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Publié le 7 Juin 2012

bible-forex-banque-centrale.pngTrès clairement, je ne comprends pas cette situation. Comment des banques peuvent-elles prêter à des taux négatifs ? Quand on en vient à atteindre de telles actions, je pense que l'on est en droit de remettre en cause la compétence des organismes financiers en général, des banques en particulier.

La crise n'est donc pas finie, selon moi, elle ne fait que commencer. Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, si une banque fait faillite demain à cause d'erreurs d'investissement, ça sera l'économie européenne dans son ensemble qui paiera les pots cassés.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 2 Juin 2012

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Dans le sillage de la dette allemande, les emprunts d'Etat français deviennent une valeur refuge
Jamais Paris n'a payé aussi peu pour emprunter. Même chose pour Berlin, Washington et Londres

Si on m'avait dit que la France emprunterait à de tels taux sous un gouvernement socialiste... " Dans cette salle de marché d'une banque française, la surprise est difficilement voilée. Car jour après jour, les taux d'intérêt réclamés par les investisseurs pour financer la dette tombent toujours plus bas. Jeudi 31 mai, les rendements des emprunts d'Etat à dix ans sont descendus jusqu'au seuil inédit de 2,32 % : loin des 2,83 % atteints à la veille de l'élection de François Hollande, très loin des 3,75 % programmés dans le projet de loi de finances et à mille lieues des 4,1 % constatés en moyenne depuis la création de la zone euro.

Certes, l'équipe de M. Hollande avait préparé le terrain. Ces derniers mois, l'économiste Karine Berger - aujourd'hui candidate PS aux législatives dans les Hautes-Alpes - a multiplié les rencontres avec des fonds, des hedge funds, des assureurs ou des banquiers de toutes nationalités pour leur exposer le programme de celui qui était alors candidat à l'Elysée. " A leur demande ", précise-t-elle. " Les questions étaient assez basiques. Ils voulaient connaître nos priorités, nos mesures pour revenir à l'équilibre budgétaire et réduire la dette, la vision européenne de M. Hollande... Pour certains investisseurs anglo-saxons, le terme "socialiste" pouvait générer de réels a priori négatifs... "

Mais Mme Berger ne masque pas sa surprise devant la situation actuelle : " J'étais persuadée que les taux français n'allaient pas monter, mais je ne m'attendais pas du tout à ce qu'ils baissent. "

De fait, les tourments de la zone euro ont fait passer au second plan l'alternance politique française. " Les élections en Grèce et la question de la sortie du pays de la zone euro ont occulté la situation en France ", juge Jean-François Robin, analyste de la banque Natixis. Les alertes de Bruxelles sur les réformes structurelles à mener sont passées inaperçues, les investisseurs ayant les yeux rivés sur Athènes et les nouvelles élections du 17 juin, sur Madrid encalminée dans sa crise bancaire et sur Rome. Résultat : les marchés fuient les emprunts espagnols et italiens, qui voient leurs taux flamber : la part de la dette publique espagnole détenue par des étrangers est tombée à 38,11 %, contre 55,46 % en novembre 2011.

Actifs jugés plus sûrs

Ces liquidités se reportent du coup vers d'autres actifs jugés plus sûrs, dans un mouvement classique qualifié - selon le vocabulaire consacré - de " fuite vers la valeur refuge " ou de quête de " valeurs refuges ". " La nouveauté, c'est que la France bénéficie à plein de ce statut ", juge M. Robin.

Les investisseurs en quête d'actifs sans risques se reportent déjà depuis longtemps vers l'Allemagne, sa rigueur, sa réputation de bastion orthodoxe. Les obligations de Berlin à dix ans ont d'ailleurs encore battu, jeudi, un nouveau record, tombant jusqu'à 1,19 %. Soit bien en deçà de l'inflation, qui a atteint 1,9 % en mai outre-Rhin. En clair, les investisseurs sont prêts à perdre de l'argent pour le prêter à l'Allemagne... Quant aux emprunts allemands à deux ans, ils ont atteint, jeudi soir, un rendement... négatif de - 0,002 % : une situation si ubuesque que les écrans Bloomberg des salles de marché n'étaient pas configurés pour afficher ce taux négatif dans les graphiques retraçant l'évolution de ces emprunts.

Vu l'extrême faiblesse des taux allemands, des investisseurs traquent des titres de dette jugés un peu moins sûrs mais leur permettant de gagner un peu d'argent. Et se reportent du coup sur la France... Ils pourraient se ruer sur les emprunts finlandais, luxembourgeois ou néerlandais, mais la taille imposante de la dette française lui permet d'être très " liquide " : en clair, quelques secondes suffisent pour trouver un acheteur ou un vendeur intéressé par plusieurs centaines de millions d'euros d'emprunts français...

L'attrait de la dette française est d'autant plus marqué que les emprunts des autres grands Etats développés hors de la zone euro affichent également des taux d'intérêt historiquement bas et bien inférieurs à ceux de Paris, là aussi en raison d'un phénomène de fuite vers la qualité... Jeudi, les bons du Trésor américains ont ainsi encore battu leurs plus bas historiques. Mêmes records ce jour-là pour les emprunts britanniques (1,56 % pour les titres à dix ans), malgré une dette attendue à 91,2 % du produit intérieur brut (PIB) fin 2012 ou un déficit de 6,9 %.

Cette ruée mondiale sur les obligations d'Etat ne doit cependant pas être accueillie avec trop d'enthousiasme à Paris. Certes, la baisse des taux permettra de diminuer la charge de la dette de l'Etat, prévue à 48,1 milliards (735 euros par Français) et déjà revue à la baisse en février après une première estimation de 48,8 milliards. Mais ces économies seront totalement gommées par les moindres rentrées fiscales causées par la crise. Surtout, cette discrimination jamais vue entre les différentes dettes de la zone euro est révélateur de l'extrême nervosité des marchés, toujours prompts à changer de pied brutalement.

Clément Lacombe

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 6 Juin 2012

tapieHier, le 05/06/2012, lors de notre rencontre où figurait Corinne Lepage, j'ai eu à relater une des causes de mon rejet du système Sarkozy. Il avait trait à l'épisode Tapie où le gouvernement avait fait appel à un tribunal arbitral pour régler cette affaire et dédommager M. Tapie sur les finances publiques.

Un monsieur, encarté à l'UMP, a remis en cause ces faits. Il m'a demandé d'apporter des preuves.

Je le fais aujourd'hui par ces articles très détaillés et très complets du journal 'Le Monde'.

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Affaire Tapie : la CJR estime que Lagarde s'est impliquée "personnellement"

Le Monde.fr avec AFP | 18.08.2011 à 11h15 • Mis à jour le 18.08.2011 à 11h15

Christine Lagarde s'est impliquée "personnellement" dans un processus comportant "de nombreuses anomalies et irrégularités" : voici les motivations de la Cour de justice de la République (CJR), qui a décidé d'ouvrir une enquête le 4 août, dans l'affaire Tapie-Crédit lyonnais, selon les révélations de Mediapart (article payant). Le site d'information, qui s'est procuré les motivations de la CJR, considère qu'il s'agit d'un "document en tout point accablant pour Christine Lagarde".

L'ex-ministre de l'économie, aujourd'hui directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), "paraît avoir personnellement concouru aux faits, notamment en donnant des instructions de vote aux représentants de l'Etat dans le conseil d'administration de l'EPFR [Etablissement public de financement et de restructuration], gérant le soutien financier de l'Etat au CDR [Consortium de réalisation, la stucture publique qui gérait le passif du Crédit lyonnais], voire au président de cet établissement public en sa qualité de membre du conseil d'administration du CDR", concluent-ils.

Le 4 août, la commission des requêtes avait donné un avis favorable à l'ouverture d'une enquête sur Christine Lagarde. La commission d'instruction, qui va mener les investigations pour décider si Mme Lagarde doit être jugée pour "complicité de faux" et "complicité de détournement de fonds publics", a été officiellement saisie mardi.

RECOURS "CONTESTABLE" À L'ARBITRAGE

En juillet 2008, un tribunal arbitral - juridiction privée - avait condamné le CDR à verser à Bernard Tapie 285 millions d'euros d'indemnités, soit 400 millions avec les intérêts, afin de régler le litige qui l'opposait à l'ancienne banque publique Crédit lyonnais, au sujet de la vente d'Adidas en 1993. "Après compensation avec diverses créances, [le CDR] aurait versé un montant net de 304 millions d'euros" à l'ex-homme d'affaires, écrivent les sept hauts magistrats qui composent la commission des requêtes de la CJR.

