la loi du mensonge triomphant qui passe " ? Or ce message démagogique, selon lequel les élus s'en mettent plein les poches, constitue un mensonge triomphant.



Que vont faire les sénateurs PS dans les prochaines semaines, alors que la première secrétaire et le premier ministre viennent de réitérer leur engagement à faire aboutir le non-cumul ?

Attendre les conclusions de la mission de moralisation de la vie publique et le projet de loi. Il n'y a aucune raison de jouer les matamores. On peut alimenter le débat calmement. Je voudrais simplement gentiment rappeler à Martine Aubry que ces mesures vont être réalisées par la loi, et au premier ministre, Jean-Marc Ayrault, que dans l'ordre des textes de loi, la priorité, dans le contexte actuel, me semble plutôt être le chômage, la croissance, l'égalité ou l'éducation.

Propos recueillis par David Revault d'Allonnes

    La réponse de Jean-Marc Ayrault sur " l'exemplarité "

    Interrogé dans l'émission " Tous politiques ", sur France Inter, en partenariat avec Le Monde et l'AFP, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a répondu, par avance, aux arguments de François Rebsamen sur le cumul des mandats et l'ordre des priorités gouvernementales. " La priorité, c'est l'exemplarité, et l'exemplarité, ça commence par respecter les engagements que vous avez pris devant les Français ", a expliqué, dimanche 2 septembre, le premier ministre, rappelant l'engagement de voter une loi prévue pour entrer en application lors des élections municipales en 2014. " Il sera mis fin au cumul d'un mandat parlementaire - donc député, sénateur ou parlementaire européen - avec un mandat exécutif local - maire, adjoint ou président, vice-président de conseil général ou régional ", a précisé M. Ayrault.

    Lire aussi le compte rendu de l'émission " Tous politiques " en page 18

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 18 Octobre 2012

editorialCOLOR-450x350.jpgJe n'aime pas beaucoup les éditoriaux et les éditorialistes. Le boulot d'un journaliste est d'investiguer, d'aller chercher l'information et de la retranscrire. Pas de la commenter.

Cet éditorial est dans la droite ligne d'un éditorial que l'on peut considérer comme médiocre. Il pose la question de 'Pourquoi 2013 ?' et s'étonne d'une date aussi rapprochée. Cet éditorialiste oublie que si Hollande dit 2014, 2015 ou 2016, il montrera qu'il ne prend pas les décisions nécessaires tout de suite, et perdra en crédibilité.

En politique, il faut avoir le bon sens paysan. Quand on emprunte de l'argent et que l'on dit : "Je te rembourserai à la Saint Glin-Glin, si la croissance est bonne", c'est la meilleure manière que l'on nous prête plus.

Bref, soit l'éditorialiste est bête, soit il est de mauvaise foi. Je pense pour le deuxième cas.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 12 Septembre 2012

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Editorial
3 % de déficit, oui. Mais pourquoi en 2013 ?

En annonçant un matraquage fiscal exceptionnel pour tenir les engagements européens de la France en matière budgétaire, François Hollande a suscité un beau débat. Patriotisme et fiscalité, finances publiques et croissance - autant de sujets de dissertation pour diplôme de fin d'année de Science Po.

Les discussions enflammées qui ont suivi l'intervention du président sur TF1 dimanche 9 septembre sont intéressantes. De même que celles, plus exotiques, provoquées par l'attirance soudaine pour le climat belge de tel ou tel capitaine d'industrie. Elles ont un défaut : elles sont, largement, à côté de la plaque.

M. Hollande est fidèle à ses promesses de campagne et à la parole de Paris à l'égard de ses partenaires de la zone euro. Il entend tenir cet engagement : ramener le déficit budgétaire à 3 % du produit intérieur brut en 2013. Pour ce faire, il a annoncé 10 milliards d'économies dans les dépenses de l'Etat et 20 milliards d'impôts supplémentaires.

On peut contester cette répartition de l'effort. On peut regretter que l'emballage, quoi qu'en dise le président, laisse ce pénible sentiment d'une gauche qui n'aime pas, ou pas assez, les entreprises et les entrepreneurs.

Mais M. Hollande ne manque pas de bons arguments pour s'accrocher à ce cap des 3 %. Il rassure les marchés, qui souscrivent d'autant plus volontiers aux emprunts de l'Etat français. Paris a rarement " vendu " sa dette à d'aussi bonnes conditions qu'aujourd'hui - ce qui contribue, jour après jour, au rétablissement de ses finances. En s'en tenant à ces 3 %, une des règles de bon fonctionnement de l'euro, la France renforce la crédibilité de la monnaie unique à un moment où elle en a bien besoin. L'Etat s'efforce enfin de sortir d'un cycle d'endettement lourd - largement provoqué par la détérioration de sa balance commerciale -, qui est à lui seul un facteur de ralentissement de la croissance.

Le dossier est solide. Nul doute que les marchés pénaliseraient la France si elle changeait de cap. Mais M. Hollande - le chantre de la croissance - s'est arrêté en chemin. Il eût fallu une deuxième partie à l'exposé, comme on l'apprend à Science Po. Il eût fallu adresser cette question à nos partenaires de la zone euro : pourquoi 3 % en 2013, précisément ?

Le vrai débat porte moins sur cette affaire française - la répartition de l'effort budgétaire - que sur le timing que se sont fixé les Européens. En période d'activité basse, l'austérité budgétaire risque de plomber un peu plus la croissance - donc la recette fiscale, donc la dette. D'où l'idée, avancée par nombre d'économistes, et qui figure dans le futur traité budgétaire européen, d'ajuster les objectifs de déficit aux aléas de la conjoncture. C'est la notion de déficit " structurel ". Un déficit corrigé, sous le contrôle de la Commission, en fonction de l'état de la croissance. Ce qui est gravé dans le marbre, c'est le retour à l'équilibre ; la variable, la date butoir.

Reine du déficit, la France n'est pas la mieux placée pour défendre le " déficit structurel ". Mais la cause méritait que M. Hollande prît ce risque.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 17 Octobre 2012

Bernard-Arnaud.jpgLa légende dit que M. Arnaud chercherait à obtenir la nationalité Belge pour s'installer à Monaco. En effet, en tant que Belge, M. Arnaud pourrait avoir des avantages en tant que résident Monégasque que son passeport Français n'octroirait pas.

Une affaire de pognon en somme...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Septembre 2012

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Le PDG de LVMH veut être belge pour... continuer à payer ses impôts en France

MI-FRANÇAIS mi-Belge. Bernard Arnault, le PDG du premier groupe de luxe LVMH l'a martelé : il continuera à résider dans l'Hexagone et à y payer ses impôts. La révélation, samedi 8 septembre, par La Libre Belgique, des démarches effectuées par la quatrième fortune mondiale, selon le magazine Forbes, pour obtenir la nationalité belge a fait l'effet d'une bombe en plein débat sur la taxation à 75 % des très hauts revenus, promise par François Hollande.

D'autant que M. Arnault avait redit, mercredi, à Matignon son hostilité à une telle mesure. Il n'avait d'ailleurs pas hésité, en 1981 à l'arrivée de la gauche au pouvoir, à s'exiler pendant trois ans aux Etats-Unis. Avant de rentrer " quand les choses ont repris un cours normal ", dira-t-il, pour saluer l'arrivée de Laurent Fabius.

Le plus fortuné des patrons du CAC 40 a beau dire, en Belgique, on est moins catégorique. Ainsi, la presse belge a-t-elle fait savoir, lundi, que M. Arnault possédait depuis novembre 2011 une résidence à Uccle, un quartier bruxellois prisé des Français. A en croire le Bourgmestre d'Uccle, qui avait rencontré le PDG de LVMH à cette occasion, ce dernier évoquait le motif des droits de succession. M. Arnault avait " un ressentiment " par rapport à la politique française qu'il " considèrait peu accueillante par rapport à l'entreprise ". Il expliquait " que, si certaines mesures fiscales étaient prises, cela aurait comme conséquence pour lui que les impôts qu'il paierait dépasseraient ses revenus. "

Pour tordre le coup aux rumeurs d'exil fiscal outre-Quiévrain, à l'instar de membres des familles Mulliez (Auchan, Decathlon.), Defforey (Carrefour), de quelques héritiers Hermès, ou encore du fondateur de Darty , la direction de LVMH a précisé que M. Arnault " est, et reste, résident fiscal français. L'obtention éventuelle de la double nationalité franco-belge ne change rien à cette situation ni à sa détermination de poursuivre le développement du groupe LVMH (...) en France. "

" M. Arnault, originaire du nord de la France, a de nombreux liens avec la Belgique tant sur le plan personnel et familial que sur le plan professionnel ", argue le groupe. Né le 5 mars 1949, dans une famille bourgeoise de province, installée à Croix, banlieue huppée de Roubaix, son père, Jean, ingénieur centralien, dirige une entreprise de construction, Ferret Savinel. Le petit garçon voue une admiration sans borne à sa grand-mère, auvergnate. Très bon élève, Bernard Arnault intègre Polytechnique et ce jeune homme timide reprend les rênes de l'entreprise de BTP de son père. " Son groupe privé (Groupe Arnault) a de nombreux investissements en Belgique et entend les développer. C'est dans cette perspective " qu'il " a sollicité la double nationalité ", poursuivent les communicants de M. Arnault, sans convaincre.