Le texte souligne que "le principe" du recours à l'arbitrage "aurait été arrêté au moment de la prise de fonction, le 18 mai 2007", du ministre de l'économie Jean-Louis Borloo. Christine Lagarde, qui lui a succédé le 18 juin 2007, a retenu cette option malgré "l'opposition manifestée à plusieurs reprises" par le directeur général de l'Agence des participations de l'Etat, note la CJR.

Dans une note du 1er août 2007 à l'attention de Mme Lagarde, ce dernier déconseillait à la ministre de s'engager dans la voie d'un arbitrage, qui "pourrait être considéré comme une forme de concession inconditionnelle et sans contrepartie faite à la partie adverse".

La CJR souligne que le recours "contestable" à l'arbitrage a été décidé alors que "les chances de succès de l'instance judiciaire engagée par [les mandataires de Bernard Tapie] douze ans plus tôt étaient à tout le moins sérieusement compromises (...) Alors que des consultations de sociétés d'avocats spécialisés pouvaient laisser espérer une chance d'annulation de la sentence, la ministre a demandé par écrit aux administrateurs représentant l'Etat de s'exprimer en défaveur d'un recours en annulation".

La crainte invoquée par la ministre "de voir s'allonger la durée des instances judiciaires et s'accroître le montant des honoraires d'avocats déjà exposés par le CDR explique mal l'abandon de ces procédures", qui étaient "proches de leur terme", souligne la CJR.

Le choix des arbitres "n'apparaît pas conforme aux pratiques habituelles", ajoute la CJR, et la décision du tribunal arbitral a satisfait "80 %" des demandes du camp Tapie pour le préjudice matériel et "90 % pour le préjudice moral".

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Affaire Tapie : le PDG d'Orange interrogé

Le Monde.fr avec AFP | 09.12.2011 à 18h43 • Mis à jour le 09.12.2011 à 18h43

Stéphane Richard, PDG d'Orange et ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, a été interrogé vendredi 9 décembre par la Cour de justice de la République (CJR) dans le cadre de l'affaire Tapie-Crédit lyonnais. M. Richard était "convoqué en tant que témoin", a précisé la direction d'Orange, confirmant une information de Mediapart.

La CJR a ouvert en août une enquête sur le rôle de l'ancienne ministre de l'économie, aujourd'hui à la tête du Fonds monétaire international, pour son rôle dans l'affaire Tapie-Crédit lyonnais, concernant l'arbitrage ayant mis fin en juillet 2008 au conflit entre Bernard Tapie et l'ancienne banque publique Crédit lyonnais, au sujet de la vente d'Adidas en 1993.

ARBITRAGE PRIVÉ

Le tribunal arbitral (une juridiction privée) avait condamné le Consortium de réalisation (CDR), structure publique qui gérait le passif du Crédit lyonnais, à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral (400 millions d'euros avec les intérêts).

On reproche à Mme Lagarde d'avoir recouru à cet arbitrage privé alors qu'il s'agissait de deniers publics, d'avoir eu connaissance de la partialité de certains juges arbitres, d'avoir fait modifier le protocole initial pour y intégrer la notion de préjudice moral et de ne pas avoir exercé de recours contre cet arbitrage controversé alors que plusieurs spécialistes l'y avaient encouragée.

Stéphane Richard avait été nommé en 2007 directeur de cabinet à Bercy du ministre de l'économie Jean-Louis Borloo, et avait été reconduit à ce poste par Christine Lagarde. En août, le patron d'Orange avait contesté qu'il ait pu y avoir "un feu vert" ou une "insistance" de l'Elysée en faveur de la procédure d'arbitrage dans le dossier.
 

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 6 Juin 2012

Est-il bien normal qu'un citoyen qui est capable de se payer un avocat s'en sorte en matière de délinquance routière, et un citoyen qui ne peut pas, ne s'en sorte pas ?

C'est pourtant le cas en France où l'égalité entre les citoyens est baffouée en la matière. Baffouée car la justice est trop pointilleuse, car certains agents des forces de l'ordre ne le sont pas assez, et que les tribunaux administratifs oublient qu'en acquittant un voyou sur la route, ils ne poussent qu'à la récidive tout en engraissant des avocats qui n'en demandent pas tant.

En attendant, la sécurité routière est indispensable : l'implantation des radars automatiques a économisé 5000 morts / an sur les routes. Pour ma part, je préfèrerai toujours un citoyen qui râle car il a perdu 90Euros, qu'un citoyen qui ne râle plus car il a perdu la vie. La vie humaine est la chose la plus précieuse, bien plus précieuse que 3000Euros refilés à un avocat verreux.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Juin 2012

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Code de la route : comment des avocats exploitent les failles en toute légalité
PV mal rédigés, éthylomètres non homologués, ces erreurs qui annulent les procédures

Frédéric Péchenard, le nouveau délégué interministériel à la sécurité routière, va-t-il s'attaquer aux failles du code de la route, qui permettent à des conducteurs indélicats d'échapper aux sanctions ? C'est ce que souhaite Chantal Perrichon, la présidente de la Ligue contre la violence routière : " Espérons que cet ancien patron de la police nationale réactualisera les trop nombreuses consignes que doivent respecter les forces de l'ordre lorsqu'elles remplissent des procès-verbaux - PV - d'infraction ", dit-elle.

Certains conducteurs échappent à l'amende ou au retrait de points sur le permis de conduire, bien qu'ils aient mis en danger la vie d'autrui en commettant un excès de vitesse ou en roulant ivres. Ils font appel à des avocats qui se flattent d'exploiter les failles de la loi, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.

Sur son site, Me Jean-Baptiste Iosca, l'un des pionniers du droit routier, n'a aucun scrupule à conseiller quelques " astuces " aux conducteurs. L'une des plus connues consiste à faire établir la carte grise de leur véhicule au nom d'un enfant, ce qui est légal. Les forces de l'ordre envoient l'amende et l'avis de retrait de points au détenteur du certificat d'immatriculation de la voiture, en l'occurrence à l'enfant, qui ne peut être théoriquement condamné. Me Iosca s'étonne que le tribunal de proximité d'Antibes ait récemment condamné un garçonnet de 4 ans à payer 23 138 euros d'amende pour des infractions au code de la route, vraisemblablement commises par ses parents. " S'il avait eu un avocat, celui-ci aurait démontré que ses jambes ne pouvaient pas atteindre les pédales ! ", s'exclame-t-il. Le parquet de Grasse a d'ailleurs fait appel de ce jugement.

" Cette astuce fonctionne pour les excès de vitesse flashés, parce que les radars prennent les photos de dos et non de face ", explique l'avocat parisien. La Sécurité routière confirme que 75 % des radars fixes flashent par-derrière, du fait que les motos n'ont pas de plaque à l'avant.

" Comme on ne peut pas reconnaître les conducteurs, ils peuvent dire qu'ils n'étaient pas au volant ", continue Me Iosca : une plaidoirie constamment utilisée dans les tribunaux, depuis l'apparition des radars automatiques, en 2002. Faute de preuves contraires, les juges ne peuvent que relaxer.

Les titulaires de la carte grise qui nient avoir été au volant de la voiture flashée sont invités à dénoncer le conducteur. " Mais ils n'en ont l'obligation que pour les crimes et les délits, pas pour les contraventions ", précise Me Iosca. " Cette astuce ne marcheraitpass'il y avait un accident et des victimes !, précise le conseil. Le conducteur serait immédiatement arrêté ! "

Les avocats du droit routier conseillent aussi de conduire un véhicule acheté en leasing (contrat de location de longue durée) à l'étranger. " Il faut choisir un pays où la loi interdit de communiquer le contrat, comme le Luxembourg ", précise Me Iosca. Il a ainsi obtenu, en appel, la relaxe pour un chef d'entreprise de l'Essonne dont la voiture avait commis 484 excès de vitesse entre 2006 et 2010, mais dont il niait être le propriétaire. La police l'avait pourtant retrouvé parce qu'il avait laissé son numéro de téléphone au garagiste chargé des révisions. L'enquête avait en outre montré que son portable se trouvait près des radars lorsque la voiture était flashée. Celui-ci a évoqué le " hasard " et la " coïncidence ".