Il est vrai qu'une amitié de vingt ans lie le Belge Albert Frère (86 ans) et le milliardaire français. Chacun siège au conseil d'administration de l'autre. Albert Frère est actionnaire de Groupe Arnault. Sa fille, Ségolène Frère-Gallienne, est administratrice de Christian Dior.

Une étiquette de prédateur

Les deux hommes d'affaires ont fait plusieurs investissements en commun. En 1998, ils ont acheté le Château Cheval Blanc à Saint-Emilion, avant de mettre la main sur d'autres grands crus, le Château Quinault l'Enclos et le Château la Tour du Pin. Ils ont investi dans Go Voyages et dans la marque de prêt-à-porter Joseph. En 2006, ils ont créé une structure d'investissement commune, dotée de 1 milliard d'euros. " Je suis toujours satisfait des investissements que je fais avec mon ami Albert Frère et je regrette de ne pas l'avoir assez suivi, car je serais beaucoup plus riche... ", disait M. Arnault en 2010.

Si le milliardaire belge a beaucoup modifié son groupe pour assurer sa succession, il ne prend pas pour autant sa retraite et compte poursuivre ses investissements. Un proche du PDG de LVMH dit que " les liens entre ce dernier et Albert Frère sont appelés à se renforcer à l'avenir et la nationalité belge de Bernard Arnault pourrait avoir un effet facilitateur. "

Rien ne disposait M. Arnault à faire fortune dans le luxe. Et d'une certaine manière, c'est la gauche française qui lui amis le pied à l'étrier. Après son exil fiscal à New York, c'est en effet M. Fabius qui lui donnera un sérieux coup de pouce, politique et financier, pour reprendre le groupe Boussac, et mettre la main sur une pépite, Dior, dont il fera " sa " chose.

Pour construire son empire mondial du luxe, il rachète ensuite une soixantaine de marques (Louis Vuitton, Moët & Chandon, Kenzo, Givenchy, Dom Pérignon...). Une à une. Il y parvient avec l'aide de son plus précieux allié, Pierre Godé, un brillant spécialiste du droit capable de réciter de mémoire un arrêt de cour d'appel, tout en garant sa voiture.

M. Arnault n'a pas peur des bras de fer, des combats juridico-financiers. C'est - hormis le piano - ce qui l'anime. Il emporte ainsi à l'aube des années 1990 la présidence de Louis Vuitton Moët Hennessy en jouant sur les dissensions entre les dirigeants des deux maisons. Une étiquette de prédateur lui colle à la peau. Il propose des sommes folles pour acquérir des joyaux. Il y réussit, même pour emporter le Château Yquem. A la hussarde encore, il s'arroge 22 % du capital d'Hermès, à la barbe des héritiers. Depuis, la bataille judiciaire fait rage. A 63 ans, M. Arnault préside une machine à cash, de 23 milliards d'euros de chiffre d'affaires, qui ignore la crise et exporte 88 % de ses produits. Ce qui lui vaut d'être reçu dans le monde entier comme un chef d'Etat.

Nicole Vulser

    Renégocier la convention fiscale avec Bruxelles

    Le ministre de l'économie et des finances, Pierre Moscovici, a estimé, lundi 10 septembre, qu'il faudrait renégocier les conventions fiscales de la France avec la Suisse et la Belgique, après que le PDG de LVMH a demandé la nationalité de ce dernier pays.

    Interrogé sur BFM TV et RMC, il a estimé que Bernard Arnault avait " failli à l'exemplarité " nécessaire.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 16 Octobre 2012

33469_8845.jpgIl est assez surprenant que les organismes Français, dont l'IFREMER, oublient le principe de précaution concernant la pêche en eau profonde...

Heureusement que le principe de précaution est inscrit dans notre constitution soit dit en passant !

Il est évident que les organismes Français veulent préserver les pêcheurs en donnant des indications scientifiques biaisés. On est donc champion, en France, pour donner des leçons, mais on ne se les applique pas à soi-même.

C'est assez honteux comme position, il faut bien le reconnaître...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Septembre 2012

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Bataille scientifique autour de la pêche profonde
De nouvelles études confortent la proposition européenne visant à bannir une pratique jugée destructrice

Dures journées pour la pêche profonde. Alors que le Parlement européen se prépare à examiner la proposition présentée en juillet par la Commission de Bruxelles, visant à bannir progressivement les chaluts et les filets maillants de fond en Atlantique du Nord-Est, de récents travaux accablent à nouveau ces engins de pêche.

Une étude publiée dans la dernière édition de la revue Nature évalue l'impact du chalutage profond pratiqué au cours des dernières décennies en Méditerranée du Nord-Ouest. En raclant les fonds marins, les chaluts terrassent les talus continentaux et déplacent des millions de tonnes de sédiments : cette pêche " est devenue un important facteur d'évolution des paysages sous-marins " et ce, " à grande échelle ". Dans la foulée de la proposition de la commissaire à la pêche, Maria Damanaki, nul doute que ces résultats seront enrôlés dans la bataille qui voit s'affronter les défenseurs de la pêche profonde à ses opposants.

Car, depuis le mois de juillet, cette bataille se tient aussi sur le terrain de la science. En France, les acteurs de la filière, de même que l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), affirment que la proposition de Bruxelles est infondée. Face à eux : les ONG (à l'exception de France Nature Environnement), les biologistes de la conservation, mais aussi de nombreux experts de la gestion des ressources halieutiques, assurent que la science impose l'arrêt de cette pratique.

Que dit la science ? L'essentiel des études publiées dans les revues scientifiques suggèrent que les cycles reproductifs des espèces profondes sont trop longs pour que celles-ci puissent être exploitées de manière à la fois durable et rentable. Cette opinion, largement partagée, a été résumée dans une analyse publiée en mars dans la revue Marine Policy, conduite par une quinzaine de chercheurs internationaux, dont Daniel Pauly, professeur à l'université de Colombie-Britannique (Canada), reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes du sujet.

Ray Hilborn, professeur à l'université de Washington, non moins reconnu, assure de son côté que " la plupart des poissons profonds ont une croissance lente et une durée de vie longue, mais cela ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas être durablement exploités, cela signifie que nous ne pouvons en prélever qu'une très petite fraction chaque année ". Cela s'applique-t-il à la situation actuelle dans l'Atlantique du Nord-Est ? Pascal Lorance, chercheur à l'Ifremer, le pense. " Les choses ont beaucoup changé, assure-t-il. Jusqu'en 2003, les taux de capture d'espèces profondes étaient clairement non durables dans cette zone, mais depuis, l'effort de pêche y a été divisé par quatre. "

L'Ifremer en prend pour preuve le dernier avis du Centre international pour l'exploration de la mer (CIEM), l'organisme chargé de prodiguer aux Etats des recommandations scientifiques sur les niveaux de prises à ne pas dépasser. Dans les zones travaillées par les armements français, le CIEM recommande ainsi pour 2013 une augmentation des prises pour le grenadier et le sabre noir. Tom Blasdale, président du groupe de travail du CIEM sur les pêcheries profondes, assure que " pour certaines espèces, nous avons de bons indices que les taux d'exploitation actuels sont au niveau, ou bien au-dessous des niveaux durables ".