Les avocats exploitent aussi les innombrables vices de forme pouvant être commis par les forces de l'ordre lorsqu'elles établissent des PV. En cas de conduite en état d'ivresse, par exemple, ces documents doivent mentionner la marque et le type de l'éthylomètre utilisé pour déterminer la quantité d'alcool dans le sang.

En cas de défaut de cette mention, ils peuvent être annulés, car le juge ne pourrait pas être certain que le contrôle a été pratiqué par un appareil homologué. Me Iosca assure avoir fait annuler, en 2009, " une trentaine de PV établis sur la base du modèle Seres 679 ", dont la date limite d'homologation était dépassée.

Même chose pour les radars qui contrôlent la vitesse ou qui surveillent les feux rouges. Ils doivent être homologués et vérifiés par un organisme certifié, indique Me Rémy Josseaume, ancien juriste de l'association 40 Millions d'automobilistes, dans son ouvrage Contentieux de la circulation routière (Lamy, 2010). " Quand ils sont mobiles, ils doivent préciser la position du conducteur, mais aussi celle des agents qui verbalisent ", ajoute-t-il.

Me Sébastien Dufour se targue pour sa part de faire annuler des procédures pour conduite en état d'ivresse lorsque les policiers ont différé la notification du taux d'alcool dans le sang à des chauffards ivres morts, le temps que ceux-ci puissent dessaouler et signer : " La Cour de cassation impose une notification immédiate ", observe-t-il. S'ils reprennent le volant en état d'ébriété, ils risquent pourtant de faire des victimes. Il faut, en outre, un délai de trente minutes entre l'arrestation d'un conducteur et son contrôle à l'éthylomètre.

Il y a enfin les relaxes obtenues pour ceux qui ont grillé des " feux rouges qui n'existent pas légalement ", rappelle Me Josseaume : les feux tricolores, en effet, doivent être créés par arrêté des autorités compétentes (communes, départements ou préfectures). Les lieux des infractions doivent être mentionnés précisément : tel PV indiquant un franchissement de ligne blanche en face d'une station d'essence de Colombes (Hauts-de-Seine) a été annulé car il s'agissait de La Garenne-Colombes.

Rafaële Rivais

    Protestations contre un fichier des contestataires

    La Ligue des droits de l'homme et l'Automobile-Club des avocats viennent de saisir le Conseil d'Etat afin qu'il annule le fichier ARES, acronyme d'" Automatisation du registre des entrées et sorties des recours en matière de contravention ", créé par un arrêté du 20 février du ministère de l'intérieur.

    Ce fichier est destiné à " traiter " les requêtes des conducteurs qui contestent un PV, et à " produire des statistiques ". Les deux associations estiment qu'il viole la loi Informatique et libertés, notamment parce qu'il prévoit de conserver les données personnelles des contestataires pendant cinq ans, alors même que ces derniers auraient été relaxés ou que l'administration aurait abandonné les poursuites à leur encontre.

    " Avec un fichier, celui qui conteste ses PV sera repéré comme un casse-pieds par les juges qui se montreront moins bien disposés à son égard en cas de doute ", assure Me Rémy Josseaume, président de l'Automobile-Club des avocats.
 

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 5 Juin 2012

grenoble2.jpgVoici un article sur M. Destot, maire de Grenoble. Rien à voir avec la 9e ? Rendez-vous en fin d'article

 

Un article du journal 'Le Monde' daté du 06 Juin 2012

 

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Les réussites et les paris manqués de Michel Destot Mais a échoué, une nouvelle fois, à devenir ministre
Le maire se targue d'avoir métamorphosé la ville.
Grenoble Envoyé spécial

Bravo madame la ministre ! " Posant au milieu des enfants et des mères de famille d'une école du quartier populaire de Tesseire, à Grenoble, Geneviève Fioraso rayonne. Elle a renvoyé son officier de sécurité pour conduire elle-même sa voiture le temps de son séjour.

Députée, élue locale de longue date dans cette agglomération ancrée à gauche, elle ne cache pas que sa nomination comme ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur a été plutôt surprenante, même si elle est saluée par toute la classe politique locale. " J'ai même raccroché la première au nez du premier ministre à la fin de la conversation. Mon assistante était scandalisée ", s'amuse cette ancienne enseignante, passée par le cabinet d'Hubert Dubedout, l'emblématique maire de Grenoble (1965-1983), avant de suivre Michel Destot, l'actuel édile, dont elle fut directrice de cabinet chargée de l'innovation.

En 2007, c'est à la surprise générale qu'elle avait enlevé la 1re circonscription de l'Isère à une droite divisée. Aujourd'hui, elle est de retour dans la ville pour conserver ce siège de député. " Si je le perds, je ne suis plus ministre ", rappelle-t-elle à un passant. A quelques mètres de là, dans le bâtiment à l'allure soviétique de la mairie de Grenoble, l'ambiance est tout autre. Michel Destot, député de la 3e circonscription et maire, depuis 1995, de cette ville sertie entre trois massifs montagneux, qu'il a reprise à Alain Carignon, le maire, condamné à cinq ans de prison pour corruption et abus de biens sociaux, ne cache pas sa déception. " C'est dur, c'est vrai, quand le matin vous avez été choisi et que le premier ministre vous rappelle le soir pour vous dire que la parité a fait que finalement, non ", admet l'élu.

Selon ses opposants, M. Destot paye ses " mauvais choix " de la primaire : soutien actif de Dominique Strauss-Kahn, il a ensuite rallié Martine Aubry. Et s'il a rencontré des chefs d'entreprise pour le compte de François Hollande et hérité de la codirection du conseil des élus durant la campagne, il n'a pas pu obtenir le poste qu'il briguait.

Pour la seconde fois, après 1997, M. Destot rate au dernier moment le coche du gouvernement. L'élu se console en évoquant, au travers de la nomination de Mme Fioraso, la " reconnaissance du travail accompli sur la ville depuis vingt ans ".

Michel Destot ou Geneviève Fioraso, leurs parcours sont proches et ressemblent à Grenoble. A la fin des années 1980, le premier, ingénieur nucléaire de formation, avait embauché la seconde, dans sa start-up, Corys. Ils partagent ce même tropisme grenoblois pour les nouvelles technologies et les entreprises innovantes. " L'histoire de la technopole grenobloise commence dès le XIXe siècle avec l'hydroélectricité et les écoles d'ingénieurs ", raconte Gilles Novarina, directeur de l'institut d'urbanisme de la ville, " elle continue avec Louis Néel et les centrales nucléaires ". Le Prix Nobel de physique et père du nucléaire français choisit Grenoble, et conserve le même schéma de partenariats entre recherche et industrie avec le Commissariat à l'énergie atomique (CEA-LETI) et son accélérateur de particules, installés au nord-est de la ville. Les besoins de ce pôle conduiront ensuite au développement de l'informatique, toujours dans l'agglomération, mais à l'ouest, vers la riche commune de Meylan. Plus récemment, le secteur de l'informatique a eu besoin de la microélectronique, développée au travers du projet de Minatec et de Giant, deux pôles installés au nord-est, dans la zone du CEA.

Si elle ne représente " qu'un tiers des emplois et 25 % des revenus de l'agglomération ", " la "Silicon Valley" grenobloise existe bel et bien ", assure M. Novarina, avec " un milieu scientifique fort et puissant, qui produit un vrai discours, des clubs, des réseaux ". Et des élus, comme M. Destot, ou Mme Fioraso, dont le concubin, Stéphane Siebert, adjoint municipal, est aussi directeur adjoint du CEA Grenoble.

" Destot, Fioraso, Siebert, c'est le CEA dans la mairie, Fioraso à l'enseignement supérieur, c'est le CEA au ministère ", s'agace l'écologiste Raymond Avrillier. Sa formation, l'Association démocratie écologie solidarité (ADES), a aidé M. Destot à remporter la mairie, en 1995. Mais elle a rapidement pris le chemin de l'opposition aux projets du maire.

En trois mandats, Michel Destot n'aura pas failli à la tradition grenobloise de maires bâtisseurs : côté high-tech, Minatec et Giant, mélanges de laboratoires de recherche, de campus et de pépinière d'entreprises innovantes centrées sur la microélectronique et les nanotechnologies. Côté urbanisme, trois nouvelles lignes de tramway dans l'agglomération ; plusieurs revalorisations de quartiers, ou encore un stade, construit dans le seul parc de la ville, l'un des facteurs de rupture avec les écologistes. " Je suis fier de mon bilan, et les Grenoblois aussi, la ville s'est métamorphosée ", assure l'édile, qui évoque aussi ses efforts pour réduire la fracture entre sud, plus pauvre, et nord où se concentrent entreprises et hauts revenus.

Mais à beaucoup tenter, Michel Destot a aussi connu l'échec. La candidature de Grenoble aux Jeux olympiques, balayée au profit d'Annecy ; le stade conçu pour une équipe de football qui a disparu de l'élite ; la rupture avec les écologistes, qui l'a conduit à s'allier au MoDem, et à prendre dans sa majorité d'anciens alliés d'Alain Carignon ; des oppositions multiples d'une partie de la population, notamment contre un projet de rocade nord, porté par le conseil général mais soutenu par lui ; ou encore l'échec de sa candidature à la tête de la communauté d'agglomération de la ville, la Métro. " Il a eu une période de scoumoune ", reconnaît un député socialiste de l'agglomération. " Il est certain que lorsqu'on ne fait rien, on ne risque rien ", se défend M. Destot, qui cite un sondage révélant que 75 % des Grenoblois le jugent comme un très bon maire.

Les opposants à M. Destot ne disent pas la même chose. " Séisme ", " coup de massue " ou " psychodrame ", tous évoquent un revers de taille pour l'édile, qui a " nourri le serpent en son sein ". Tous vantent également la compétence de Mme Fioraso. Si cette dernière doit l'essentiel de sa carrière au maire de Grenoble, qui la fit passer de son entreprise au cabinet de sa mairie, puis l'aida à obtenir l'investiture sur la 1re circonscription, elle assure que rien ne lui a été offert. " En 2007, on m'avait dit : "Si tu gagnes les législatives, ce sera un miracle" ", corrige cette fille de normaliens, qui rappelle qu'elle travaille " depuis vingt ans sur les questions d'innovation ".

L'affaire n'est pas sans conséquences sur les municipales de 2014. Jugé quelque peu " absent " de la scène locale ces derniers temps, M. Destot avait déjà préparé sa succession, après trois mandats à la tête de la ville. Et s'il se refuse à en parler, alliés, opposants ou observateurs évoquent le même arrangement. A Jérôme Safar, son premier adjoint, la mairie en 2014, et à son suppléant et ancien collaborateur, Olivier Noblecourt, la législature. Ce dernier devra passer son tour, pour l'instant du moins : M. Destot fera campagne pour un sixième mandat dans cette circonscription, qui a voté Hollande à plus de 64 %. Quant à la mairie, elle aiguise les ambitions. La droite rêve de la reconquérir à la faveur d'un désaveu national envers le PS, tandis que les écologistes voient en Grenoble une terre de conquête possible, et rêvent d'une alliance avec le Front de gauche.

M. le maire ne cache pas qu'il espère une mission ou une nomination au niveau national pour " sortir par le haut " de sa ville. Et rejette toute comparaison avec Hubert Dubedout. Ce dernier, après dix-huit ans à faire de sa ville l'un des laboratoires de la gauche, rata la marche gouvernementale. Seul maire d'une grande ville socialiste à ne pas être au gouvernement de Pierre Mauroy en 1981, la figure presque fondatrice de Grenoble dut se contenter, en 1983, de la direction de l'Association technique de l'importation charbonnière, en guise de lot de consolation.

Samuel Laurent

    André Vallini, victime des affaires locales

    C'est un autre déçu du gouvernement. Le sénateur de l'Isère et président du conseil général, André Vallini, faisait figure, durant la campagne, de ministre de la justice en devenir. Il n'a finalement rien obtenu. En cause : une accusation de harcèlement moral de la part d'une ancienne collaboratrice, qui s'estimait " mise au rencart " au profit d'une autre assistante, ancienne Miss Isère. L'histoire s'est conclue par une conciliation. Mais M. Vallini est aussi visé par une plainte pour " concussion ", un conseiller général UMP l'accusant d'avoir utilisé les ressources du conseil pour ses mandats nationaux. S'il n'est pas exclu que M. Vallini finisse par obtenir un poste au cours du quinquennat, sa circonscription, la 9e de l'Isère, est convoitée par l'UMP. Investi au Sénat en septembre 2011, il avait laissé son siège de député, arraché à la droite. L'investiture a été offerte à une candidate écologiste, Michèle Bonneton, mal connue localement.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 5 Juin 2012

Brice-Hortefeux"Il n'y a pas eu droitisation de la campagne de Sarko !", l'aveu vient de M. Hortefeux auteur de propos ouvertement racistes mais acquitté par un tribunal qui a oublié qu'il se devait de préserver l'ordre public par la condamnation de propos venant des plus hautes instances de l'état.

 

Pour le reste, je crois qu'il n'y malheureusement rien à contredire à cette droitisation : ni les discours de Dakar et de Grenoble n'ont été désavoués, la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers était en place, et le discours a été largement sur les plates-bandes du FN.

 

De droitisation, il y a donc eu et affirmer le contraire est un mensonge éhonté.

 

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er juin 2012

 

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" Je récuse toute notion de droitisation de la campagne de Nicolas Sarkozy "
CHAT Brice Hortefeux, vice-président de l'UMP

Libéraux, humanistes, membres de la Droite populaire, fillonistes ou copéistes... Toutes les écuries de l'UMP et " toutes les sensibilités de la majorité qui a soutenu Nicolas Sarkozy " sont membres de l'association des Amis de Sarkozy, a souligné Brice Hortefeux, vice-président de l'UMP, dans un chat au Monde.fr.

L'association a tenu, mercredi 30 mai, sa première réunion. L'objectif avoué : exercer un lobbying prosarkozyste. " Nous avons l'ambition d'aider l'Histoire à former son jugement sur un quinquennat qui restera, à nos yeux, comme un temps fort de modernisation et de réformes ", a expliqué ce proche de l'ancien président.

Au sein de cette équipe de sarkozystes, les responsabilités ont été consciencieusement distribuées : " Christian Estrosi est secrétaire général, Maurice Leroy, Nora Berra, Claude Guéant et Christine Boutin sont vice-présidents, Alain Joyandet est secrétaire généraladjoint et Nadine Morano trésorière. Ils sont aidés par des membres fondateurs, par exemple Henri Guaino, Eric Raoult, Edouard Courtial, Philippe Goujon. Et aussi Jérôme Lavrilleux, directeur du cabinet de Jean-François Copé...  ", a énuméré le député européen, soucieux de n'oublier personne.

Interrogé sur les raisons qui ont conduit M. Sarkozy à la défaite, M. Hortefeux refuse d'y voir une conséquence négative du virage à droite pendant la campagne : " Je récuse totalement la notion de droitisation. Je ne sais pas ce que cela veut dire. En revanche, les propositions de M. Sarkozy étaient, j'en suis convaincu, autant consensuelles dans la société que clivantes dans le microcosme. Pour le reste, M. Sarkozy a eu le courage de dire très tôt qu'à l'évidence certaines réformes étaient inachevées et que certaines initiatives de forme auraient pu être évitées ", glisse-t-il diplomatiquement, référence à la période " bling-bling " du quinquennat.

Concernant la campagne des législatives, le numéro 2 de l'UMP a annoncé qu'aucun meeting national ne serait organisé du fait de " la difficulté de coordonner les emplois du temps de campagne déjà très largement définis pour les leaders ". Mais, a-t-il ajouté, " il est vrai qu'une autre raison est clairement apparue : le coût d'une telle manifestation dans un contexte budgétaire contraint ".

Enfin, à propos des changements opérés à la tête des services de police et à la préfecture de Paris, l'ancien ministre de l'intérieur reconnaît la valeur des nouveaux nommés mais regrette néanmoins " que, pour des raisons purement politiques, Manuel Valls, ministre de l'intérieur, ait décidé de changer des hauts fonctionnaires extrêmement compétents et grands serviteurs de l'Etat. Ce qui n'enlève rien aux mérites de ceux qui ont été choisis par le nouveau pouvoir ".