Un diagnostic contesté par certains, à l'image du biologiste Les Watling. Ce professeur à l'université d'Hawaï, à Manoa (Etats-Unis), estime au contraire qu'" en appliquant les critères de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), certaines espèces profondes de l'Atlantique du Nord-Est, comme le sabre noir ou la lingue bleue, devraient être considérées comme en danger d'extinction ". " S'il y a eu stabilisation de certains stocks au cours des dernières années, celle-ci s'est faite à des niveaux très bas, par rapport au stock initial ", ajoute M. Watling. En outre, estime Claire Nouvian, responsable de l'association Bloom, très engagée contre la pêche profonde, " le fait qu'il pourrait y avoir eu une stabilisation de deux ou trois espèces sur deux ans n'est pas significatif au regard de la centaine d'espèces non valorisées (rejetées par-dessus bord) concernées par ces pêches ". " On ne tient pas compte de la destruction de l'ensemble de l'écosystème, ajoute-t-elle. Alors que l'approche écosystémique est théoriquement une obligation du droit européen. "

Sur vingt-sept stocks d'espèces évalués par les experts du CIEM, vingt-cinq ne sont pas assez connus pour permettre une " évaluation analytique complète ", poursuit M. Blasdale. Ils ont été soumis à une " règle d'exploitation " (une formule mathématique) pour déduire des indices disponibles une recommandation de captures. Selon M. Blasdale, le CIEM a adopté une " approche de précaution ", ne recommandant une augmentation des prises en 2013 que sur quatre stocks - avec statu quo ou une réduction pour les autres. Cependant, les données utilisées par le CIEM, de même que sa méthodologie, sont contestées. Notamment, dit en substance M. Watling, la " règle d'exploitation " est récente et n'a pas encore été soumise à la communauté scientifique, pas plus qu'elle n'a été confrontée à des simulations.

La science sera-t-elle déterminante dans le débat ? Une étude internationale à paraître dans la revue Ocean & Costal Management permet d'avoir une idée de la réponse. Dans le cas de la pêche profonde, les recommandations du CIEM ne sont souvent pas respectées par les Etats de l'Union, qui autorisent des quotas supérieurs dans 60 % des cas. De plus, ces mêmes quotas restent souvent lettre morte. " Dans 50 % des cas, les quotas ont été dépassés au cours de la période 2002-2011, concluent les auteurs. Les prises déclarées étaient en moyenne 3,5 fois supérieures pour les espèces profondes et, dans certains cas, elles ont été 10 à 28 fois supérieures à ce qui était convenu. "

Stéphane Foucart

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 15 Octobre 2012

logo-dlr-large.jpgEntre l'UMP qui a fait une campagne présidentielle dégueulasse en allant ouvertement chasser sur les terres du FN, et le parti de Dupont-Aignan, on est bien servi !

Dupont-Aignan, lui aussi, se déporte sur sa droite. Mais comme il l'était déjà particulièrement, il occupe une position qui le place en tant qu'interlocuteur du FN : de mieux en mieux !

Pendant ce temps là, la droite humaniste, Chiraquienne et Gaulliste est plus que jamais orpheline, obligée de se rapprocher de leur plus proche parent républicain : le PS.

Quand de plus en plus de partis prennent la voie du FN, c'est la France qui perd, vu le programme raciste, xénophobe et économique désastreux du parti à Le Pen.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 09 Septembre 2012

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Nicolas Dupont-Aignan veut dialoguer avec le Front national, "une bonne chose"

Le Monde.fr | 08.09.2012 à 21h12 • Mis à jour le 08.09.2012 à 21h12


Lors du discours de clôture de son université de rentrée, samedi 8 septembre à Dourdan (Essonne), Nicolas Dupont-Aignan a tendu la main au Front National et a appelé au rassemblement de "tous les patriotes pour un programme de salut public". Un positionnement qui interroge certains militants mais en réjouit d'autres, venus de la droite.

Le président de Debout La République était attendu sur le sujet du Front National. Vendredi, il avait déjà laissé entendre qu'il était "ouvert au dialogue" avec le parti frontiste dans le cadre de l'émission Les 4 vérités, sur France 2. En clôture de son université de rentrée, l'ancien candidat à la présidentielle a pu préciser sa pensée. Devant 400 auditeurs, il a appelé les "patriotes de tous bords" à le rejoindre, afin de "ne plus plier devant la dictature du politiquement correct" et se battre contre "la gauche et la droite européistes" qui affaiblissent la France.

FAIRE "COMME FRANÇOIS MITTERRAND AVEC LES COMMUNISTES"

Il précise cependant que c'est le "contexte historique exceptionnel" qui le pousse au dialogue avec le FN et fustige "le bipartisme destructeur de notre pays". François Hollande, qu'il appelle "le président Oui-Oui" ("Oui à Angela Merkel", "Oui aux banques") en prend aussi pour son grade. Dans un échange avec des journalistes après son discours, M. Dupont-Aignan explique vouloir placer le Front National et sa dirigeante devant ses responsabilités historiques : "Si le Front National continue ainsi, il devient l'alibi du système. Ce parti a atteint un plafond de verre. Il ne suffit pas de faire 20 % pour rassembler".

L'ambition de NDA est de faire "comme François Mitterrand avec les communistes", une "sorte d'appel à l'union sacrée". Un discours qui demeure en partie incantatoire, tant le président de Debout la République reste flou sur les modalités concrètes du dialogue avec le FN. Marine Le Pen devrait, selon lui "couper le cordon avec l'obsession identitaire" et mettre fin aux "dérapages extrémistes d'une frange xénophobe" de son parti. Il refuse en outre d'expliquer quels sont les points programmatiques concernés quand il parle de "ligne jaune à ne pas franchir".

"LES CADRES AVAIENT DES APPRÉHENSIONS"

Malgré ses 1,79 % à la présidentielle et le fait que son parti ne compte que deux députés, l'élu de l'Essonne se veut optimiste : "Je suis le seul capable de rassembler les patriotes de gauche comme de droite, j'ai toujours eu un discours irréprochable". Ni le Front de gauche ni le Front national ne seraient en mesure de l'imiter, ils sont jugés trop sectaires. Cependant, l'évolution stratégique de Nicolas Dupont-Aignan est aussi une prise de risque politique. Dans le parti, certains confient que la première journée de l'université de rentrée a connu des débats animés.

"Les cadres du parti, pour beaucoup issus du MRC de Jean-Pierre Chevènement, avaient des appréhensions. Les militants, eux, viennent plutôt de la droite, ils étaient davantage acquis à la cause", confie le délégué général du parti, Laurent Fouco.

"C'EST UN CHOIX QUI PEUT EMBARRASSER CERTAINES PERSONNES"

Laure, une militante venue du Nord Est, est en accord avec la volonté de dialogue de son président : "C'est un choix qui peut embarrasser certaines personnes. Cependant, en tant qu'eurosceptiques, il faut qu'on travaille entre nous". Son collègue Olivier va plus loin. "Avant, notre positionnement était flou, nous n'étions ni à droite ni à gauche. Maintenant, cela va nous placer entre l'UMP et le FN. Je trouve que c'est une bonne chose que Nicolas Dupont-Aignan veuille dialoguer avec le FN". Optimistes, ils veulent croire à une augmentation prochaine des adhésions. "François Hollande a baissé son pantalon sur la règle d'or, ça va faire bouger plein de monde". Le parti revendique officiellement 12 500 adhérents.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 12 Octobre 2012

croix-rougeLe Lions Club organise, le vendredi 19 octobre 2012 (la semaine prochaine), à 20h à la salle des fêtes de Voiron, un concert au profit de la Croix-Rouge.

Au programme :
- Tour de Corse en chansons
- Fabien Lafiandra (http://www.fabien-lafiandra.com/)

Prix : 15 € (gratuit pour les enfants de moins de 10 ans).

Les billets sont en vente à la vesti boutique Croix-Rouge (5 rue Genevoise à Voiron) du lundi aprem au samedi matin.

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Publié le 11 Octobre 2012

Image-des-cils-du-loup.jpgIl faut protéger le loup car il n'est pas tolérable que l'on chasse cet animal qui est à sa place dans son élément naturel. Cependant, il est normal que les éleveurs puissent protéger leurs troupeaux lors des attaques, alors ?

 

Alors, il faut adopter une position d'équilibre... Il faut continuer à rendre interdite la chasse au loup, mais il faut donner le droit aux agriculteurs d'envoyer quelques bastos, y compris létales, à certains individus qui prendraient le troupeau comme un supermarché à ciel ouvert.

 

J'ai entendu parler du fait que les loups étaient si peu craintifs de l'homme actuellement, que certains tournaient autour des habitations. Quand la sécurité des citoyens est en jeu, il faut savoir montrer les crocs de temps en temps, d'un côté comme de l'autre.

 

Je suis donc pour un permis de tuer le loup lorsqu'il représente un danger pour le troupeau. C'est une espèce intelligente qui comprendra très vite que s'attaquer au troupeau représente un danger pour lui. C'est le seul moyen de montrer au loup qu'il a plus à gagner à continuer à chasser ailleurs que les troupeaux.

 

D'un autre côté, il faut offrir des territoires au loup dans lesquels on ne pourra pas élever les troupeaux : une sorte de réserves dans lesquelles le loup pourra s'épanouir, se reproduire et se nourir sans avoir à craindre l'homme.