Eric Nunès

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 4 Juin 2012

Logo-PolVille-Site.jpgJ'ai trouvé cet article très touchant car je me reconnais dans cette femme qui a été salariée et qui s'est dédiée aux gens par son engagement. On lui reproche d'avoir quitté les verts pour le Front de Gauche ? La belle affaire ! L'étiquette politique ne change pas les gens pour autant. Il faut voter pour les valeurs des personnes, non pour l'étiquette politique.

Bonne chance à elle en tous cas... même si on n'est pas du même bord...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Juin 2012

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Martine Billard, le baroud d'honneur d'une députée pas comme les autres
La candidate du Front de gauche à Paris a peu de chances de retrouver un siège à l'Assemblée

Au mur de sa permanence de la rue Notre-Dame-de-Nazareth, au coeur de Paris (3e arrondissement), la très discrète Martine Billard contemple la carte de la circonscription où elle se présente. Députée sortante de l'ancienne 1re circonscription, elle doit affronter une situation nouvelle.

Alors qu'elle représentait à l'Assemblée nationale les quatre premiers arrondissements de la capitale, le redécoupage de 2009 ne lui laisse pas d'autre possibilité que d'aller dans la 5e circonscription, qui associe " son " 3e arrondissement au très socialiste 10e. Elue en 2002 et en 2007 sous l'étiquette des Verts, avec le soutien du Parti socialiste (PS), elle défend aujourd'hui les couleurs du Front de gauche - elle est issue du Parti de gauche, dont elle est coprésidente avec Jean-Luc Mélenchon.

Elle sait que la partie est loin d'être gagnée face à Seybah Dagoma (PS), adjointe au maire de Paris, Bertrand Delanoë. " C'est une femme de dossiers, qui n'a pas d'implantation locale dans la circonscription ", affirme un proche de Mme Billard. Venue soutenir celle-ci, mercredi 30 mai, M. Mélenchon s'est indigné de " l'inélégance et de la brutalité " des socialistes, " qui ont l'intention de l'empêcher d'être réélue ". " Je m'attaque à une montagne ", a d'ailleurs fini par lâcher la députée sortante.

Rien ne destinait à la députation cette fille d'une résistante déportée en 1944 à Ravensbrück, devenue assistante sociale à son retour des camps et qui a élevé seule ses trois enfants à Paris. A 16 ans, Martine Billard commence à travailler pour payer ses études. A la même époque, elle découvre le militantisme avec Mai 68 avant de rejoindre une organisation d'extrême gauche, Révolution !

Mais ce n'est qu'en 1993, après s'être investie dans le milieu associatif, qu'elle rejoint les Verts. Tête de liste aux municipales de 1995 dans le 20e arrondissement, elle devient conseillère de Paris, tout en conservant son travail à temps partiel dans une entreprise de services informatiques. Un emploi dont elle sera licenciée en 2001, quelques mois avant d'entrer à l'Assemblée nationale. L'un de ses assistants parlementaires, Thomas Giry, la décrit comme " une bosseuse ". Elle est aussi connue pour son assiduité. " Je ne cumule rien, je me consacre totalement à mon mandat ", indique-t-elle.

Son meilleur souvenir ? " En termes d'intérêt du travail - de députée - , ce fut, sans conteste, Hadopi ", la loi contre le téléchargement illégal - elle en fut l'une des plus farouches adversaires. " Il y a eu une mobilisation énorme, se souvient-elle. Les internautes nous envoyaient des commentaires en direct. " " C'était une bataille en osmose avec tous les citoyens qui la portaient ", ajoute-t-elle.

Changement de couleur

Son pire souvenir ? Les lois sur les retraites et sur le travail du dimanche. Pour cette ancienne déléguée du personnel, ces deux textes vont à l'encontre des droits des travailleurs. " Il y a de moins en moins de députés qui ont été salariés et qui connaissent la réalité du monde du travail, regrette-t-elle. Le profil est de plus en plus le même : grandes écoles, énarques, professions libérales ou permanents politiques. "

Même ses concurrents trouvent difficilement à redire. " C'est une députée qui fait son boulot ", indique sobrement Pierre Aidenbaum (PS), maire du 3e arrondissement, son suppléant depuis 2007. Désormais suppléant de Mme Dagoma, M. Aidenbaum préfère développer ce qui l'a " beaucoup gêné " : le changement de couleur politique de Mme Billard en cours de mandat. En 2009, elle a en effet quitté les Verts pour rejoindre le Parti de gauche. " C'était l'aboutissement d'une insatisfaction par rapport à la ligne politique des Verts, notamment sur la question du travail ", explique-t-elle. Son suppléant aurait trouvé " normal qu'elle démissionne et qu'elle se représente ".

De son expérience à l'Assemblée nationale, Mme Billard retire une certaine défiance. " Pour les gens, les députés sont des privilégiés, c'est normal, souligne-t-elle. Mais, de fait, on sent la différence de classe. Certains ne vous diront jamais bonjour, à droite comme à gauche. Vous n'êtes pas de leur monde. " Elle semble s'en moquer, même si ces mots témoignent d'une volonté de tracer son chemin. " J'aimerais bien être réélue : j'ai toujours été dans l'opposition... ", précise-t-elle.

Si ce n'est pas le cas, elle sait qu'à près de 60 ans, il lui sera difficile de retrouver un travail. " Quand vous êtes employé dans le privé, c'est quasiment impossible, d'autant plus quand vous avez l'étiquette Front de gauche ", juge-t-elle. En attendant sa retraite, en tant que députée sortante, elle aura droit à l'allocation de retour à l'emploi des députés. Elle s'empresse de préciser qu'elle ne sera pas à plaindre. " J'ai commencé ma vie au chômage, je risque de la finir au chômage mais pas au même taux ! ", sourit-elle.

Raphaëlle Besse Desmoulières

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Publié le 31 Mai 2012

desert-medical.jpegC'est une proposition que nous avons soumise concernant la lutte contre les déserts médicaux. Le conseil national de l'ordre des médecins la reprend et c'est tant mieux car nous sommes 100% d'accord avec lui.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 Mai 2012

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Le conseil de l'ordre des médecins s'attaque aux déserts médicaux

Pour en finir avec les déserts médicaux, il faut contraindre les nouveaux médecins à exercer au moins cinq ans dans la région où ils ont été formés, a préconisé le conseil national de l'ordre des médecins (CNOM), mardi 29 mai, faisant le constat que les mesures incitatives ont été " un échec ". Une atteinte à la liberté d'installation qui surprend de la part d'une instance plutôt réputée pour son peu d'audace. " Enfin ! ", a commenté UFC-Que choisir, qui estime que la proposition va " dans le bon sens ", mais prône, plus radicale, que les médecins s'installant en zone surdotée ne soient plus conventionnés. Les syndicats d'étudiants, d'internes et de jeunes médecins se sont opposés à la proposition du CNOM, refusant d'assumer seuls les erreurs de leurs aînés dans la répartition des praticiens sur le territoire.

L'ordre s'en prend par ailleurs aux " excès spectaculaires " parfois constatés en matière de dépassements d'honoraires. Pour la première fois, il a chiffré ce que devrait être le maximum facturé : 3 à 4 fois le tarif de la Sécu. Et il préconise que chaque médecin en secteur 2 pratique au moins 30 % de son activité au tarif de base.

Laetitia Clavreul

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Publié le 30 Mai 2012

gaz_de_schiste.jpgVoici un article qui montre bien que l'exploitation du gaz de schiste n'est pas la panacée, loin s'en faut. Outre que de ravager les sols par l'infiltration de produits sous haute pression, l'exploitation est aussi génératrice de grandes quantités de gaz à effet de serre.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 30 Mai 2012

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L'exploitation du gaz de schiste serait aussi nocive pour le climat que le charbon
La production de cet hydrocarbure non conventionnel provoque des fuites de méthane

Si le gaz de schiste est décrié pour les dégâts environnementaux que sa production entraîne, il pouvait se targuer d'un atout écologique : sa combustion dans les centrales électriques entraîne moins d'émissions de CO2 (dioxyde de carbone) que la combustion du charbon - 44 % de moins, selon l'America's Natural Gas Alliance, l'association professionnelle du gaz aux Etats-Unis.

Quant à l'émission de gaz à effet de serre lors de la production de gaz de schiste, elle était considérée jusqu'à présent comme négligeable. Mais ce postulat est sévèrement mis en cause par une série d'études scientifiques. Selon ces analyses, la production de gaz de schiste a un bilan en gaz à effet de serre équivalent, voire supérieur, à celui du charbon.