 

Un article du journal 'Le Monde' daté du 08 Août 2012

 

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Quand José Bové crie haro sur le loup

Oui, on peut tirer le loup ! " José Bové persiste et signe. Il confirme au Monde et accentue sa position exprimée sur Radio Totem, une radio lozérienne, le 17 juillet. Ce pavé dans la mare écologiste a suscité une plainte pour " incitation à la destruction d'espèce protégée ", déposée le 1er août auprès du tribunal de Mende par l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas).

La déclaration du député européen EE-LV (Europe Ecologie-Les Verts) intervient alors qu'un vif débat agite la Lozère depuis que des photos de loups y ont été prises en juin. Les éleveurs de moutons craignent que le canidé s'installe durablement dans le département. Une centaine d'entre eux ont manifesté le 22 juillet à Florac sous la banderole " Non au loup ".

Le prédateur a une tendance à manger les brebis, une proie plus facile à saisir que les chevreuils ou les sangliers. Le 1er août, la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence a ainsi annoncé que les loups présents dans ce département avaient mené dans l'année écoulée 63 attaques de troupeaux, tuant 305 ovins (des chiffres respectivement en baisse de 22 % et 32 % sur l'année précédente).

Comme le loup est une espèce protégée par la convention de Berne, des mesures doivent être prises dans les départements où il est présent : clôtures électriques, chiens patous, éclairage nocturne, mise à l'étable des troupeaux. Par ailleurs, l'indemnisation des ovins dévorés nécessite un dossier administratif fastidieux. Et les tirs d'effarouchement, éventuellement léthaux, autorisés par les préfets, sont une complication supplémentaire.

Les éleveurs lozériens craignent que l'installation de loups dans leur département entraîne la mise en place de ces mesures, qui compliquent leur travail. Pour André Baret, éleveur et maire de Hure-la-Parade, " nos exploitations sont fragiles. Le loup n'est pas responsable de la crise, mais il est la goutte qui fait déborder le vase ". M. Baret qui, comme de nombreux éleveurs du causse Méjean, s'est investi contre l'exploitation des gaz de schiste ou des projets immobiliers, souligne que la situation est différente de celles des Alpes : " Ici, les troupeaux sont plus petits - de 100 à 200 têtes contre plus d'un millier -, et ils mangent la nuit, dehors, quand il fait moins chaud. C'est plutôt la nuit que le loup attaque. "

La Lozère abrite pourtant le Parc des loups du Gévaudan, une attraction touristique populaire. Pour son responsable zootechnique, Sylvain Macchi, " la présence du loup est indéniablement une difficulté pour les éleveurs. Mais on ne peut pas dire que la cohabitation est impossible ". Et d'observer que si l'on recense 200 loups en France, il y en a plus de 2 000 en Espagne, et 1 000 en Italie.

Arrêter la " langue de bois "

Mais pour José Bové, " il faut que nous, les écolos, on arrête la langue de bois : on ne peut être à la fois contre la désertification des campagnes et l'extension urbaine à l'infini, et en même temps créer à la campagne des espaces où les agriculteurs ne peuvent pas vivre ". Et d'insister : " On peut tirer le loup, parce que la priorité est de maintenir les paysans dans les zones de montagne. "

Cette position indigne Pierre Athanase, président de l'Aspas : " Dans l'écologie, il y a la biodiversité. Si M. Bové n'est pas d'accord, il faut qu'il quitte EELV. " L'Aspas incrimine aussi les nombreux arrêtés préfectoraux permettant les tirs au loup. L'association a engagé des recours contre l'Etat français auprès de la Commission européenne et du Conseil de l'Europe. De son côté, la ministre de l'écologie, Delphine Batho, a annoncé, le 26 juillet, une prochaine concertation sur le loup.

Hervé kempf

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 9 Octobre 2012

medicaments-bientot-en-vente-libre-id493.jpgC'est un article très intéressant qui est proposé ici. C'est une tribune qui a été écrite par un psychiatre. Il y dit que la consommation de médicaments pour soigner les maux de l'être peut être fortement réduite.

Un article qui peut être consommé sans modération...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Septembre 2012

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La France reste parmi les trois plus forts dévoreurs d'anxiolytiques et d'antibiotiques en Europe. Le psychiatre Patrick Lemoine s'inquiète de ces interactions médicamenteuses dont les coûts humain et financier sont colossaux
La terrible gentillesse des médecins français
Tribune

Si vous êtes hollandais et que vous vous rendiez chez un praticien néerlandais, en fin de consultation, vous avez six chances sur dix de repartir sans ordonnance, alors que si la même scène se déroule en France vous n'aurez que 0,25 chance sur dix de ne pas recevoir le précieux parchemin... Cherchez l'erreur ! Le résultat de cette incroyable différence culturelle est qu'aux Pays-Bas on consomme six fois moins de médicaments qu'en France.

Pendant des décennies, notre pays a été le plus mauvais élève de la classe mondiale, caracolant en tête des plus gros consommateurs de médicaments, notamment de tranquillisants et de somnifères, mais aussi antibiotiques ou antalgiques. En 2009, les Français consommaient deux fois plus de tranquillisants que les Espagnols, cinq fois plus que les Allemands, huit fois plus que les Anglais ! Nous avalions alors deux fois plus de somnifères que les Allemands ou les Italiens. Notre pays semble devenu un peu plus raisonnable et se situe aujourd'hui dans la moyenne des pays européens. Néanmoins, nous restons parmi les trois plus forts dévoreurs d'anxiolytiques et d'antibiotiques.

Les coûts directs et surtout indirects humains et financiers sont colossaux, si l'on songe au nombre d'accidents de voiture, d'hospitalisations et de décès liés aux erreurs médicales et autres interactions médicamenteuses non contrôlées. Près de 13 000 hospitalisations par an sont dues aux effets indésirables médicamenteux dont une bonne part liée à ces fameuses interactions. L'Inserm évalue à 10 000 décès par an (estimation basse) les conséquences de ces " erreurs " dont un pourcentage important serait évitable.

Comment expliquer cet amour de la France pour les médicaments ? En général, la première réponse qui vient à l'esprit est : " La faute à l'industrie pharmaceutique et à son lobbying. Il suffit de voir les ravages qu'a causés l'affaire du Mediator ! " J'ai travaillé aux Etats-Unis (Stanford), au Québec, un peu en Russie, j'interviens en Italie, parfois en Suisse, et je pense être assez bien placé pour dire que les méthodes commerciales dans ces pays sont comparables aux nôtres.

La deuxième réponse qui vient est : " La faute aux Français, qui sont très angoissés et très demandeurs. " Là encore, l'explication ne tient pas. Les études montrent que les Français ne sont pas plus souvent anxieux, insomniaques ou infectés que les autres. Une clientèle s'éduque et, si les patients savaient qu'en cas de demande inadéquate ils se heurteraient à un refus, ils changeraient très vite de comportement. Il suffit de se rappeler avec quelle rapidité l'interdiction de fumer au restaurant a été intégrée malgré les Cassandre qui prédisaient un échec de cette mesure au pays d'Astérix.

Autre explication : la politique gouvernementale. L'explication tient un peu mieux. Du fait du tiers payant, personne ne connaît le prix des médicaments. De plus, dans la plupart des pays développés, les pharmaciens ouvrent les boîtes qu'ils reçoivent en gros et délivrent le juste compte : si c'est trois comprimés par jour pendant une semaine, ils en remettent 21, pas un de plus. En France, ils donnent deux boîtes de 20. Résultat, 19 comprimés restent sur le carreau. Les pharmaciens français se braquent quand on leur en parle, arguant du surcroît de travail... mais alors comment font leurs confrères américains ou allemands ? Il est incompréhensible que les pouvoirs publics, pourtant à l'affût d'économies, ne se montrent pas plus volontaristes en ce domaine.

Dernière explication : le comportement des médecins. Faites un test, demandez à n'importe quel patient en psychiatrie : quel est votre traitement ? Il répondra par une liste (interminable) de spécialités. Il ne lui viendra pas à l'idée d'évoquer la relaxation, la psychothérapie, l'EMDR (désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires)... pourtant largement aussi efficaces. J'ai introduit en 1984 en France le traitement de la dépression saisonnière par la lumière. Près de trente ans plus tard, cette pratique reste boudée chez nous, alors qu'elle est largement prescrite et utilisée ailleurs en Europe et qu'aucun médicament n'a d'indication officielle dans ce trouble.

Mais le gros problème de notre pays reste la " gentillesse " des médecins. Il y a quelques années, j'avais réalisé une étude avec l'accord du Conseil de l'ordre et grâce à un financement de la caisse régionale d'assurance-maladie. Deux comédiennes ont joué un scénario de demande injustifiée de tranquillisants auprès de médecins qui pensaient avoir affaire à de vraies patientes. Cent quatre-vingts consultations ont été réalisées. Zéro refus !

Pourtant, à l'analyse des cassettes enregistrées, les praticiens ont pris tout leur temps, se sont montrés compétents, mais aucun n'a eu le coeur de dire non, ni même de proposer fermement le sevrage. Aucun non plus n'a parlé de relaxation ou de thérapie cognitive et comportementale démontrées pourtant plus efficaces que les benzodiazépines. La même enquête aurait probablement donné les mêmes résultats en cas de demande d'arrêt de travail anormale. Le toubib français répugne à dire non.

Il est impératif que la formation médicale continue obligatoire soit enfin mise en place et qu'on apprenne aux médecins les techniques de gestion du refus. Il faut aussi que ces derniers comprennent qu'il existe d'autres voies que la chimie pour soigner l'anxiété ou les infections et que la gentillesse est parfois toxique - je pense à cette aide-soignante qui n'avait pas le coeur de refuser de donner de la confiture à des diabétiques " qui aiment tant le sucre ".

Le jour où les médecins sauront dire non, sauront proposer autre chose que la chimie, notre pays et ses finances se porteront mieux.

Le supplément " Science & techno " publie chaque semaine une tribune libre ouverte au monde de la recherche. Si vous souhaitez soumettre un texte, prière de l'adresser à sciences@lemonde.fr


    Psychiatre, écrivain,
    docteur en neurosciences,
    habilité à diriger la recherche (université Claude-Bernard-Lyon-I).
    Ancien chercheur
    à l'université Stanford,
    ancien chercheur associé
    à l'université de Montréal,
    directeur médical international
    de la division psychiatrie
    du groupe Clinea.


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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 8 Octobre 2012

04188384-photo-samsung-appleVoici bien la preuve que ce que je disais y'a quelques temps était vrai : Samsung a perdu contre Apple aux Etats-Unis uniquement car Apple est américain.

Le fait qu'un jury populaire ait eu à juger dans ce dossier avait donc été déterminé.

Pour la première fois, donc, début Septembre, un pays indépendant devait rendre son verdict. Au Japon, donc, Apple a été débouté.

Preuve que cette petite gué-guerre est inutile et intestine. Tout ce qui va déboucher de cette histoire va être que les produits des deux firmes vont augmenter pour compenser les frais de justice de ces procès à répétition...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Septembre 2012

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TECHNOLOGIES
Samsung : Apple débouté au Japon

Samsung a remporté, vendredi 31 août, une bataille dans la guerre des brevets qui l'oppose à son concurrent Apple. L'américain a été débouté de sa plainte pour violation de brevets par un tribunal japonais. Les juges ont estimé que les tablettes et smartphones du coréen n'utilisaient pas les mêmes technologies que celles des iPad et iPhone d'Apple. Cette décision va à l'encontre du jugement du tribunal californien de San José, qui, le 24 août, a condamné Samsung à une amende de 1,05 milliard de dollars. - (AFP.)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 5 Octobre 2012

amanuscritlivre_heure.jpg-w-640-h-570.jpgC'est un appel au don assez particulier qui est fait ici : il s'agit de donner de l'argent de manière à ce que l'Etat se porte acquéreur d'un rare manuscrit.

Il manque 250 000 Euros et l'appel au don est lancé : ça doit intéresser Sarko, Lagarde et Tapie cette histoire !

En effet, il faut se rappeler que le contribuable a déjà été mis à contribution car grâce à l'action conjuguée de Sarko et de Lagarde, le contribuable Français a été lésé de 240 Millions d'Euros pour refiler ce pognon à cet enculé de Bernard Tapie (désolé pour la grossièreté mais...quel autre mot utiliser pour caractériser ce vil individu ?).

Je pense donc que Bernard Tapie peut financer cet achat : au moins il aura servi à quelque chose une fois dans sa vie...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 Août 2012

Patrimoine
BNF cherche mécènes pour manuscrit royal

Le compte à rebours est lancé à la Bibliothèque nationale de France (BNF). Il reste quatre mois à l'institution pour rassembler le million d'euros nécessaire à l'acquisition du " livre d'heures " de Jeanne de France, un manuscrit liturgique du XVe siècle, commandé par Charles VII à l'occasion des noces de sa fille et enluminé par le Maître de Jouvenel des Ursins (photo). La BNF conserve une douzaine de manuscrits ayant appartenu à Jeanne de France. Toutefois, les 336 feuillets calligraphiés, le portrait de Jeanne en prière, le rubriquage en lettres d'azur afin de mieux organiser le programme religieux de la jeune femme, et les soixante-cinq miniatures peintes au fil de l'ouvrage font de ce volume un " manuscrit exceptionnel ", insiste la Bibliothèque nationale de France.

Mais les temps sont durs. Depuis le classement de l'objet comme trésor national, en juin 2011, 750 000 euros ont été recueillis. Il en manque donc 250 000. Si, passé le 31 décembre, la somme n'a pas été trouvée, l'actuel propriétaire, descendant du magistrat et collectionneur Victor-Prosper Martin Leroy (1842-1918), pourra le vendre à l'étranger. Pour convaincre les hésitants, la BNF rappelle que la procédure offre des avantages fiscaux substantiels aux généreux donateurs. (PHOTO CHRISTIE'S IMAGES)

Nathaniel Herzberg

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 4 Octobre 2012

1336126214Kalach.jpgUne sénatrice du PS veut l'armée à Marseille. Est-ce si débile que cela ? En fait, les armes utilisées à Marseille par les trafiquants sont bel et bien des armes de guerre. De plus, pour le moment, on ne peut pas dire que la Police et la justice aient été particulièrement efficaces à endiguer la vague de violence qui gangrène la citée focéenne.

Sauf donc, à considérer que l'on peut laisser agir ces actions-représailles impunément, il faut trouver des solutions et l'armée en est une.

Il y a aussi la solution de se dire que ces actions assainissent le terrain et que si ces délinquants sont assez crétins pour se dézinguer entre eux, on n'a qu'à laisser faire et que la guerre finira à moment ou à un autre faute de combattants... Ce n'est pas une solution digne d'un état républicain non-plus.

Alors ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 Août 2012

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Mme Ghali, sénatrice PS, veut l'armée à Marseille

La sénatrice PS Samia Ghali appelle de nouveau l'armée à intervenir dans les quartiers nord de Marseille, dans un entretien à La Provence du 30 août. La maire des 15e et 16e arrondissements avait déjà réclamé des militaires dans Le Parisien du 26 août. " Face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d'abord. Et pour bloquer l'accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages. Même si cela doit durer un an ou deux, il faut tenir ", assure Mme Ghali. Les quartiers nord, gangrenés par le trafic de drogue, sont régulièrement le théâtre de règlements de comptes.

Mercredi, un homme de 25 ans est mort après avoir été atteint par une rafale de kalachnikov. Les 3e, 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements de la ville ont été classés zone de sécurité prioritaire.

En juin 2011, le maire écologiste de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon, avait provoqué la polémique en demandant " d'envisager une présence de l'armée 24 heures sur 24 " dans certains quartiers. Mais il défendait également la dépénalisation du cannabis, rejetée par Mme Ghali : " Je ne supporte pas ces pseudo-gauchos-intellos-bobos qui vous disent que fumer un chichon, ce n'est pas grave. "

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 3 Octobre 2012

6a00d83452232169e2015438c0abfb970c-800wiQuand on dit que les Français sont contre le cumul des mandats, ça me fait doucement rigoler ! Par définition, pour que quelqu'un soit élu, il faut bien qu'il y ait des gens, une majorité même, par définition, qui vote pour lui !

Dès lors, comment ne pas simplemenmt remettre en question du QI moyen de nos concitoyens qui affirment haut et fort qu'ils sont contre le cumul... tout en votant pour des cumulards...

Donc, comment en vouloir à tous ces pourris, profitant des subsides de l'Etat, de l'argent du contribuable, de faire un métier à mi-temps, tout en étant payé plein temps ?

Après tout, avec tous ces pourris à la tête de l'Etat, le citoyen Français a peut être les élus qu'il mérite...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 30 Août 2012

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Défiée, Mme Aubry rappelle les élus PS au non-cumul
La première secrétaire demande aux socialistes de lâcher leurs autres mandats exécutifs locaux

Les socialistes n'en ont pas terminé avec le cumul des mandats. Les élus socialistes doivent, selon les règles du parti, abandonner leurs mandats exécutifs dans un délai de trois mois après la tenue d'un scrutin, soit le 17 septembre en principe pour les députés. Mais certains ne cachent pas leur hostilité persistante envers cette idée. " Le non-cumul, pas pour moi ", a ainsi lancé, sur RMC-BFMTV, le chef de file de la majorité au Sénat, François Rebsamen, par ailleurs maire de Dijon et président de sa communauté d'agglomération.