L'explication de ce paradoxe tient au fait que le gaz naturel - aussi appelé méthane (CH4) - a un coefficient de réchauffement supérieur de vingt-cinq fois à celui du dioxyde de carbone - voire soixante-douze fois sur les vingt premières années de son émission, en raison d'un temps de résidence dans l'atmosphère différent de celui du CO2. La présence de méthane dans l'atmosphère a donc un effet important.

Or la production de gaz de schiste entraîne un relâchement important de méthane. Quand les fluides utilisés pour fracturer la roche sont pompés pour être ramenés vers la surface, ils entraînent avec eux des bulles de gaz naturel qui vont se disperser dans l'atmosphère. De plus, la remontée du gaz à l'ouverture du puits se traduit pendant quelque temps par une fuite supplémentaire de méthane. Enfin, les différents gazoducs et autres équipements techniques sont aussi sources de fuites.

Jusqu'à récemment, les émissions liées au gaz de schiste étaient estimées selon des valeurs officielles établies par l'Agence de l'environnement des Etats-Unis (EPA) en 1996. En 2011, une équipe de chercheurs menée par Robert Howarth, de l'université de Cornell, a abouti à la conclusion que les puits de gaz de schiste laissaient fuir jusqu'à 8 % du méthane pendant leur durée d'exploitation. Cette étude, publiée dans la revue Climate Change Letters, s'appuyait sur une revue approfondie des données disponibles. Selon Robert Howarth, " du point de vue climatique, le gaz de schiste est pire que le gaz conventionnel, mais aussi que le charbon et que le pétrole ".

En février 2012, une autre équipe de chercheurs de l'université du Colorado a publié dans le Journal of Geophysical Research une étude confirmant le constat. Mais la méthode ici utilisée était expérimentale : des relevés physiques ont été effectués dans une campagne de mesures par un véhicule doté d'équipements sophistiqués. Les échantillons d'air prélevés dans la région de Denver-Julesburg, au nord-est du Colorado, où vingt mille puits exploitent le gaz de schiste, ont ensuite été analysés en laboratoire. Cela conduit à constater que des fuites de méthane se produisent dans une fourchette de 2 % à 8 % du gaz produit, une valeur de 4 % étant la plus probable - soit le double de la valeur retenue par l'EPA. Cette analyse ne prend pas en compte les fuites qui peuvent se produire dans les gazoducs.

" On a conduit une autre campagne de mesures dans l'Utah, dont on espère publier les résultats avant la fin de l'année, dit Gabrielle Pétron, qui a conduit la recherche. On va aussi mener une campagne de mesures par avion. " D'autres études sont en cours en Pennsylvanie et au Texas. Le débat scientifique est loin d'être clos, mais la " virginité " climatique du gaz de schiste appartient au passé.

D'autres études soulignent par ailleurs l'effet de pollution atmosphérique liée à l'exploitation du gaz de schiste. Il n'y a en effet pas que du méthane qui fuit, mais aussi de nombreux autres hydrocarbures nocifs pour la santé, tel que le benzène. Dans une étude parue en mars 2012 dans Science of Total Environment, Lisa Mc Kenzie et d'autres chercheurs de l'université du Colorado ont comparé deux groupes de personnes vivant près et loin de puits de gaz de schiste. Ils concluent que les premiers encourent un risque supérieur de cancer en raison d'une exposition plus importante aux hydrocarbures volatils.

Cette multiplication d'études n'a pas encore entraîné de réponse officielle, mais elle alimente un besoin de réglementation de plus en plus fort aux Etats-Unis. Jusqu'à présent, explique dans un courriel Jesse Coleman, de Greenpeace USA, " la réglementation de la fracturation hydraulique a largement été laissée au niveau des Etats - qui sont beaucoup plus faibles -, en raison de la résistance de l'industrie à une loi fédérale ". Un des enjeux cruciaux consiste à obliger les entreprises à révéler les produits chimiques qu'elles utilisent dans la fracturation hydraulique.

L'EPA doit rendre durant l'été un projet de réglementation - qui comprendrait des mesures pour limiter les fuites de méthane - en vue d'une application en 2015. La bataille des lobbies ne fait que commencer.

Hervé Kempf

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Publié le 25 Mai 2012

arton4211-732ff.jpgNous nous battons aussi pour que nos données numériques ne servent pas à telle ou telle multi-nationale en monétisant la vie de tout à chacun.

De ce point de vue, la CNIL est très protectrice et c'est cette protection que nous nous proposons de vous faire connaître par cet article très intéressant.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Mai 2012

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ENTRETIEN
" Les données privées sont le carburant du numérique "

Isabelle Falque-Pierrotin est présidente de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).



Comment analysez-vous l'arrivée de réseaux sociaux s'engageant à ne pas utiliser les données personnelles des usagers ?

La protection des données personnelles devient un facteur de différenciation concurrentielle. C'est un mouvement assez nouveau et intéressant, qui témoigne d'une prise de conscience de la société.



Pouvons-nous limiter l'utilisation de nos données privées ?

La loi Informatique et libertés stipule que tout citoyen détient un droit d'accès à ses données, qu'il peut les modifier et même les effacer dans certains cas. C'est un droit peu connu et pas suffisamment utilisé. Chacun devrait pouvoir avoir accès très simplement aux données personnelles détenues par les sites qu'il utilise.

Chacun doit pouvoir avoir confiance dans cet univers numérique et ce n'est pas encore le cas. Il est temps de mettre en place un certain nombre de balises pour que le traitement des données personnelles soit avant tout humain.



Pourquoi les Etats ne réagissent-ils pas plus vite ?

La Commission européenne est en plein travail. Le projet de règlement européen, présenté le 25 janvier, devrait être adopté avant fin 2013. Ce texte sera historique : il fixera le cadre de la protection des données personnelles pour le XXIe siècle. Il devra concilier simplification et harmonisation tout en restant fidèle aux valeurs humanistes européennes. Le calendrier est serré et l'application sera immédiate, par les 27 pays membres.



Sur quels points portent les désaccords ?

Les grandes entreprises Internet, dont les réseaux sociaux, sont sous forte pression. Elles savent que les données privées sont le carburant du numérique et veulent continuer à pouvoir les utiliser. Le lobbying est féroce car elles ne veulent pas que la législation bride l'innovation. Google, par exemple, n'a que deux tiers du marché américain, mais quasiment la totalité du marché européen. Pour Google, ce dernier est fondamental. Il faudra donc monnayer chèrement avec ces acteurs d'Internet cette entrée sur le territoire européen.

La CNIL milite pour que les citoyens d'un Etat puissent s'adresser en cas de problème à leur CNIL locale et non à celle où l'entreprise a installé son établissement principal. De façon générale, nous voulons éviter que les entreprises américaines domicilient leurs sièges européens à Malte, en Irlande ou au Royaume-Uni pour avoir plus de liberté de manoeuvre.



Comment, avec ce règlement, la CNIL pourra-t-elle intervenir ?

Jusqu'à présent, la CNIL encadrait une entreprise a priori, avant le lancement d'un projet. Puis elle appliquait des sanctions si un problème se manifestait a posteriori. Ce schéma n'est pas adapté à Internet et aux mutations incessantes des entreprises et de leurs stratégies. Il s'agit désormais de travailler main dans la main avec les acteurs pour que ceux-ci se mettent en conformité, et intègrent en amont les principes informatique et libertés dans leurs produits et services. On ne peut pas piloter l'écosystème du numérique uniquement par la sanction. Celle-ci doit rester une arme de dissuasion et de dernier recours.

Propos recueillis par L. Be.

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Publié le 22 Mai 2012

soleil.jpgC'est un très bon article du journal 'Le Monde' qui nous est proposé ici. Le solaire est une formidable source d'énergie mais qui n'est pas encore pérenne car encore à la traîne technologiquement et économiquement. Dans cet article, on y dit bien que l'on pourra profiter du solaire qu'en 2030 au mieux. Alors comment faire jusque là ? Est-il bien sérieux de se passer de certaines sources d'énergie alors que certaines ne sont pas encore pérènnes ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Mai 2012

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Les industriels du solaire comptent sur la relance promise par François Hollande
Pour survivre, la filière photovoltaïque mise sur l'innovation technologique et sur l'Etat

C'est l'un des 60 engagements de François Hollande pour la France : " Favoriser la montée en puissance des énergies renouvelables en soutenant la création et le développement de filières industrielles dans ce secteur. " Une tâche à laquelle vont devoir s'atteler sans tarder non seulement la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, Nicole Bricq, mais aussi celui du redressement productif, Arnaud Montebourg.

Car c'est bien de " redressement productif " qu'a besoin une industrie photovoltaïque sinistrée, comme l'ont montré les difficultés de Photowatt, le pionnier français de l'énergie solaire, sauvé in extremis par EDF, sur intervention d'un Nicolas Sarkozy en campagne électorale. Il faut, avoue lui-même le Syndicat des énergies renouvelables (SER), " reconstruire la filière photovoltaïque ".

Dans l'Hexagone comme dans l'ensemble de l'Europe - à commencer par l'Allemagne, où l'ex-numéro un mondial des cellules photovoltaïques, Q-Cells, a déposé son bilan -, cette filière est prise en étau, entre la chute des prix imposée par les fabricants de panneaux asiatiques et le recul des aides publiques, notamment des tarifs de rachat de l'électricité d'origine solaire, jusqu'alors consenties par les gouvernements.

" La situation est grave. Très grave ", admet Jean-Louis Bal, président du SER qui continue pourtant de croire, contre vents et marées, que l'horizon peut se dégager. A condition d'innover. Et d'y mettre le prix. " Si on se contente de faire du solaire standard, on n'a quasiment aucune chance de résister aux Chinois, compte tenu des investissements massifs que ceux-ci ont déjà réalisés, et des économies d'échelle réalisées sur l'achat des matières premières ", prédit-il.

De fait, en 2011, la Chine a assuré 57 % de la production mondiale de cellules photovoltaïques, et Taïwan 11 %. L'Europe n'en a réalisé que 9 %, dont près de 7 % en Allemagne. Dans le " Top 10 " mondial des fabricants figurent cinq entreprises chinoises et deux taïwanaises, aucune Européenne. En 2011 toujours, Pékin a investi 28 milliards de dollars (22 milliards d'euros) dans la production de silicium et de cellules ; le Vieux Continent quatre fois moins, et pour l'essentiel outre-Rhin. Rien d'étonnant, dans ces conditions, à ce que le prix " sortie d'usine " d'un panneau solaire chinois soit 20 % moins cher que celui de son homologue européen (0,8 euro contre 1 euro le watt).

Les experts s'attendent pourtant à une redistribution des cartes. " La guerre des prix lancée par les acteurs chinois et taïwanais a jeté l'industrie mondiale du photovoltaïque dans une spirale autodestructrice (...) avec des prix de marché ne reflétant plus les coûts réels de production ", analyse, dans son baromètre paru en avril, l'Observatoire des énergies renouvelables en Europe. " Il existe aujourd'hui une surcapacité mondiale de production. Les stocks accumulés représentent une année de fabrication. Des restructurations sont inévitables. Beaucoup d'entreprises, y compris chinoises, vont disparaître ", ajoute Jean-François Bal.

Pour l'heure, les industriels européens courbent l'échine. En France, la filière photovoltaïque a perdu, en 2011, plusieurs milliers d'emplois. Elle n'en compte plus que 18 000 et l'hémorragie n'est pas terminée. La plupart de la quinzaine de fabricants de cellules ou de modules implantés dans l'Hexagone ont survécu, mais tous, dit M. Bal, sont " en situation précaire ".

Paradoxalement, il ne s'est jamais installé autant de panneaux photovoltaïques en France que l'an passé : les capacités nouvelles ont représenté 1 600 mégawatts (MW), deux fois plus qu'en 2010. Mais il s'agit du portefeuille qui était en attente avant le moratoire sur les aides publiques au solaire décidé, en décembre 2010, par le gouvernement. Pour 2012, les professionnels s'attendent à retomber au niveau de 2010. Et, en 2013, à chuter à 400 ou 500 MW seulement. Or, souligne le SER, " pour atteindre l'objectif de 20 000 MW en 2020, il faudrait tenir un rythme annuel d'installation de 2 000 MW ".

La France n'est pas sans atouts. Avec l'Institut national de l'énergie solaire (INES), qui regroupe notamment, en Savoie, des équipes du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), elle dispose de l'un des meilleurs centres européens de compétences dans ce secteur. " Il faut continuer d'investir dans la recherche, miser sur de nouvelles technologies qui, seules, permettront de faire la différence ", plaide M. Bal.

Le marché du photovoltaïque est aujourd'hui dominé, à près de 90 %, par les cellules en silicium cristallin dont le rendement (rapport entre l'énergie solaire captée et l'énergie électrique produite) approche 20 %. Des cellules à plus haut rendement sont à l'étude dans les laboratoires. Une autre famille, celle des cellules en couches minces, qui représentent à peine plus de 10 % du marché et dont le rendement maximal est aussi de l'ordre de 10 %, se développe en raison de ses coûts de fabrication réduits. A plus long terme, de nouveaux systèmes, par exemple à base de polymères, dont le rendement ne dépasse pas aujourd'hui 5 % avec une durée de vie très courte, pourraient trouver des applications spécialisées.

Reste que si les Européens, comme les Américains, possèdent encore une certaine avance technologique sur leurs concurrents asiatiques, ceux-ci ont toutes les chances de combler rapidement leur retard. Aussi la pierre angulaire est-elle davantage, selon Jean Therme, directeur de la recherche technologique et directeur délégué aux énergies renouvelables du CEA, " la capacité d'investissement ". Sa profession de foi, car c'en est une, est simple. " Le solaire est l'énergie qui sauvera la planète. Avec l'éolien, il est en mesure de couvrir 50 % des besoins énergétiques mondiaux à l'horizon 2050, pour peu qu'il progresse de 10 % par an, et dès 2030 si sa croissance annuelle est de 20 %. "

Or, poursuit M. Therme, la production d'énergie est une activité " régionalisée ", qui doit être proche du lieu de consommation. Il est donc inconcevable que quelques usines géantes de panneaux solaires, implantées en Chine ou ailleurs, puissent fournir un marché mondial au développement exponentiel. Il existera donc, à terme, des unités de production " à l'échelle d'une granderégion ou d'un petit Etat ". Et, dans le photovoltaïque, la France ne sera jamais un désert industriel. Toutefois, cela ne signifie pas que les usines qui y pousseront seront françaises : ne verront le jour ou ne se maintiendront que des entreprises disposant des ressources financières nécessaires. Peut-être seront-elles à capitaux asiatiques.

Ce scénario ne fait que ramener à l'exigence, pour l'industrie hexagonale, d'un " redressement productif ". Et, dans l'immédiat, d'un dispositif de soutien public plus favorable aux énergies renouvelables. " Nous n'attendrons pas l'été 2013 - un débat national sur la transition énergétique doit être suivi d'une loi au printemps prochain - pour réinstaurer un cadre réglementaire stable, visible et incitatif pour l'ensemble des filières ", a annoncé Marie-Hélène Aubert, chargée du pôle environnement dans l'équipe de campagne de François Hollande. La fin de l'éclipse solaire ?

Pierre Le Hir

    Rude bataille commerciale entre Pékin et Washington

    C'est un nouvel épisode de la guerre commerciale que se livrent la Chine et les Etats-Unis sur l'industrie solaire, les deux pays s'accusant mutuellement de dumping. Jeudi 17 mai, le département américain du commerce a annoncé la mise en place d'une taxe de 30 % environ sur les importations chinoises de panneaux solaires. Une disposition immédiatement condamnée par Pékin qui, par la voix du porte-parole du ministère du commerce, a expliqué " que les Etats-Unis donnaient un mauvais signal, celui du protectionnisme, sur le commerce mondial ". En revanche, elle a bien été accueillie par les industriels américains qui espèrent que cette décision fera école en Europe.

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Publié le 21 Mai 2012

20077733.jpgC'est une bonne idée que de penser à éteindre les lumières... y compris dehors. Des citoyens l'ont compris et des nouvelles technlogies ont été mises en place pour utiliser le téléphone portable comme interrupteur.