Proche de François Hollande, M. Rebsamen juge qu'il a " pris un engagement devant les électeurs ", qui l'oblige à conserver ses mandats jusqu'aux municipales de 2014. Il plaide par ailleurs pour " que les sénateurs qui représentent les collectivités locales puissent garder leur mandat local ", contrairement aux députés. " On est élu par des grands électeurs, (...) ce sont des élus, (...) quand vous n'êtes pas maire, vous n'êtes pas des leurs ", estime-t-il.

A l'heure actuelle, la France est la championne d'Europe du cumul des mandats, avec près de 80 % des parlementaires concernés.

Se montrer " exemplaires "

M. Hollande a promis lors de la primaire socialiste de faire voter " dès le lendemain de - son - élection " une loi limitant le cumul des mandats pour toute la classe politique. Mais dans le même temps, le candidat Hollande avait également tenu aux grands élus PS - très hostiles à la fin du cumul - un discours bien moins ferme que celui de Martine Aubry sur la question.

Parallèlement à cette future loi, dont la préparation est confiée à la commission dirigée par l'ancien premier ministre Lionel Jospin, le Parti socialiste a fait inscrire dans ses statuts - à la suite du vote des militants en 2010 -, la limitation, dès 2012, du cumul des mandats.

S'ils peuvent conserver un mandat local, sénateurs et députés PS sont censés abandonner avant la fin septembre tout poste exécutif (maire, président de conseil général ou régional...). Les sénateurs socialistes avaient déjà renâclé à appliquer cette règle en 2011 et obtenu un sursis en échange d'un engagement par écrit, également demandé aux candidats aux législatives, à renoncer à leurs mandats locaux en cas d'élection. Pourtant, selon les calculs du Monde en juillet, on comptait 94 sénateurs et 207 députés socialistes en situation de cumul.

La charge de M. Rebsamen a amené Mme Aubry à sortir de sa réserve. La première secrétaire sortante a rendu publique, mardi soir 28 août, une lettre adressée à tous les parlementaires socialistes. Citant explicitement les statuts du parti, elle leur rappelle leur engagement et le vote des militants, et les appelle à se montrer " exemplaires " et à respecter " la parole donnée ".

Proche de Mme Aubry, le député PS de la Nièvre, Christian Paul, a donné l'exemple en abandonnant mardi son mandat exécutif régional.

Samuel Laurent

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 2 Octobre 2012

Algues-vertes-mains_pics_390.jpgC'est inquiétant, car récurrent. Plus on avance, et moins on avance... Ca fait des années que ce problème et là et perdure et on est toujours au même point : on paie pour nettoyer, on paie des amendes à l'Europe et on ne fait rien pour changer les choses.

La justice ne sait pas qui elle doit protéger, se faisant très régulièrement les défenseurs des pollueurs. Tout cela vient d'une certaine médiocrité, y compris judiciaire donc, et d'un attentisme qui va forcément nous mener à toujours plus de problèmes sur ces belles plages bretonnes.

Honteux ? Assurément !

Car il serait si simple de montrer aux véritables responsables qui est vraiment le patron en favorisant l'intérêt général et des côtes au détriment des cultures envahissantes ! Mais vous n'y pensez pas, mon bon Monsieur, si je rentre dans le lard des pollueurs, ils ne voteront plus pour moi ! Et si c'était cela le problème ? Et si défendre l'intérêt général était la véritable preuve du courage politique ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 30 Août 2012

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REPORTAGE
La Bretagne échoue à endiguer les marées vertes
La ministre de l'écologie veut promouvoir " un nouveau modèle agricole " pour lutter contre les ulves
Douarnenez (Finistère) Envoyée spéciale

Ce matin de la fin août, il n'y en avait pas. A midi, elles étaient de retour en couche fine et moussue, d'un vert cru caractéristique, déjà un peu croûteux et grisonnant sur les bords, recouvrant partiellement la plage du Ris, à Douarnenez, dans le Finistère. Certains, en Bretagne, seraient bien tentés de se résigner à vivre avec. Après le répit d'un mois de juillet maussade, Ulva armoricana prospère à nouveau au soleil, mais ne finit-on pas toujours par dénicher un petit coin dégagé pour poser sa serviette de bain ?

Dans la belle baie vallonnée de Douarnenez, le littoral alterne sites épargnés ou fraîchement nettoyés, anses tachées d'un tapis couleur laitue à l'embouchure d'un petit cours d'eau, et criques totalement recouvertes comme celle de Ty Anquer. Sur le parking, se dresse un panneau que l'on retrouve à plusieurs reprises le long du littoral. Fatalement vert, il alerte sur les dangers des tas d'ulves en décomposition et s'orne d'un curieux jeu graphique réalisé avec les lettres " H2S ", comme hydrogène sulfuré, le gaz accusé d'avoir tué chiens, sangliers et cheval les étés précédents.

Présentée officiellement le 24 juillet, la " charte de territoire " de Douarnenez, censée déterminer les actions de prévention contre cette prolifération nauséabonde - c'est-à-dire réduire les fuites massives d'azote vers la mer - suscite l'opposition unanime des associations régionales de défense de l'environnement qui la jugent insuffisante. Ses financeurs, Etat et collectivités locales, devraient la signer quand même à l'automne. Ce programme fait partie du plan de " reconquête de la qualité de l'eau ", annoncé par le gouvernement de François Fillon en 2010 et mobilisant 134 millions d'euros. Il cible les huit bassins versants les plus touchés. Trois de ces chartes ont été adoptées avant celle de Douarnenez. Les autres se négocient avec la profession agricole.

La ministre de l'écologie, Delphine Batho, menace d'instituer avec autorité des " zones soumises à contraintes environnementales ", à l'encontre de deux bassins récalcitrants, ceux de La Fresnaye (Côtes-d'Armor) et Guillec-Horn (Finistère), qui ne parviennent pas à conclure. Elle assure qu'avec son homologue de l'agriculture, elle va " engager un travail pour aller vers un nouveau modèle agricole en Bretagne. " Etablir de nouvelles règles s'impose, explique-t-elle, puisqu'il " va bien falloir satisfaire à nos obligations européennes ". La ministre annonce la formation d'une " mission parlementaire sur le non-respect de la restauration de la qualité de l'eau à l'horizon 2015 ". Incapable de redresser la situation, la France encourt une sanction de 28 millions d'euros devant la Cour de justice de l'Union européenne.

A lui seul, le ramassage des ulves coûte près de 1,3 million d'euros par an. Sans compter le traitement des tas d'ulves gorgées d'eau et de sable, ni les impacts économiques (tourisme, pêche, conchyliculture, immobilier), ni les problèmes de santé publique qui s'élargissent aux proliférations de micro-algues. La charte de Douarnenez prévoit des subventions pour favoriser plus de cultures biologiques, un peu plus de prairies et de zones humides, et une aide substantielle pour doter quelques exploitations d'unités de méthanisation. Sans convaincre les écologistes.

" Ça fait trente ans que les plans se succèdent, sans résultats, déplore Jean Hascoët, président de l'association Baie de Douarnenez environnement. Le diagnostic est connu, mais les dirigeants de la chambre d'agriculture ont un dogme : on ne diminuera pas la production. Quand ils parlent de "mutualiser" les zones d'épandage, nous savons que cela signifie traquer les derniers espaces indemnes pour y épandre du lisier. "

Pris entre les atermoiements de l'Etat et le refus d'évoluer des élus agricoles - que l'ensemble de la profession ne partage pas -, les militants guettent les augures sur le terrain judiciaire. Lorsque l'autorisation d'agrandir encore un méga-élevage de porcs est annulée, c'est un bon point. Lorsqu'un chercheur de l'Ifremer, Jean-Yves Piriou, est condamné pour avoir qualifié de charlatan le seul scientifique niant le rapport entre les quantités massives d'azote rejetées par l'agriculture intensive et les marées vertes, c'est mauvais signe. Et lorsque le syndicat agricole majoritaire attaque avec succès la réglementation protégeant les captages d'eau potable, c'est inquiétant.

" Depuis quinze ans, nous avons beaucoup évolué. Ceux qui viennent nous donner des leçons sont des égoïstes ", assène le vice-président de la chambre d'agriculture du Finistère, André Sergent. Il admet du bout des lèvres le lien entre son activité et les rejets d'azote, dont le dernier rapport ministériel conclut qu'ils proviennent à 90 % au moins de l'agriculture. Mais il se trouve toujours, selon lui, une baie qui permet de douter.