Ingénieux, novateur, intelligent et économe, sont les maître-mots de cette mise en oeuvre.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 Mai 2012

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Quand les citoyens se font allumeurs de réverbères
Une commune de Loire-Atlantique teste plusieurs systèmes d'éclairage à la carte pour réduire sa consommation et la pollution lumineuse
Préfailles (Loire-Atlantique) Envoyé spécial

Lorsque Marie-Pierre, 65 ans, regagne son domicile à la nuit tombée, dans le quartier de la pointe Saint-Gildas, à Préfailles (Loire-Atlantique), au bord de l'océan, elle actionne l'éclairage public depuis sa voiture, à l'aide de son téléphone portable, à trois cents mètres de sa maison. " Je vis seule chez moi, confie la sexagénaire, régulièrement en mission à l'extérieur en sa qualité de correspondante de presse pour un quotidien régional. Sitôt que j'ai composé le numéro dédié à ce service, l'intensité des lampadaires augmente dans ma rue durant quelques minutes. Cela me rassure : à mon arrivée, l'entrée de ma propriété est correctement illuminée. "

Pareille intervention est possible depuis le 1er février. La commune de Préfailles - 1 300 habitants en hiver, 13 000 en période estivale - fait la chasse au gaspillage en matière d'électricité et expérimente différents dispositifs d'éclairage, selon la typologie des quartiers. L'objectif affiché est écologique et économique. " Vous savez, ici, on est très sensible à l'environnement à cause de la marée noire due au pétrolier Erika ", dit le maire, Jean-Luc Le Brigand (Parti radical). " On veut consommer moins et réduire nos factures d'électricité. Mais aussi lutter contre la pollution lumineuse et oeuvrer ainsi en faveur de la biodiversité ", ajoute-t-il.

Quatre solutions alternatives sont à l'essai, grâce notamment au soutien financier de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise d'énergie (Ademe). La plus novatrice - et incontestablement la plus souple - consiste à proposer cet éclairage à la carte aux habitants domiciliés dans le quartier de Marie-Pierre, secteur qui regroupe dix-sept habitations principales et une cinquantaine d'habitations secondaires.

" L'idée a déjà été adoptée par trois villages allemands mais c'est une première en France ", assure Jean-Luc Le Brigand. L'éclairage des luminaires publics est garanti en moins de trois secondes, sur simple appel d'un numéro gratuit à partir d'un téléphone fixe ou mobile. Sans appel, les luminaires, équipés d'ampoules LED, sont placés en mode veilleuse, " système assurant un minimum de lumière pour couper court à tout sentiment d'insécurité et garantissant 92 % d'économie par rapport à l'éclairage standard ", précise le maire.

Le dispositif est jugé " épatant " par Michel, autre riverain installé à l'année, qui ne l'a toutefois expérimenté qu'à deux reprises. " Une fois pour le tester, une fois parce que je rentrais tard ", rapporte-t-il. " La démarche est plutôt intelligente, pense Paul, 72 ans. Mais l'installation me paraît un peu disproportionnée par rapport au nombre d'habitants. Et puis, on est un peu au bout du monde, les réseaux des portables ne sont pas toujours performants. Et la batterie d'un téléphone peut se retrouver à plat "

Dans plusieurs autres quartiers, la ville a opté pour l'installation sur les lampadaires de détecteurs de présence, lesquels actionnent, sitôt un mouvement repéré, un flux d'énergie plus puissant durant cinq minutes. En dehors de tout passage, la lumière reste là aussi en mode veilleuse, offrant un confort de vision déjà suffisant pour nombre d'administrés.

Plus ordinaire, la troisième solution repose sur la mise en place de candélabres de dernière génération qui dispensent une lumière suffisante avec des ampoules dont la puissance est réduite de moitié. Enfin, ultime dispositif testé, l'extinction de deux lampadaires sur trois dans certains îlots d'habitation. D'ores et déjà, cette dernière mesure n'apparaît guère convaincante, car elle génère " des trous noirs ", reprochent certains résidents.

A la fin de l'année, après avoir consulté les habitants, la ville adoptera les dispositifs jugés les plus efficaces. Il s'agira alors de renouveler la majorité des 640 lampadaires de la cité balnéaire, frappés d'obsolescence. Le remplacement du parc par un équipement standard se chiffrerait à près de 700 000 euros. Le surcoût de dispositifs moins énergivores est estimé à 200 000 euros.

Le jeu en vaut la chandelle, soutient, catégorique, Jean-Luc Le Brigand. " Après deux mois de fonctionnement, on réalise déjà près de 65 % d'économie sur les factures d'électricité avec les lampadaires munis de détecteurs de présence, se félicite-t-il. Et on atteint 85 % d'économie avec le système d'éclairage à la carte. "

Yan Gauchard

    Un effet des LED sur certaines chauves-souris

    La revue Global Change Biology relate une expérience montrant que l'éclairage nocturne à faible consommation - basé sur des LED - perturbe l'orientation de certaines chauves-souris et est susceptible de fragiliser ces espèces. Or, celles-ci interviennent dans la régulation des écosystèmes, en particulier en limitant les populations d'insectes.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 18 Mai 2012

Notre mouvement agit dans le respect de celle qui nous porte, la Terre. Ci-joint, un article indépendant et sans parti pris qui montre que la prise de conscience de la santé de notre planète doit être prise en compte, et que notre cause est  juste.

 

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Mai 2012

 


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L'humanité continue de vivre au-dessus de ses moyens
L'infographie

LA PLANÈTE SOUFFRE. La pression exercée par l'humanité sur les écosystèmes est telle qu'il nous faut chaque année l'équivalent d'une Terre et demie pour satisfaire nos besoins, s'alarme le WWF (Fonds mondial pour la nature) dans son rapport Planète vivante 2012, publié mardi 15 mai.

Réalisé tous les deux ans, cet état des lieux - qui confirme les principales tendances - se fonde sur deux indicateurs. Le premier, l'indice planète vivante, qui suit 9 014 populations appartenant à 2 688 espèces animales, traduit une diminution de 28 % de la biodiversité entre 1970 et 2008 (dernières données disponibles), et de 60 % dans les pays en développement. Le second outil d'analyse, l'empreinte écologique, mesure quant à lui la surface de terre et le volume d'eau nécessaires pour produire les ressources consommées par la population chaque année et absorber les émissions de CO2. Selon le WWF, l'empreinte mondiale atteignait en 2008 18,2 milliards d'hectares globaux (hag, hectares de bioproductivité moyenne), soit 50 % de plus que la biocapacité de la planète. Cette surconsommation est en grande partie imputable aux émissions de gaz carbonique (55 %), devant les cultures et pâturages.

De manière attendue, les pays industrialisés exercent une pression plus grande que les pays moins développés. Ainsi, le record de l'empreinte carbone est détenu par le Qatar (11,5 hag nécessaires par habitant), suivi du Koweït, des Emirats arabes unis, du Danemark et des Etats-Unis (entre 8 et 10 hag par habitant). La France se classe à la 23e position, avec 5 hag, le double de la moyenne mondiale (2,7). Le Bangladesh, l'Erythrée, Haïti, l'Afghanistan et le Timor-Oriental ferment le classement (moins de 0,5 hag).

Entre ces deux extrêmes, les BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine et Afrique du Sud) sont les pays dont l'empreinte écologique progresse le plus vite. Ramenée par habitant, l'empreinte de la Russie représente ainsi 61 % de celle des Etats-Unis, le Brésil 41 % et la Chine 30 %.

Cette consommation accrue de ressources pose la question de la compétition pour leur contrôle. Si nombre de pays pauvres ont une empreinte bien plus faible que leur biocapacité, d'autres consomment beaucoup plus que leurs ressources nationales. C'est le cas des Emirats arabes unis, dont l'empreinte par habitant atteint 8,4 hag alors que le pays présente une biocapacité des plus réduites (0,6 hag). Conséquence : la pression sur les ressources naturelles des pays les plus pauvres s'aggrave, via les importations de matières premières.

Cette tendance devrait s'aggraver avec l'augmentation de la population, qui a déjà doublé depuis 1950 pour atteindre 7 milliards en 2011, et devrait encore croître pour dépasser 9 milliards en 2050. D'après le WWF, l'humanité aura besoin de 2 planètes en 2030 et 2,9 planètes en 2050 si rien n'est fait pour changer de trajectoire. Alors que la Conférence des Nations unies sur le développement durable, Rio +20, s'ouvre dans un mois, l'ONG fournit cinq pistes d'actions : préserver le capital naturel, produire mieux, consommer plus raisonnablement, réorienter les flux financiers et instaurer une gouvernance équitable des ressources.

Audrey Garric

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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