En tant qu'éleveur bien installé (100 vaches, 325 truies soit 8 700 porcs par an), il est sûr que la méthanisation réglera le problème : une fois réduit en digestat, l'azote sera bien plus facile à exporter que sous forme de lisier. Cette nouvelle technologie lui permettra, en plus, de produire de l'énergie et du chauffage. Quant aux difficultés de cohabitation, André Sergent a quelques idées pour les résoudre : " Tout le monde rêve d'avoir deux ou trois hectares autour de chez lui. Il faut arrêter de rêver, stopper les constructions diffuses et regrouper les gens dans des zones urbanisables. " Sans maisons dans la campagne, ni campings aux abords du littoral, il est sûr que les cultures pourraient déborder plus à l'aise...

Martine Valo

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 28 Septembre 2012

04188384-photo-samsung-appleMoi, ce que je retiens de cette histoire, c'est que pour un même procès en Corée, la justice renvoie dos à dos les deux compères, mais qu'aux Etats-Unis, la justice va dans le sens d'Apple.

C'est quand même bizarre de demander à un pays d'arbitrer entre son champion industriel national et son concurrent étranger.

Je persiste à penser que Google et Samsung feraient mieux de s'associer en se partageant leur clientèle qu'à dépenser des millions en procès.

J'ai un copain procureur qui m'a toujours dit : "Mieux vaut un mauvais accord, qu'une décision de justice". A méditer.

 

Le deuxième article est particulièrement intéressant car il montre que l'ambiance du procès est déterminante dans la mesure, où, aux Etats-Unis, c'est un jury populaire, donc, pas nécessairement spécialiste, qui tranche.


Deux articles du journal 'Le Monde' daté du 28 Août 2012

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Derrière Samsung, Apple veut tuer Google
La condamnation du sud-coréen pourrait rebattre les cartes de l'industrie mondiale du smartphone

Après le coup de tonnerre, l'onde de choc. En donnant raison vendredi 24 août à l'américain Apple dans sa guerre des brevets contre le sud-coréen Samsung (Le Monde daté 26-27 août), un tribunal californien rebat les cartes de la bataille mondiale des téléphones mobiles. Une décision dont les conséquences pourraient être énormes pour l'ensemble de l'industrie et dont les analystes tentent encore de cerner tous les contours.

Les conséquences pour SamsungDès vendredi soir, le groupe sud-coréen a indiqué son intention de tout faire pour " renverser " le jugement du tribunal de San José. Mais l'action du constructeur n'en perdait pas moins 6,81 % lundi matin à la Bourse de Séoul.

L'amende de 1,05 milliard de dollars (1,2 milliard d'euros) infligé au constructeur - que le juge peut tripler dans la mesure où les jurés ont jugé que le coréen avait sciemment violé six brevets d'Apple - est certes largement amortissable par le groupe. Au deuxième trimestre 2012, il a réalisé un résultat net de 3,7 milliards de dollars grâce au succès fulgurant de sa gamme de smartphones Galaxy, dont la dernière mouture, le Galaxy S3, est sortie en grande pompe en juin.

Si Apple obtient le retrait de certains produits Samsung - le juge tranchera le 20 septembre -, le coréen pourrait voir son chiffre d'affaires s'effondrer aux Etats-Unis, au moins pour quelques mois. Car, comme certains analystes l'indiquent, le groupe de Suwon est en mesure de trouver une parade rapidement. " La structure de Samsung est faite de telle sorte qu'ils sont suffisamment innovants et inventifs pour contourner ces brevets et proposer des produits différents, note un analyste. Un retrait de leurs terminaux du marché américain ne les bloquerait que pour un, voire deux trimestres maximum. "

Si le coréen fait appel... La cour de San José est tellement encombrée que, selon certaines estimations, le jugement en appel ne pourrait avoir lieu avant 2014. Ce qui laisse aux deux camps le temps de fourbir un peu plus leurs armes. Cependant, en appel, pas de jury populaire qui vaille. Les deux géants devront s'affronter devant des juges professionnels. Une lueur d'espoir pour Samsung. Reste que, bien que professionnels, ces juges n'en sont pas pour autant des spécialistes en nouvelles technologies, ni même en droit de la propriété intellectuelle. Ils pourront, cependant, faire appel à des experts en mesure de les conseiller.

Les armes dont dispose Samsung pour la bataille Apple et Samsung sont très dépendants l'un de l'autre. Le coréen fournit à l'américain un tiers de ses composants - dont le fameux écran à très haute définition dit " Retina " -, ce qui fait de la firme à la pomme son premier client. Selon IHS iSuppli, Apple devrait acheter pour plus de 10 milliards de dollars de composants à Samsung en 2012, contre 7,8 milliards en 2011 (5,4 % du chiffre d'affaires).

Dans ce contexte, le coréen pourrait, par exemple, décider d'arrêter d'approvisionner le groupe de Cupertino. Apple devrait alors se rabattre sur ses autres fournisseurs, comme LG qui lui vend aussi le " Retina ". Une solution " trop coûteuse ", estime un analyste.

Le coréen dispose par ailleurs de brevets dits " essentiels ", concernant la norme " 3G " ainsi que le Wi-Fi, qu'Apple viole en refusant de verser des droits de licence à son concurrent. " Samsung pourrait épingler Apple là-dessus partout ailleurs dans le monde. Avec les arriérés, ça couvrirait largement l'amende qu'il a été condamné à verser ", note Me Cyrille Amar, avocat spécialiste en droit de la propriété intellectuelle.

Derrière Samsung, Apple a aussi attaqué Google Pour feu Steve Jobs, Android, le système d'exploitation de Google était un produit " volé ". Il avait promis de déclencher une " guerre thermonucléaire " contre le moteur de recherche. Seulement voilà, le moteur de recherche ne peut pas être attaqué en justice pour son produit pour la bonne et simple raison qu'il n'en tire pas de profit matériel.

En attaquant Samsung, c'est aussi - et surtout ? - Google qu'Apple vise. Car le coréen est le porte-drapeau d'Android. Freiner son avancée sur le marché américain, c'est une manière d'entamer les excellentes parts de marché de Google dans les smartphones. Si le jugement est confirmé en appel, beaucoup de constructeurs risquent de se tourner vers d'autres plate-formes comme Windows Phone, le système d'exploitation de Microsoft.

Android, l'autre victime du jugement de San José Tous les constructeurs de smartphones ayant fait le choix d'embarquer Android - le taïwanais HTC, le sud-coréen LG, le chinois ZTE, le japonais Sony... - se retrouvent fragilisés par le jugement concernant Samsung. " Tous ces fabricants vont devoir vérifier que leur interface utilisateur ne viole pas de brevet Apple sur le design. Cela va forcément mener à de nouveaux délais de lancements pour certains produits... ", note Wayne Lam, du cabinet IHS iSuppli. " Apple est aussi en procès contre HTC et vu la sévérité du jugement avec Samsung, le groupe taïwanais va probablement être touché par un verdict similaire ", prévient Alexander Peterc, analyste chez Exane BNP Paribas. Et la victoire contre Samsung devrait même inciter Apple à continuer sa lutte judiciaire pour protéger ses brevets.

Les fabricants vont donc devoir se distinguer davantage, explorer de nouvelles voies... Des innovations qui pourraient à terme fragiliser le grand vainqueur de ces contentieux, Apple.

De nouvelles perspectives pour Nokia et Microsoft Le jugement pourrait, selon Wayne Lam, bénéficier aux plateformes qui n'ont pas connu le succès commercial escompté. C'est notamment le cas de Nokia et de ses smartphones Lumia tournant sous Windows Phone, le système d'exploitation de Microsoft. Ces derniers ont même été brandis comme exemple par Apple pendant le procès pour montrer qu'il existait une alternative à l'iPhone. RIM avec ses Blackberry ou encore HP et son système d'exploitation WebOs pourraient aussi, selon M. Lam, revenir dans la danse.

Sarah Belouezzane, Clément Lacombe et Audrey Tonnelier

    Le coréen épinglé sur l'iPhone, pas sur l'iPad

    Apple reprochait à Samsung d'avoir violé quatre brevets de design et trois brevets de technologie, notamment concernant les fonctions tactiles de ses appareils. Pour le design de l'iPhone, les jurés ont donné raison à la firme à la pomme. Cette dernière estimait que lui revenait la paternité du fameux " rectangle avec des coins arrondis ", mais aussi de l'écran et de la forme générale du téléphone. La Cour a, en revanche, rejeté la plainte d'Apple concernant le design général de sa tablette iPad. Apple défendait aussi plusieurs fonctionnalités de ses appareils : les listes déroulantes, le principe de rotation de l'image sur l'écran, l'effet " élastique " quand l'utilisateur essaie de se déplacer (" scroll ") après la fin d'une liste, les techniques de zoom - taper deux fois sur l'écran, zoomer en écartant les doigts... Samsung estimait que son concurrent avait violé plusieurs de ses brevets couvrant des technologies de télécommunications, comme l'utilisation du brevet UMTS/3G et des fonctions spécifiques aux smartphones. Les jurés ont dû répondre à plus de 600 questions pour remplir les 20 pages du verdict.
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    Lire aussi le dossier du " Monde Eco&Entreprise ".

 

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Une guerre des brevets tous azimuts qui soulève nombre de questions

LA GUERRE des brevets fait rage dans la Silicon Valley. Le nombre de procès entre fabricants détenteurs de telle ou telle innovation ne cesse de croître. Tous les constructeurs sont, ou ont été, à un moment ou à un autre, impliqués dans un litige. Certains acquièrent même des entreprises uniquement pour leur portefeuille de brevets, comme Google avec Motorola.

La retentissante victoire d'Apple face à Samsung devant la cour de San José (Californie) pose bien des questions outre-Atlantique. Notamment celle du rôle de la United States Patents and Trademark Office, l'organisme américain dont la fonction est d'enregistrer les brevets. Certains jugent qu'elle en fait trop.

L'institution accepte, en effet, d'enregistrer des brevets qui concernent toute sorte d'innovations, dont certaines sont essentielles et d'autres non. Dans cette dernière catégorie, on trouve des brevets qui ne relèvent pas à proprement parler d'une innovation technologique, mais plutôt d'une idée et de la manière de la mettre en oeuvre sur le smartphone.

C'est le cas de trois des six brevets que Samsung est supposé avoir violés. Parmi eux, le pinch, à savoir agrandir ce qu'il y a sur un écran en écartant les deux doigts, ou encore le bounce qui permet à l'écran de rebondir pour indiquer que l'utilisateur est à la fin d'une page ; sans oublier la forme " rectangulaire à angles arrondis ". Résultat, un smartphone peut, selon l'International Herald Tribune, être couvert par plus de 250 000 brevets.

" Il ne faut pas oublier que quasiment tous les constructeurs, sauf Apple, détiennent des brevets dits "essentiels", pointe Me Cyrille Amar, avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle. D'ailleurs, certaines entreprises ne vivent plus que des licences ! "

Jurys populaires

En effet, ceux qui, comme Samsung, ont participé à l'élaboration de normes telles que la 3G, possèdent des brevets dits " essentiels ", que les autres utilisent en échange du paiement d'un droit de licence.

Cette guerre des brevets outre-Atlantique a, par ailleurs, la caractéristique de se tenir de plus en plus souvent devant des jurys populaires, ce qui, aux yeux de certains observateurs, questionne. Car les jurés ne disposent pas forcément des compétences techniques nécessaires pour rendre les jugements adéquats dans ces affaires. " Le problème, souligne Me Amar, est que si l'une des deux parties, en l'occurrence Apple, le demande, l'autre partie ne peut s'y opposer. "

Dans le procès Apple-Samsung, le jury se compose de sept personnes : un ingénieur électrique à la retraite, un propriétaire de magasin de bicyclettes, une femme au foyer ou encore un ancien de la marine. " Comme les jurés ne comprennent pas forcément tout, les avocats ont plutôt recours à des témoignages qu'à des schémas ou des dessins industriels ", explique Me Amar. Les avocats d'Apple ont ainsi posé un iPhone et un Galaxy S côte à côte, demandant aux jurés si, de loin, ils sauraient faire la différence. Ils ont aussi produit une série d'e-mails internes - Samsung indiquant que le constructeur coréen aurait sciemment décidé de copier le " best-seller " de son concurrent.

" D'habitude, les juges font tout pour tordre le bras des deux parties et les obliger à trouver un arrangement, tant les conséquences peuvent s'avérer désastreuses ", note Me Amar. Une solution qui n'a pu être trouvée dans le cas Apple-Samsung : jusqu'au-boutiste, la firme à la pomme a décidé de faire un exemple, quitte à perdre en appel.

S. B.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 27 Septembre 2012

Vincent-Ferry.jpgC'est génial ce que fait ce garçon ! Il est handicapé mais se bat comme un beau diable à la tête de sa boîte. Ca se passe en Lorraine, mon pays natal ;)

 

Un article du journal 'Le Monde' daté du 28 Août 2012

 

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en situation
L'" intouchable " patron tétraplégique d'une PME lorraine
Vincent Ferry, paralysé à la suite d'un accident, continue à développer son entreprise. Grâce à l'art de la délégation et du management participatif
Nancy, correspondante

Le 29 mars 2008, la vie de Vincent Ferry, 38 ans, a explosé : une stupide chute de moto à 15 km/heure dans une forêt de la Meuse. " Les vertèbres cervicales étaient touchées. Je me suis retrouvé tétraplégique. Plus rien ne bougeait. Sauf la tête. " Quatre ans après, il est toujours handicapé, mais aussi toujours patron de Clair de Lorraine, une PME qui fabrique et distribue des produits gastronomiques régionaux. Entre-temps, il a découvert les vertus du management participatif et de la délégation. " L'année de mon accident, et en pleine crise économique, on a fait + 20 % en chiffre d'affaires. Mes salariés étaient devenus mes bras et mes jambes. "

Deux jours après sa chute, à l'hôpital, Vincent fait l'état des lieux. Il a déjà deux bonnes raisons de se battre : Sophie, sa femme, et Pierre, leur fils de 6 mois. " Et puis, il y avait la boîte, les 45 salariés, leurs familles. " Le lundi matin, il convoque cinq cadres dans sa chambre, leur annonce qu'il va continuer. L'après-midi, Sophie le filme sur son lit tandis qu'il s'adresse à ses salariés. " C‘était dur. Je leur ai expliqué que j'étais tétraplégique, ce que ça signifiait, mais qu'on allait se battre et s'en sortir ensemble. C'est sûr, ça tombait mal. J'étais sur le point de signer l'achat d'un nouveau bâtiment pour 600 000 euros. Avant l'accident, tout allait bien. Je faisais du business avec les Etats-Unis, on était en pleine expansion ! "

Il appelle son banquier, lui explique la situation. " Incroyable, la BPLC et le CIC m'ont suivi, ils m'ont accordé le prêt. Les fournisseurs non plus ne m'ont pas lâché. " Il transforme sa chambre d'hôpital en bureau, installe un ordinateur avec un logiciel à commande vocale. Parfois, c'est l'infirmière qui tient le téléphone.

Entré à 23 ans comme stagiaire, durant ses études en école de commerce, il avait racheté 50 000 francs, cette petite entreprise de cinq salariés à Void-Vacon (Meuse) qui fabriquait du vin de groseille. Aujourd'hui, elle pèse 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, emploie 60 salariés, fournit 15 boutiques à l'enseigne En passant par la Lorraine et fédère 60 artisans (charcutiers, confiseurs, distillateurs) triés sur le volet. Son catalogue s'est enrichi : 600 références qui vont de la confiture de mirabelles aux terrines, en passant par les sucettes bio, les biscuits et les " perlés ", ces vins naturels pétillants à la groseille, la mirabelle ou la framboise... Il vient de s'attaquer à l'Alsace, toujours avec le même concept.

" Il y a un peu plus d'un an, je m'excusais encore d'être handicapé. Aujourd'hui, quand je prends un rendez-vous avec un client, j'oublie de le préciser. Et si, le jour venu, il y a des escaliers, eh bien on va discuter ailleurs. " Dans ces moments-là, il n'est qu'un patron qui parle stratégie, management, croissance. Mais pas seulement. " Je suis maintenant convaincu qu'employer une personne handicapée peut être une vraie richesse pour une société. Avant, les handicapés, je ne savais pas ce que c'était. On n'en rencontre pas vraiment dans la vie, ou alors on ne s'y intéresse pas. Il y a plein de gens comme moi. Je me rends compte qu'on ne les incite pas à retravailler, on préfère les savoir chez eux : là, au moins, ils ne font pas de bruit. Et s'ils rebossent, ils perdent leur allocation. Moi, je suis convaincu que la solution est dans le boulot. Parce que, être handicapé, c'est être différent, c'est être exclu, en dehors. Mort socialement. "

Cet hiver, il a organisé pour ses salariés une projection du film Intouchables. Le 29 mars 2008, on lui avait dit qu'il " ne rebougerait plus rien ". Lui dit qu'il s'est relevé, a fait du chemin et vit plus fort aujourd'hui.

Monique Raux

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